Adok, une start-up née sous X

IN­NO­VA­TION. L’ac­cé­lé­ra­teur de l’X, créé par l’Ecole po­ly­tech­nique, sou­tient de jeunes en­tre­prises. Comme Adok, qui ré­in­vente la ta­blette nu­mé­rique.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Paul Pé­re­tié, co­fon­da­teur d’Adok AN­THO­NY HALPERN

« L’IDÉE m’est ve­nue lorsque je fai­sais des pré­sen­ta­tions en en­tre­prise : je n’avais qu’une ta­blette pour cinq ou six par­ti­ci­pants, c’était tout sauf pra­tique ! Je me suis dit qu’il fal­lait trou­ver un nou­vel ou­til de pré­sen­ta­tion, plus in­ter­ac­tif. » De cette frus­tra­tion est née Adok, une start-up fon­dée par Paul Pé­re­tié et Jim­my Roux en sep­tembre 2015. Chan­ger une table, un bu­reau ou une com­mode en écran tac­tile d’or­di­na­teur, et ce grâce un mi­ni-ré­tro­pro­jec­teur, voi­là l’idée — lu­mi­neuse ! — des deux en­tre­pre­neurs.

« Je ne peux pas vous don­ner de dé­tails sur la concep­tion du pro­duit, notre de­mande de bre­vet est en­core en cours… » pré­vient, vi­gi­lant, Paul Pé­re­tié, 24 ans, qui a va­li­dé cha­cune des images réa­li­sées par notre pho­to­graphe. « Mais nous vou­lons mi­ni­mi­ser la taille du ré­tro­pro­jec­teur pour que, à terme, il tienne dans la poche », ajoute ce vrai geek — il le re­con­naît lui-même —, les che­veux en ba­taille. A l’aide d’une bat­te­rie d’une au­to­no­mie de quatre heures, sur un es­pace de 20 pouces — le but est d’at­teindre 40 pouces contre 13 pour les plus grandes ta­blettes —, l’ou­til se ré­vèle fa­cile à prendre en main. « L’ob­jec­tif est de rendre les écrans convi­viaux et col­lec­tifs », énonce en­core le jeune pa­tron, qui rêve de ren­voyer aux ou­bliettes les tra­di­tion­nelles pré­sen­ta­tions Po­werPoint.

Seule­ment voi­là, avant d’en ar­ri­ver là, il a fal­lu pas­ser de l’idée à la réa­li­sa­tion. Une tran­si­tion qui de­mande un fi­nan­ce­ment et du ma­té­riel de pointe. « L’Ecole po­ly­tech­nique nous a don­né ac­cès à des res­sources énormes : des moyens phy­siques comme des im­pri­mantes 3D, mais aus­si hu­mains avec tout l’en­ca­dre­ment de cher­cheurs spé­cia­li­sés », se fé­li­cite Paul Pé­re­tié. Un sui­vi qui a per­mis aux co­fon­da­teurs d’Adok de développer un mo­dèle bien avan­cé. « Nous avons com­men­cé à l’ac­cé­lé­ra­teur de l’X en avril der­nier avec un pre­mier pro­to­type. Au­jourd’hui, on pré­voit le lan­ce­ment d’un pro­duit qua­si dé­fi­ni­tif en sep­tembre. »

Point fort du pro­gramme, l’Ecole po­ly­tech­nique fa­ci­lite la re­cherche de fi­nan­ce­ment. « Dire que nous avons été sé­lec­tion­nés par l’ac­cé­lé­ra­teur de l’X, c’est un gage de sé­rieux pour les in­ves­tis­seurs. Sans comp­ter tous les di­ri­geants que nous croi­sons ici dans les lo­caux… » glisse le jeune entrepreneur. Ré­sul­tat, une quin­zaine d’en­tre­prises fran­çaises ont in­ves­ti dans sa star­tup. « Une sorte de par­te­na­riat », as­sure le jeune homme. Les entre- prises as­so­ciées au­ront ac­cès au pro­duit en sep­tembre, avant sa com­mer­cia­li­sa­tion es­pé­rée au prin­temps 2017. « En échange, ils nous re­tour­ne­ront des avis construc­tifs pour qu’on amé­liore notre pro­duit en fonc­tion de leurs be­soins. »

Pour res­pec­ter ce ca­len­drier, Adok em­bauche. De six sa­la­riés, tous in­gé­nieurs, l’équipe pas­se­ra bien­tôt à sept. « Une fois le pro­duit com­mer­cia­li­sé, on cher­che­ra des pro­fils plus va­riés », pré­voit Paul Pé­re­tié. Alors qu’Adok quit­te­ra les lo­caux de Po­ly­tech­nique fin sep­tembre, la start-up rêve dé­jà de tra­ver­ser l’At­lan­tique. Elle va par­ti­ci­per à l’au­tomne au pro­gramme The Re­fi­ners, à San Fran­cis­co, ré­ser­vé aux start-up eu­ro­péennes qui veulent s’ex­por­ter. C’est bien connu, l’ap­pé­tit vient en mangeant.

« L’Ecole po­ly­tech­nique nous a don­né ac­cès à des res­sources énormes »

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