C’est fou tout ce qu’on perd…

VA­CANCES. C’est la pé­riode de chauffe en ce mo­ment dans les ser­vices qui gèrent les ob­jets trou­vés.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - HELENE DAUSCHY

LAURA n’est pas près d’ou­blier le re­tour de son sé­jour d’été à Londres. « Une fois ar­ri­vée à Rois­sy, j’étais prête à pas­ser le contrôle quand je me suis ren­du compte que j’avais ou­blié ma carte d’iden­ti­té dans le fi­let de mon siège. C’était trop tard », se re­mé­more la jeune Pa­ri­sienne de 24 ans. Sa pre­mière ré­ac­tion : pleu­rer. « J’étais pa­ni­quée, on ne vou­lait pas que je rentre en France ! » Sa carte d’em­bar­que­ment dans les mains et quelques larmes ver­sées lui ont tout de même per­mis de re­trou­ver le sol fran­çais.

Se­rait-ce l’idée de far­niente es­ti­val qui fe­rait ou­blier aux va­can­ciers leurs té­lé­phones à l’ar­rière des taxis, de lais­ser leurs gui­tares sur les quais de gare ? A Rois­sy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise), dans le seul ter­mi­nal 2, on ré­cu­père en­vi­ron 35 000 ob­jets. Des or­di­na­teurs, des bi­joux, des casques de mo­to… En pé­riode es­ti­vale, Vin­ci Au­to­routes constate une re­cru­des­cence de pertes chez les au­to­mo­bi­listes, sou­vent pres­sés de re­joindre leur lieu de villé­gia­ture. Mais pas d’in­quié­tude, des agents veillent sur vos af­faires. Comme Oli­vier. Pas plus tard qu’il y a deux se­maines, il a sau­vé les va­cances d’une fa­mille. C’est sur la page Fa­ce­book de la so­cié­té au­to­rou­tière que le mes­sage de dé­tresse des pa­rents est ar­ri­vé. « Dès que j ’ ai eu l ’ i nfor­ma­tion qu’ils avaient per­du le dou­dou de leur pe­tite fille à Nîmes-Mar­gue­ritte, sur l’A 9, j’ai ap­pe­lé les gé­rants des ma­ga­sins de cette aire et il a été re­trou­vé à l’in­té­rieur d’une bou­tique. »

Bon signe se­lon les psys

La SNCF, qui prend en charge quelque 100 000 ob­jets éga­rés par an, constate aus­si une hausse en ce mo­ment. Gilles Bal­le­rat, di­rec­teur des ser­vices, rap­pelle que rien ne vaut « l’éti­que­tage et une dé­cla­ra­tion ra­pide de perte », pour maxi­mi­ser les chances de ré­cu­pé­rer son pré­cieux (ou pas !) bien. Mais que les plus étour­dis se dé­cul­pa­bi­lisent, se­lon Fran­çois Quillet, psy­cho­thé­ra­peute à Pau, ou­blier quelque chose au mo­ment des va­cances est plu­tôt… bon signe. « Ce­la té­moigne d’un lâ­cher­prise to­tal, ras­sure le pro­fes­sion­nel. Ou­blier sa va­lise, qu’on traîne comme un far­deau, est là aus­si nor­mal. » Pas­cal Zentz, psy­cha­na­lyste à Pa­ris évoque, lui, le rôle du cer­veau « qui ne peut pas se rap­pe­ler exac­te­ment ce que l’on a em­me­né », mais aus­si ce­lui de l’an­goisse « de quit­ter sa bulle, où l’on sait exac­te­ment où sont les choses ». En va­cances, le quo­ti­dien n’est plus le même.

Mais on ne le sait pas as­sez, un tiers, en moyenne, des ob­jets per­dus sont res­ti­tués. Laura a ain­si pu ré­cu­pé­rer sa carte d’iden­ti­té au­près du ser­vice des ob­jets trou­vés de la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris, un mois après l’avoir éga­rée. « J’ai re­çu une lettre m’in­di­quant qu’elle avait été re­trou­vée dans l’avion. J’ai pous­sé un grand sou­pir de sou­la­ge­ment ! » Les gares, ter­mi­nus des ob­jets trou­vés le­pa­ri­sien.fr

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