Les Ex­perts se sortent du piège bré­si­lien

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - E.M. Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux STÉ­PHANE BIAN­CHI

rien. A croire que le for­fait de Cé­line Du­merc leur a don­né de la force.

« On joue la meilleure équipe du monde en de­mi-fi­nale des Jeux olym­piques. Qu’est-ce qu’on risque ? » s’aven­ture Ma­rine Jo­hannes, la ben­ja­mine du groupe tri­co­lore. Rien, en ef­fet. ICI, comme par­tout ailleurs, le pu­blic a gron­dé. Fort, très fort ! Long­temps, très long­temps. Mais ici, comme par­tout ailleurs, l’équipe de France a fait la sourde oreille, est en­trée dans sa bulle et a tran­quille­ment évi­té les pièges qui ja­lon­naient le che­min me­nant à sa cin­quième de­mi-fi­nale olym­pique. Sur le gril à un ho­raire d’or­di­naire dé­vo­lu au pe­tit dé­jeu­ner do­mi­ni­cal (10 heures lo­cales), les Bleus ont, mal­gré le va­carme de la Fu­ture Are­na, eu un peu plus de mal à se ré­veiller que d’or­di­naire. « En pre­mière pé­riode, on ne s’en­ten­dait pas par­ler, ex­plique Lu­ka Ka­ra­ba­tic. Ce n’est pas simple de mettre sa dé­fense en place dans ces condi­tions. Mais quand on joue le Bré­sil à do­mi­cile, il faut s’at­tendre à ce que ce soit com­pli­qué. » Ça l’a en ef­fet été tout au long de cette pre­mière mi-temps où le char d’as­saut bré­si­lien Poz­zer et son bon vieux Pe­trus ont long­temps mis à mal l’ar­rière-garde tri­co­lore (16-16, 30e). « Le plus im­por­tant était de ne pas leur lais­ser prendre de l’avance, glisse après coup Claude Ones­ta. On n’était pas dans l’ef­fet im­mé­diat, mais en mode rou­leau com­pres­seur, his­toire d’écra­ser l’ad­ver­sai- re pe­tit à pe­tit. Il fal­lait juste res­ter ef­fi­caces en at­taque pour creu­ser l’écart quand eux bais­se­raient de pied phy­si­que­ment. »

Et à ce jeu-là, c’est le doyen des joueurs de champ, l’in­usable Da­niel Nar­cisse (36 ans), qui s’est ré­vé­lé l’un des plus per­cu­tants. Mal­gré une frayeur due à une mau­vaise ré­cep­tion sur son ge­nou gauche, le Réu­nion­nais et ses 7 buts ont le­vé une par­tie du sus­pense qui pla­nait en­core sur l’iden­ti­té du pre­mier i nvi­té au der­nier car­ré. « C’était presque LA FRANCE est de­ve­nue la troi­sième na­tion, de­puis l’ins­tau­ra­tion des de­mi-fi­nales dans le tour­noi olym­pique de hand­ball en 1992, à at­teindre le der­nier car­ré trois fois d’af­fi­lée (2008, 2012, 2016). Les Ex­perts ont même dé­cro­ché l’or à Pé­kin et Londres. Les Bleus re­joignent ain­si dans l’his­toire la Suède, trois fois de­mi-fi­na­liste (1992, 1996, 2000), et la Croa­tie (2004, 2008, 2012). une cor­ri­da, sou­rit le sé­lec­tion­neur. Da­niel Nar­cisse est plus que pré­cieux dans ce re­gistre. C’est un joueur ex­cep­tion­nel qu’on peut uti­li­ser pour la mise à mort quand les autres ont bien fa­ti­gué le tau­reau. » Fier d’avoir vu ses Ex­perts « se sor­tir du piège dans l equel de nom­breuses autres équipes sont tom­bées », Ni­ko­la Ka­ra­ba­tic ex­horte dé­sor­mais les siens à pous­ser la route un peu plus loin. Pour ce­la, ils de­vront écar­ter en de­mie de­main (20 h 30 ou 1 h 30) l’Al­le­magne, cham­pionne d’Eu­rope en titre. « On a le po­ten­tiel pour al­ler cher­cher une mé­daille, ter­mine le chef d’or­chestre. Alors l’es­sen­tiel est de ne pas en res­ter là. »

Rio (Bré­sil), hier. Ni­ko­la Ka­ra­ba­tic et les Bleus ont fait la dif­fé­rence en deuxième mi-temps.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.