Une ami­tié sans li­mites

« STAR TREK : SANS LI­MITES ». Le troi­sième vo­let de la nou­velle sa­ga in­ter­ga­lac­tique en­ta­mée en 2009 re­vient à l’es­prit d’ori­gine de la sé­rie et à la ca­ma­ra­de­rie qui unit Kirk, Spock et McCoy.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - Pro­pos recueillis par REBECCA KHANANIE RE­NAUD BARONIAN R.B.

(lire ci-contre).

Open-bar dans l’es­pace

Voi­là pour le scé­na­rio, pas avare d’ef­fets spéciaux, de ba­tailles spa­tiales spec­ta­cu­laires et d’af­fron­te­ments à mains nues. Mais l’in­té­rêt est ailleurs : en se gar­dant de jouer la carte de l’hom­mage trop ap­puyé, le film re­vient tout en fi­nesse à l’es­prit de ca­ma­ra­de­rie qui pré­va­lait dans la sé­rie des an­nées 1960. Le ca­pi­taine Kirk, M. Spock et de doc­teur Leo­nard McCoy, s’ils pas­saient leur temps à se cham­brer et n’étaient presque ja­mais d’ac­cord entre eux, mon- traient une solidarité à toute épreuve, et les épi­sodes se ter­mi­naient sur une note joyeuse et lé­gère, les trois com­pères par­ta­geant sou­vent un verre de l’ami­tié. Pro­gres­si­ve­ment es­quis­sée dans les deux vo­lets pré­cé­dents, cette bien­veillance in­dé­fec­tible entre trois ca­rac­tères très op­po­sés se trouve au coeur de ce nou­vel opus. Les ac­teurs y contri­buent pour beau­coup. Ch­ris Pine, qui a d’abord cam­pé un jeune Kirk tête bru­lée, in­carne dé­sor­mais un ca­pi­taine de l’« En­ter­prise » plus po­sé, mais avec ce qu’il faut de fougue pour in­quié­ter M. Spok, le Vul­cain soi-di­sant in­sen­sible et ob­sé­dé par la lo­gique, lit­té­ra­le­ment ha­bi­té par le for­mi­dable Za­cha­ry Quin­to. Sur­tout, le doc­teur McCoy, un peu né­gli­gé dans les opus pré­cé­dents, voit son rôle étof­fé : Karl Ur­ban y va à fond dans le cô­té en­tê­té, râ­leur, mais au grand coeur, comme dans la sé­rie originale. Les joutes ver­bales, va­che­ries, coups de co­lère entre les trois hé­ros font tout le sel de cet épi­sode. On prend un plai­sir fou à les voir se ré­con­ci­lier de­vant un bou­teille de co­gnac mil­lé­si­mée, au fin fond de l’es­pace. Elle fait tant de mer­veilles dans la peau de Jay­lah, l’alien re­belle et ti­mide ma­quillée et ta­touée comme un ca­mé­léon, que le stu­dio qui dis­tri­bue le film, Pa­ra­mount, a choi­si de la mettre seule sur l’af­fiche pour in­car­ner « Star Trek : Sans li­mites ». So­fia Bou­tel­la est fran­coal­gé­rienne. S’il ne s’agit pas de son pre­mier film amé­ri­cain — elle ne pas­sait pas in­aper­çue dans « King­smen » —, le man­ne­quin et co­mé­dienne de 34 ans a dé­cro­ché là son pre­mier rôle ma­jeur dans une su­per­pro­duc­tion, et, coup de maître, elle crève l’écran en ex­tra­ter­restre in­quié­tante et émou­vante. Pour les fans de mode et de danse, So­fia Bou­tel­la n’est pas une in­con­nue : née en 1982 en Al­gé­rie, elle s’ins­talle en France douze ans plus tard avec ses pa­rents et se fait un nom dans le hip-hop. Re­pé­rée par la cho­ré­graphe Bian­ca Li qui lui confie un rôle dans le film « le Dé­fi », elle en­chaîne les clips, no­tam­ment pour Ma­don­na. En 2006, Nike la pro­pulse égé­rie pour des spots pu­bli­ci­taires qui la font connaître à Hol­ly­wood. Grâce à sa per­for­mance bluf­fante dans « Star Trek : Sans li­mites », sa car­rière est dé­sor­mais tra­cée à Hol­ly­wood : elle est an­non­cée l’an­née pro­chaine dans le block­bus­ter « The Mum­my » aux cô­tés de Tom Cruise et elle va par­ta­ger l’af­fiche de « The Col­dest Ci­ty » avec Char­lize The­ron et James McA­voy.

Entre le doc­teur Leo­nard « Bones » MacCoy (Karl Ur­ban, à gauche) et M. Spock (Za­cha­ry Quin­to, à droite), c’est « à la vie, à la mort ». Heu­reu­se­ment, car les deux hé­ros se­ront ame­nés à pas­ser pas mal de temps en­semble… So­fia Bou­tel­la, 34 ans.

La jeune Fran­co-Al­gé­rienne est mé­con­nais­sable dans le rôle de Jay­lah.

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