Le pro­cès de la rixe ren­voyé à sep­tembre

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - AN­TOINE GIANNINI

ILS ÉTAIENT PRÈS DE 400 à avoir ré­pon­du pré­sent. Ha­bi­tants de Sis­co, proches des deux pré­ve­nus ori­gi­naires du vil­lage ain­si que le par­ti in­dé­pen­dan­tiste Cor­si­ca Li­be­ra de JeanGuy Ta­la­mo­ni, avaient ap­pe­lé à ve­nir sou­te­nir hier de­vant le pa­lais de jus­tice de Bas­tia les « seules vic­times dans cette af­faire » et ob­te­nir leur re­laxe. La foule a pa­tien­té de longues heures avant d’ap­prendre le ren­voi de l’au­dience par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel char­gé de ju­ger en com­pa­ru­tion im­mé­diate les pro­ta­go­nistes de la rixe sur­ve­nue sa­me­di dans une crique de Sis­co, dans le cap Corse, op­po­sant une fa­mille d’ori­gine magh­ré­bine à des vil­la­geois.

A la de­mande de Mes Anaïs Co­lom­ba­ni et Jean-Pierre Ri­baut-Pas­qua­li­ni, avo­cats des trois frères Ben­had­dou, des Ma­ro­cains ori­gi­naires de Fès, le pro­cès a été donc été ren­voyé. Il se tien­dra le 15 sep­tembre.

Pour­sui­vis pour vio­lences en réu­nion avec armes, les trois hommes sont ar­ri­vés dans le box me­not­tés et se ca­chant le vi­sage avec des feuilles de pa­pier ou des pulls. Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Bas­tia, Ni­co­las Bes­sone, a par­ti­cu­liè­re­ment ci­blé Mus­ta­pha, 33 ans, un ou­vrier du bâ­ti­ment au chô­mage vi­vant à Fu­ria­ni : « l’élé­ment mo­teur », « le plus agres­sif », « qui a me­na­cé tout le monde avec un har­pon », a in­sis­té le ma­gis­trat. La veille, il avait clai­re­ment dé­si­gné les membres de cette fa­mille comme à l’ori­gine des vio­lences, cher­chant « dans une lo­gique de caï­dat, s’ap­pro­prier la plage ».

Une foule mas­sée de­vant le tri­bu­nal

Dé­jà plu­sieurs fois condam­né, Mus­ta­pha Ben­had­dou a été pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire. Ses deux frères Ab­de­li­lah, 38 ans, et Dja­mel, 29 ans, ont eux été lais­sés libres mais pla­cés sous contrôle ju­di­ciaire avec in­ter­dic­tion de se rendre à Sis­co et de s’ap­pro­cher des deux autres pré­ve­nus.

Ré­pon­dant de vio­lences en réu­nion, les deux ha­bi­tants de Sis­co, Lu­cien Stra­bo­ni, un bou­lan­ger de 50 ans, et Pierre Bal­di, 22 ans, em- ployé de mai­rie et pom­pier vo­lon­taire, dé­fen­dus par Mes Marc-An­toine Lu­ca et Ro­sa Pros­pe­ri, sont éga­le­ment res­tés libres et pla­cés sous contrôle ju­di­ciaire jus­qu’au 15 sep­tembre. Leur ri­poste et celle des vil­la­geois a été qua­li­fiée de « scan­da­leuse » par le pro­cu­reur. « Où est la che­va­le­rie, où est l’hon­neur à por­ter un coup de poing à une per­sonne in­ani­mée dans un bran­card ? », a-t-il in­ter­pel­lé Lu­cien Stra­bo­ni, sous les yeux de JeanGuy Ta­la­mo­ni et Gilles Si­meo­ni — res­pec­ti­ve­ment pré­sident de l’as­sem­blée et de l’exé­cu­tif de Corse.

A la sor­tie de l’au­dience, les deux pré­ve­nus de Sis­co ont été ap­plau­dis par la foule mas­sée de­vant le tri­bu­nal. In­vi­tés à « re­ve­nir le 15 sep­tembre » par un membre de la fa­mille, les ma­ni­fes­tants, gal­va­ni­sés, ont crié « on est chez nous » ou « tous en­semble ». Plu­sieurs jour­na­listes na­tio­naux, ac­cu­sés de dés­in­for­ma­tion, ont été mo­les­tés par les plus vi­ru­lents. C’est Pierre Bal­di, l’un des pré­ve­nus, qui a cal­mé la foule, ap­pe­lant « à l’apai­se­ment et à l’union. »

Bas­tia (Haute-Corse), hier. Près de 400 per­sonnes sont ve­nues sou­te­nir les deux pré­ve­nus ori­gi­naires de Sis­co.

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