Hol­lande se voit af­fron­ter Sar­ko­zy

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Fran­çois Hol­lande, à pro­pos de Ni­co­las Sar­ko­zy FRÉDÉRIC GERSCHEL

C’EST CONNU, Fran­çois Hol­lande adore la com­pa­gnie des jour­na­listes. Ce­la lui per­met de conti­nuer à com­men­ter la vie po­li­tique comme un simple ob­ser­va­teur, ce qu’il fai­sait dé­jà avec gour­man­dise avant d’en­trer à l’Ely­sée. Mais pour leur livre, « Con­ver­sa­tions pri­vées avec le pré­sident »*, les au­teurs An­to­nin An­dré (Eu­rope 1) et Ka­rim Ris­sou­li ( France 5) au­ront été re­çus… 32 fois au to­tal, de fé­vrier 2012 à mai 2016. Du ja­mais­vu ! Du coup, le livre four­mille de confi­dences et de pe­tites phrases sa­vou­reuses. A com­men­cer par un aveu éton­nant du pré­sident sur sa si­tua­tion : « C’est dur, bien sûr que c’est dur. C’est beau­coup plus dur que ce que j’avais ima­gi­né. » Au fil de ses con­ver­sa­tions, Hol­lande re­vient sur les épi­sodes mar­quants du quin­quen­nat : l’af­faire Leo­nar­da, sa rup­ture avec Va­lé­rie Trier­wei­ler, la guerre au Ma­li et en Sy­rie, les re­vers élec­to­raux, les at­ten­tats… Alors qu’il n’est pas par­ve­nu à amé­lio­rer la si­tua­tion éco­no­mique il plaide la mal­chance à pro­pos de l’in­ver­sion de la courbe du chô­mage plu­sieurs fois an­non­cée : « J’ai eu tort. Je n’ai pas eu de bol ! En même temps, j’au­rais pu ga­gner. Mais ce­la n’au­rait rien chan­gé car les gens sont lu­cides, ils savent que ce n’est pas sur un mois que ça se joue. » Hol­lande se sent en­fer­mé à l’Ely­sée : « Ce qui a vrai­ment chan­gé, c’est la li­ber­té que je n’ai plus. Pou­voir cir­cu­ler comme je le vou­lais, prendre la voi­ture, mon scoo­ter, al­ler en Cor­rèze ré­gu­liè­re­ment. C’est ce qu’il y a de plus bru­tal et de plus dif­fi­cile à vivre. » Dans la ba­taille de la pri­maire à droite, le pré­sident voit plu­tôt Sar­ko­zy sor­tir du cha­peau : « Je pense que, s’il ne lui ar­rive rien, c’est lui que j’af­fron­te­rai. Pour l’ins­tant, Alain Jup­pé évite les coups mais n’im­prime pas grand-chose dans l’opi­nion. Sar­ko­zy a des fai­blesses, bien sûr. Il ne parle que de lui et ne porte au­cune idée forte pour la na­tion. Mais c’est un bon can­di­dat. » S’il perd en 2017, le chef de l’Etat pro­met qu’il ar­rê­te­ra la pol i t i q u e . « Ç a pour r a i t ê t r e une sorte de li­bé­ra­tion de ne plus être là », jure-t-il. On n’est pas for­cé de le croire.

« Il ne parle que de lui et ne porte au­cune idée forte pour la na­tion »

@fger­schel * Al­bin Mi­chel, 19,50 €.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.