« On est juste ex­trêmes dans nos en­cou­ra­ge­ments »

Bar­ba­ra Ka­ro­ly,

Aujourd'hui en France - - A LA CHAISE-DIEU, LA MUSIQUE, C’EST SACRÉ DEPUIS 5 - Rio (Bré­sil) De notre cor­res­pon­dante Li­se­lote Ka­ro­ly, sup­por­trice bré­si­lienne MORGANN JÉZÉQUEL

DANS LE CENTRE DE RIO, une qua­ran­taine de spec­ta­teurs se pressent de­vant l’écran géant ins­tal­lé à l’ombre d’un des arbres cen­te­naires qui ja­lonnent la place XV, le coeur his­to­rique de la ville. L’équipe bré­si­lienne de hand­ball ren­contre les Ex­perts en quart de fi­nale et les sif­flets émis de­puis les gra­dins de l’Arène du Fu­tur à l’at­ten­tion des Bleus tranchent avec le calme de ce pu­blic res­treint. « Sif­fler les ath­lètes étran­gers, c’est un vé­ri­table manque de res­pect pour ceux qui viennent nous rendre vi­site ! » lance Gil­ber­to Li­ma. Pour cet avo­cat ve­nu se ba­la­der avec sa com­pagne sur le « bou­le­vard olym­pique », la ré­ac­tion de Re­naud La­ville­nie, qui a du­re­ment cri­ti­qué le pu­blic bré­si­lien, est com­pré­hen­sible. « Il a été ra­di­cal dans ses pro­pos mais il a été bles­sé par le com­por­te­ment des Bré­si­liens dans les tri­bunes. Nous non plus, nous n’ai­me­rions pas être trai­tés de la sorte. »

A cô­té de lui, deux étu­diants sont plus me­su­rés. « En le sif­flant, les sup- por­teurs ont sur­tout vou­lu le dé­con­cen­trer. Ce n’était pas sym­pa, mais ce n’était pas non plus pour l’hu­mi­lier », es­time Mai­sa. Son ami Adria­no ap­prouve : « Je n’ai pas ap­pré­cié le com­por­te­ment du pu­blic mais il ne faut pas se trom­per sur le sens de ces huées. Elles ne portent pas att e i nt e à l ’ e s pr i t olym­pique de la c om­pé­ti­tion. Le Fran­çais (NDLR : La­ville­nie) au­rait juste dû da­van­tage se concen­trer. »

Plus loin, une fa­mille dis­cute de- vant le match. Si les sif­flets n’ont pas été ap­pré­ciés, les ex­pli­ca­tions, elles, sont toutes trou­vées : « Pour les Bré­si­liens, sif­fler fait par­tie du jeu, quelle que soit la dis­ci­pline ! Ce n’est pas pour of­fen­ser les ad­ver­saires. Nous sommes comme ça, c’est tout. Pen­dant un match, on crie, on pleure, on fait du bruit… On est juste un peu ex­trêmes dans nos en­cou­ra­ge­ments, c’est vrai ! » sou­rit Bar­ba­ra Ka­ro­ly. « Je com­prends la dé­cep­tion du Fran­çais, mais il a cho­qué beau­coup de Bré­si­liens en com­pa­rant le pu­blic à ce­lui des JO de 1936. Ce­la ex­plique aus­si les huées sur le po­dium », ajoute Li­se­lote Ka­ro­ly.

« Les Bré­si­liens et sur­tout les Ca­rio­cas aiment se mo­quer de tout. On le fait aus­si avec nous-mêmes, la preuve : notre dé­faite contre l’Al­le­magne en 2014 (7-1, en de­mi-fi­nale de la Coupe du monde de foot), on en rit en­core ! » se marre Dul­ci­ma­ra Teixei­ra. Alors que le coup de sif­flet fi­nal vient de re­ten­tir sur une vic­toire des Ex­perts, la re­trai­tée part prendre une pho­to avec des sup­por­teurs fran­çais. Pas ran­cu­nière.

« La­ville­nie a cho­qué beau­coup de Bré­si­liens en com­pa­rant le pu­blic à ce­lui des JO de 1936 »

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