Oues­sant, l’autre Ile de Beau­té

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Oues­sant (Fi­nis­tère) De notre cor­res­pon­dante NO­RA MO­REAU

DU CONTI­NENT, Oues­sant semble pe­tite. C’est pour­tant la plus grande île de la pointe bre­tonne avec ses 15 km2. Avec ses fa­laises co­los­sales, ses criques spec­ta­cu­laires et sa vé­gé­ta­tion luxu­riante, celle que cer­tains sur­nomment l’Ile de Beau­té bre­tonne marque les es­prits.

Pour ceux qui res­tent quand les tou­ristes partent, la donne est dif­fé­rente. « On compte 891 ha­bi­tants per­ma­nents », note De­nis Pal­luel, maire de la com­mune d’Oues­sant de­puis 2014, mais aus­si prof au col­lège des Iles-du-Po­nant. « Au dé­but du XXe siècle, on re­cen­sait en­core près de 5 000 ha­bi­tants, pour­suit l’élu. La baisse éco­no­mique et dé­mo­gra­phique a été im­por­tante. Mais, là, on com­mence à se main­te­nir. » Le tou­risme n’y est pas pour rien. Ce re­la­tif éloi­gne­ment main­tient l’ac­ti­vi­té des com­merces, in­té­resse les so­cié­tés aqua­coles et même la pro­duc­tion mel­li­fère — Oues­sant, si­tué à 20 km du conti­nent, pos­sède une va­rié­té d’abeille noire unique au monde exempte de tout vi­rus.

Ghis­laine et son ma­ri, Ren­nais d’ori­gine, ins­tal­lés sur l’île il y a quelques an­nées, ont re­pris la Mai­son de la presse de Lam­paul. Ar­naud et Laurie, un couple de na­tifs, ont dé­ci­dé de ra­che­ter le ta­bac juste der­rière. D’autres jeunes, comme Pau­line, 31 ans, sont « tom­bés amou­reux » du lieu : « La côte sau­vage, la pointe de Pern… c’est ma­gique ! Et, contre toute at­tente, on ren­contre des gens, on mé­lange les gé­né­ra­tions. »

Le ca­rac­tère trem­pé dans le cou­rant du From­veur

A Oues­sant, le ca­rac­tère est fort. Le mé­de­cin de l’île et son rem­pla­çant tra­vaillent d’ar­rache-pied. La po­pu­la­tion sou­tient par ailleurs le pro­jet hy­dro­lien por­té par Sa­bel­la, plan­té dans le From­veur — l’un des plus puis­sants cou­rants d’Eu­rope —, qui de­vrait un jour rendre l’île au­to­nome en éner­gie. On prête fa­ci­le­ment. Les al­lers et re­tours sur le conti­nent, as­su­rés par la com­pa­gnie Penn Ar Bed, se font aus­si nom­breux que pos­sible et à ta­rif pré­fé­ren­tiel pour les îliens.

Et l’on ac­cepte l’étran­ger. Ceux qui, en été, louent des vé­los à la pelle, en font le prin­ci­pal mode de trans­port. Le reste de l’an­née, quand les tem­pêtes font rage, la voi­ture a droit de ci­té, mais en tout pe­tit co­mi­té, entre îliens. Mieux vaut par ailleurs qu’il y en ait très peu sur l’île. Une autre tra­di­tion, plus cu­rieuse, est de ne pas mettre sa cein­ture de sé­cu­ri­té. « Ça sert à rien, on fait un peu notre loi », en­tend-on au bis­trot. En ef­fet, il n’y a pas de gen­darmes hors sai­son — seuls quatre agents viennent as­su­rer le ser­vice en juille­taoût. Le reste du temps, le maire et le garde cham­pêtre prennent le re­lais. L’ordre in­su­laire est à l’image de ses ha­bi­tants : sau­vage et at­ta­chant.

Port-Cros, dans le Var

Oues­sant (Fi­nis­tère). A l’est de l’île, le sé­ma­phore du Stiff guide les ma­rins qui font es­cale dans les eaux du parc na­tu­rel d’Iroise.

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