Mort d’un voyou à l’an­cienne

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - ÉRIC PEL­LE­TIER

ALAIN AR­MA­TO, 56 ans, voyou à l’an­cienne, est mort à l’an­cienne. Le soir de l ’ As­somp­tion, vers 23 h 30, deux hommes à mo­to l’at­ten­daient de­vant chez lui, dans la ci­té de la Cayolle, à Mar­seille, guet­tant son re­tour. Les po­li­ciers re­lè­ve­ront une di­zaine de douilles de 9 mm. Un guet-apens de fac­ture clas­sique, au pis­to­let, alors que les rè­gle­ments de comptes ré­cents ont lieu à coups de ra­fales de ka­lach­ni­kov. Se­lon une source po­li­cière, Ar­ma­to avait dé­jà échap­pé à une ten­ta­tive d’assassinat en juillet 2013, à Stains (Seine-Saint-De­nis). « La vic­time n’était pas connue pour tra­fic de stu­pé­fiants », fut la pre­mière réac­tion de sur­prise des mé­dias, ha­bi­tués à ce que le mar­ché de la came four­nisse la clé de tous les ho­mi­cides. Il n’est pas dit qu’Ar­ma­to ne s’y in­té­res­sait pas, mais son ca­sier conserve sur­tout la trace d’af­faires de proxé­né­tisme, d’en­lè­ve­ment et d’une mise en cause dans un dos­sier d’ho­mi­cide.

Son coup d’éclat fut l’« ar­ra­chage » par hé­li­co­ptère en 2007 de son ami Pas­cal Payet, dé­jà deux fois éva­dé par les airs. De­puis sa pri­son, ce der­nier lui en­voie une carte postale : « Je ne suis pas mort. Ne m’ou­blie pas. » Ar­ma­to ras­semble au­tour de lui de pe­tits dé­lin­quants de la Cayolle aux­quels il fait mi­roi­ter une belle somme. Ils ne se­ront ja­mais payés, sauf en an­nées de pri­son.

Le 14 juillet 2007, à 18 h 30, à la pri­son de Grasse (Alpes-Ma­ri­times), Alain Ar­ma­to tombe du ciel avec ses com­plices dans un hé­li­co­ptère (un « ven­ti­la­teur » dans leur lan­gage codé). « C’était un peu l’es­prit L’aven­ture c’est l’aven­ture. Lors- qu’ils ont in­ves­ti la so­cié­té d’hé­li­co­ptères, l’un de ses amis a vou­lu se ser­vir du po­gnon dans la caisse, rap­porte son avo­cat Me Eric Du­pond-Mo­ret­ti. Ar­rête, on n’est pas là pour ça ! l’a rem­bar­ré Ar­ma­to. Il fai­sait par­tie de ces voyous à l’an­cienne que l’on fi­ni­ra par re­gret­ter, et que la po­lice re­grette dé­jà. » Pas­cal Payet et ses com­plices sont re­pris deux mois plus tard dans la ré­gion de Bar­ce­lone, base ar­rière des voyous du Sud. Lors de son pro­cès à Aix-en-Pro­vence, en 2011, Alain Ar­ma­to ex­plique, avec sa fa­conde ha­bi­tuelle que l’in­ter­mi­nable dé­ten­tion de Payet l’a dé­ci­dé à pas­ser à l’ac­tion : « Pas­cal, il a une de ces peines, il faut une paire de ju­melles pour en voir la fin. »

Son coup d’éclat : avoir fait éva­der par les airs Pas­cal Payet

IN­TER­AC­TIF Les fu­sillades mor­telles à Mar­seille de­puis 2001

Alain Ar­ma­to.

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