La folle ré­volte des Bleues

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio STÉ­PHANE BIANCHI

VI­DÉO le­pa­ri­sien.fr ELLES N’ONT PAS chan­gé leurs ha­bi­tudes. Une fois en­core, les filles de l’équipe de France ont noyé leur quart de fi­nale olym­pique dans une ri­vière de larmes. Mais, contrai­re­ment à Syd­ney, Pé­kin et Londres, c’est un tor­rent de joie qui a cette fois inon­dé le vi­sage des Bleues. Hier, dans une Fu­ture Are­na en transe, éba­hie par l’in­croyable scé­na­rio qui s’est joué sous ses yeux, les filles d’Oli­vier Krumb­holz ont tout ren­ver­sé : les têtes, les coeurs, les pro­nos­tics et, sur­tout, ce quart qui sem­blait de­voir les en­voyer dans le mur. Comme por­tées par une fo­lie fu­rieuse, une fré­né­sie conta­gieuse, elles ont cui­si­né à feu doux pen­dant toute la se­conde pé­riode ces Ibères qui, pen­sait-on, les avaient rô­ties pour de bon en pre­mière pé­riode (12-5, 30e). Toutes, bien sûr, à la pause ont en­ten­du le dis­cours d’Oli­vier Krumb­holz leur rap­pe­lant que rien n’était joué, qu’en 2003 « son » équipe de France était de­ve­nue cham­pionne du monde à Za­greb en si­gnant un ex­ploit au­tre­ment plus im­pro­bable : re­mon­ter 7 buts en sept mi­nutes.

Bien­tôt une pre­mière mé­daille olym­pique ?

Mais, hier, si leur che­vau­chée fan­tas­tique jus­qu’à la pro­lon­ga­tion s’est conclue dans l’eu­pho­rie d’une qua­li­fi­ca­tion en de­mie, ce n’est pas seule­ment grâce à l’in­fluence des ex­ploits pas­sés et des dis­cours guer­riers qu’elle le doit. Mais à « un sou­rire, ce­lui d’Alexan­dra La­cra­bère, qui nous a com­mu­ni­qué sa sé­ré­ni­té », glisse la pi­vot Lau­ri­sa Landre. « Je sais que c’est dur à croire, sou­rit la gau­chère, mais je n’ai ja­mais pa­ni­qué dans ce match. Ce n’est pas parce qu’on est me­nées qu’il faut té­ta­ni­ser. On est au Jeux, on doit sa­vou­rer, se li­bé­rer. J’ai ado­ré ce match, cette remontée, de voir les Es­pa­gnoles — qui s’étaient fou­tues de moi quand je ha­ran­guais le pu­blic — bais­ser la tête au fil de notre remontée… »

Car la ca­pi­taine Si­ra­ba Dem­bé­lé en convient dans un sou­rire béat : « C’est le match le plus dingue que j’ai vé­cu dans toute ma car­rière. » Un match aux al­lures d’acte de re­nais­sance pour cette es­couade fâ­chée de­puis tou­jours avec les Jeux. Un match sur­tout qui, avant de re­trou­ver les vice-cham­pionnes du monde néer­lan­daises de­main (20 h 30) en de­mie, doit lui ser­vir de trem­plin vers la pre­mière mé­daille olym­pique de son his­toire.

Rio (Bré­sil), hier. Au bout d’elle-même, à l’image des Bleues, Al­li­son Pi­neau tente de prendre le des­sus sur l’Es­pa­gnole Agui­lar.

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