La pri­maire, même à la plage

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Mi­mi­zan (Landes) De notre en­voyé spé­cial Jé­rôme de Grand d’Es­non, di­rec­teur de la cam­pagne de Bru­no Le Maire CHARLES SA­PIN

« NON MAIS fran­che­ment, faire de la po­li­tique en va­cances… » En maillot de bain, glace cou­lante à la main, un tou­riste peste en croi­sant le cor­tège po­li­tique qui avance dans la rue com­mer­çante. « C’est qui ? Le maire de la ville ? » tente sa femme. Presque, puis­qu’il s’agit de Bru­no… Le Maire. Le can­di­dat à la pri­maire de la droite va cher­cher les voix des Fran­çais sur leurs lieux de vil­lé­gia­ture. Sa tour­née des plages de France, qui du­re­ra jus­qu’au 26 août, a dé­mar­ré mar­di dans les Landes, à Mi­mi­zan.

« Quand on m’a an­non­cé que Bru­no vou­lait faire un ras­sem­ble­ment, ici, le len­de­main du 15 août, j’ai trou­vé ça éton­nant », avoue Ma­rie-Fran­çoise Na­dau, res­pon­sable fé­dé­rale les Ré­pu­bli­cains des Landes. Il faut dire que la France en va­cances pré­fère lar­ge­ment la bron­zette à la pri­maire. Si l’équipe du dé­pu­té de l’Eure en a conscience, ce ca­len­drier es­ti­val n’a rien d’une mé­prise. De Ni­co­las Sar­ko­zy à Alain Jup­pé, tous se poussent dé­jà du col pour oc­cu­per l’es­pace mé­dia­tique de la ren­trée. « Il était évident qu’ils se pré­ci­pi­te­raient tous sur fin août-dé­but sep­tembre, lâche l e di­rec­teur de cam­pagne, Jé­rôme de Grand d’Es­non. Bru­no n’a rien à faire dans la meute. C’est pour ça qu’on part main­te­nant, avec un vé­ri­table lan­ce­ment de cam­pagne pré­vu mi-sep­tembre. Le tem­po est dé­ci­sif. »

Même s’il ouvre une fe­nêtre de tir, ce ti­ming dé­ca­lé n’est pas dé­nué de contraintes. La di­zaine de jeunes es­tam­pillés « Avec BLM » ve­nus ac­com­pa­gner leur cham­pion sur la côte en sait quelque chose. « Quand les gens nous voient avec nos tee-shirts fla­shy, ils pensent que c’est un en­ter­re­ment de vie de gar­çon, blague l’un d’eux. Lors­qu’ils se rendent compte que c’est po­li­tique, beau­coup font la moue. D’autres, heu­reu­se­ment, prennent nos tracts po­li­ment. » « C’est pas fa­cile, les gens se re­posent, on se met à leur place, pré­cise Sta­nis­las, 22 ans, qui cha­peaute les jeunes le­mai­ristes en tour­née. Pour ne pas pa­raître trop agres­sif, on a dé­ci­dé de ne pas trac­ter sur la plage. »

Par­ti­cu­liè­re­ment ré­ser­vé après les at­ten­tats — par « dé­cence et sang­froid » — Bru­no Le Maire était per­sua­dé d’être pris à par­tie le long des plages sur la ques­tion ter­ro­riste. Toute la se­maine der­nière, le can­di­dat a donc fait plan­cher ses équipes en ur­gence sur ses « cinq ré­ponses pour

« Bru­no n’a rien à faire dans la meute. C’est pour ça qu’on part main­te­nant. »

vaincre le ter­ro­risme. » Tout juste sor­ti de l’im­pri­me­rie, le texte met l’ac­cent sur l’édu­ca­tion, la cul­ture et la fin des re­la­tions « am­bi­guës » avec le Qa­tar ou l’Ara­bie saou­dite. Mais dé­ci­dé­ment, l’es­prit es­ti­val s’ac­com­mode mal de la gra­vi­té de l’ac­tua­li­té. Le can­di­dat est en re­vanche in­ter­pel- lé sur les bud­gets ser­rés (pour les va­can­ciers) ou le poids des charges (pour les com­mer­çants). Au­tant de su­jets sur les­quels Le Maire don­ne­ra ses pro­po­si­tions dans un mois, quand il dé­voi­le­ra son « con­trat de man­dat ». @csa­pin

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.