Au re­voir et mer­ci, mon­sieur Par­ker

BAS­KET. La plus grande star de l’his­toire du bas­ket fran­çais a dis­pu­té son der­nier match avec les Bleus hier. Lar­ge­ment bat­tu par l’Es­pagne, il quitte Rio la tête basse.

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Jof­frey Lau­vergne, pi­vot de l’équipe de France ÉRIC MI­CHEL

IL EST 15 H 54 (20 h 54 en France) dans la Ca­rio­ca Are­na 3 de Rio et une page de l’his­toire du sport fran­çais se tourne. To­ny Par­ker tire sa ré­vé­rence. Le me­neur des Bleus ne prend pas sa re­traite : il se donne en­core trois ou quatre ans pour jouer en NBA. Mais il tire un trait sur sa longue et ex­cep­tion­nelle car­rière in­ter­na­tio­nale. Sa 181e sé­lec­tion hier était la der­nière. Avec lui, Florent Pié­trus et Mi­ckaël Ge­la­bale disent aus­si adieu à des Bleus qu’ils ont por­tés à bout de bras pen­dant près de quinze ans.

C’est triste parce que ce n’est pas la fin dont ils rê­vaient. TP s’ima­gi­nait en fi­nale face à ses potes su­per­stars de la NBA. To­ny Par­ker n’au­ra ja­mais de mé­daille olym­pique à ac­cro­cher dans son im­mense pièce à tro­phées à San Antonio. C’est la seule chose qui lui man­que­ra la pro­chaine fois qu’il fe­ra le code se­cret pour l’ou­vrir.

En quart de fi­nale du tour­noi olym­pique, la France, sa France, qu’il a si sou­vent por­tée à bout de bras, a été épar­pillée fa­çon puzzle par des Es­pa­gnols plus forts que ja­mais (92-67). Les Bleus n’ont pas été en me­sure de ri­va­li­ser une seule mi­nute. Ils ont même au fi­nal en­cais­sé une des plus dures et amères dé­faites de leur his­toire. « Ils ont été plus durs que nous dès le dé­but. Nous, on n’a fait que re­gar­der les ar­bitres. Ils se sont amu­sés, on a été cris­pés tout le match. Ils savent jouer en face, ils ont l’ex­pé­rience, il faut leur don­ner du cré­dit », ré­sume le géant Ru­dy Go­bert. Point fi­nal.

Non, mon­sieur To­ny Par­ker, l’homme à qui le bas­ket et le sport fran­çais en gé­né­ral doivent tant ne mé­ri­tait pas. Perdre et se faire hu­mi­lier par des Es­pa­gnols en feu. « Je suis très triste pour nous et triste pour lui, confie Jof­frey Lau­vergne. To­ny ne mé­ri­tait pas de par­tir ain­si. Pour ce qu’il a don­né au bas­ket fran­çais, tout ce qu’il a fait pour nous, les jeunes, il mé­ri­tait de par­tir au­tre­ment. Heu­reu­se­ment pour nous, on peut le re­gar­der dans les yeux une fois sa re­traite prise. Parce qu’on a tout don­né aus­si pour lui. »

Mal­gré tout, l’échec est lourd à ad­mettre et la page va être dif­fi­cile à tour­ner. Yvan Mai­ni­ni, l’an­cien pré­sident de la Fé­dé­ra­tion et de la Fi­ba, ne pou­vait re­te­nir ses larmes en ac­cueillant ses joueurs à l’en­trée du ves­tiaire. L’aven­ture col­lec­tive en­ta­mée sous sa pré­si­dence à l’aube des an­nées 2000 se ter­mine en queue de pois­son. Et per­sonne ne l’avait vrai­ment vu ve­nir. « C’est dur pour tout le monde, sur­tout pour ceux qui partent. On au­rait vou­lu une sor­tie plus gran­diose, bien sûr. C’est dom­mage, mais ils ne mé­ri­taient pas ça. Per­sonne ne le mé­ri­tait », gri­mace Ni­co­las Ba­tum. Par­tis dans la char­rette avec leur pa­tron, Mi­ckaël Ge­la­bale et Florent Pie­trus, hommes de l’ombre, ne re­vien­dront plus. Ils ont le sen­ti­ment du de­voir ac­com­pli mais dé­jà de la nos­tal­gie dans la voix.

« Fi­nir comme ça, c’est un peu dé­ce­vant. C’est un livre qui se ter­mine. Main­te­nant, il est temps de lais­ser la place aux autres », dit Ge­la­bale.

« On peut être fiers de ce qu’on a ac­com­pli du­rant ces quinze der­nières an­nées en équipe de France », sou­pire Pie­trus. Charge à la nou­velle gé­né­ra­tion, in­car­née par Ba­tum, Go­bert et De Co­lo, de prendre la suite. Est-ce que c’est la fin d’une époque ? « L’ave­nir nous le di­ra », ré­pond sim­ple­ment Ru­dy Go­bert.

« To­ny ne mé­ri­tait pas de par­tir ain­si »

Rio (Bré­sil), hier. Mal­gré 14 points, To­ny Par­ker et les Bleus n’ont rien pu faire face à la dé­fense es­pa­gnole très ef­fi­cace.

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