Les Fauves ru­gissent au Grand Pa­lais

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - YVES JAEGLÉ

minck, pour dé­battre de l’ave­nir de la a pein­ture. Il se cherche, entre le di­vi­sionn­nisme à la mode — ces pe­tits points qui ui struc­turent la toile — et ce qui n’est pass en­core le fau­visme. Ma­tisse, per­du, s’enn re­met à sa mère, en qui il a une confiannce in­faillible, pour ju­ger un tableau de sa a ma­nière pré­cé­dente, qui lui a pris des s mois : Ma­dame Mère n’est pas convainn­cue, le fils s taillade sa toi- le au cou­teau. u. C’est alors s que naît « laa Femme au u cha­peau », ra­di­ca­le­ment dif­fé­rente. e. Une sorte d’in­croyable pièce mon­tée, si l’on veut en rire, en ef­fet.

Il se­rait fa­cile au­jourd’hui de ri­di­cuu­li­ser les cri­tiques et le pu­blic qui se e sont es­claf­fés de­vant cette femme chaa­peau­tée de toutes les cou­leurs, ett d’une drôle de hau­teur, aux an­ti­po­dess des couvre-chefs bour­geois des imm­pres­sion­nistes.

Le fauve ne fait pas peur à tout le e monde au Sa­lon. « La Femme au chaa­peau » a trou­vé un ache­teur, mais qui ui ne veut payer que 300 francs, soitt 200 de moins que le prix de­man­dé. é. Ma­tisse, aux abois, s’en conten­te­rait.t. Pas sa femme, qui tant qu’à être mo­quée, quée, lui en­joint de ne rien cé­der : « Les ache­teurs paie­ront ton prix. La dif­fé­rence per­met­tra d’ache­ter des vê­te­ments d’hi­ver pour Mar­got. » La jeune ma­man a rai­son. Les col­lec­tion­neurs ac­ceptent le prix de Ma­tisse. Eux aus­si de­vien­dront cé­lèbres : il s’agit de Leo et Ger­trude Stein, un frère et une soeur, amé­ri­cains, elle bien­tôt écri­vaine culte, et un oeil de lynx. « L’Aven­ture des Stein », une ex­po­si­tion consa­crée aux tré­sors de leur col­lec­tion, a été pré­sen­tée au Grand Pa­lais en 2011-2012, sur

La « Femme au cha­peau » de Ma­tisse, fait rire le pu­blic du sa­lon d’au­tomne de 1905

les lieux même de la Cage aux fauves, un siècle plus tard.

Ri­ra bien qui ri­ra le der­nier. La pu­bli­ci­té pro­fite à Ma­tisse : « Fran­che­ment, ce fut ad­mi­rable. Le nom de fauve s’ap­pli­quait on ne peut mieux à notre tem­pé­ra­ment », confie­ra-t-il plus tard à l’écri­vain Fran­cis Car­co. Du tableau qui a chan­gé sa vie, Hi­la­ry Spur­ling, bio­graphe du pein- tre, a écrit : « La Femme au cha­peau est bien le por­trait d’Amé­lie, le por­trait de son cou­rage, de sa dé­ter­mi­na­tion, de sa foi ab­so­lue en son peintre de ma­ri. » Mme Ma­tisse confia, à la fin de sa vie, en se sou­ve­nant de l’épi­sode : « Moi, je suis bonne quand la mai­son flambe. » Der­rière le Fauve, cher­chez la lionne.

« La F Femme a au cha­peau » d’Hen­ri Ma­tisse est vi­ve­ment cri­ti­quée et pro­voque des ré­ac­tions in­at­ten­dues lors du sa­lon d’ d’au­tom­net ne en 1905 1905.

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