« J’ai l’im­pres­sion d’être une mi­ra­cu­lée »

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Pro­pos re­cueillis par AR­NAUD DETOUT

TAEK­WON­DO. En mars 2012, Gw­la­dys Epangue, la plus grande taek­won­diste fran­çaise (2 titres mon­diaux, 3 sacres eu­ro­péens et 1 mé­daille de bronze olym­pique à Pé­kin en 2008), pré­pa­rait avec le sta­tut de grande fa­vo­rite les JO de Londres. C’est à ce mo­ment-là que la spor­tive li­cen­ciée à Saint-Maur (Val-de-Marne) ap­prend qu’elle souffre d’une ré­sur­gence de tu­ber­cu­lose os­seuse su­bie dans l’en­fance. For­fait pour les Jeux, elle va alors vivre quatre an­nées cau­che­mar­desques, faites d’une ba­taille de chaque jour pour re­ve­nir au plus haut ni­veau. A 33 ans, la na­tive de Cli­chy (Hauts-de-Seine) rêve de se pa­rer d’or, de­main à Rio, dans la ca­té­go­rie des + 67 kg. Par­ti­ci­per aux JO à Rio, est-ce une re­vanche par rap­port au for­fait de 2012 ? GW­LA­DYS EPANGUE. Non, c’est quelque chose de com­plè­te­ment dif­fé­rent. Au­jourd’hui, évi­dem­ment, il reste une ci­ca­trice de ne pas avoir pu par­ti­ci­per aux JO de Londres. Mais il faut avan­cer dans la vie. Je sou­haite conti­nuer à écrire mon his­toire et don­ner l e meilleur de moi-même à Rio. Com­ment aviez-vous ré­agi à l’an­nonce de votre ma­la­die avant les Jeux de Londres ? C’était le choc ! J’avais en ligne de mire l’ob­jec­tif ul­time de ma car­rière et en l’es­pace de quelques se­condes, il s’écroule. Je le vis très mal car les trois an­nées et de­mie qui avaient sui­vi les JO de Pé­kin en 2008 j’avais tra­vaillé dur en al­lant cher­cher deux titres mon­diaux et en de­ve­nant la no 1 in­con­tes­tée de la ca­té­go­rie. Et là, le rêve m’échappe à cause de cette ma­la­die. J’étais au fond du trou. Avez-vous pen­sé à ar­rê­ter votre car­rière ? Non, même si les mé­de­cins me di­saient que je ne pour­rais plus j a ma i s p r a t i q u e r le taek­won­do. Mais j’ai de l’or­gueil ! Je sa­vais que j’al­lais re­mon­ter la pente. Com­bien de temps avez-vous mis à vous en re­mettre ? Un an ! C’était long, très long… Je n’avais au­cune en­vie de re­ve­nir à la salle. Je pré­fé­rais faire la fête avec les co­pains, pro­fi­ter de la vie, m’éva­der de ce monde du sport et de per­for­mances. C’était une f açon d’éva­cuer cette dé­cep­tion. Les Mon­diaux 2013 ont été une sorte de dé­clic. Je re­prends le che­min de l’en­traî­ne­ment en mars en me di­sant : es­saie de te conso­ler avec un nou­veau titre mon­dial. Et vous êtes bat­tue dès le pre­mier tour… Je man­quais de rythme, j’avais pris 10 kg, je ne sa­vais plus où j’en étais… Et boum ! Je prends une autre claque. Mais je dé­cide de conti­nuer. C’était im­pos­sible d’ar­rê­ter sur une dé­faite. Après avoir dé­cro­ché le billet pour Rio, nou­velle dés­illu­sion en dé­cembre avec cette rup­ture d’un li­ga­ment in­terne du ge­nou gauche… Là, je me suis im­mé­dia­te­ment pro­je­tée sur mon re­tour. Je suis croyante. Pour moi, Dieu donne des épreuves sim­ple­ment aux gens qui peuvent le sup­por­ter. Dieu doit sans doute m’ai­mer plus que les autres (rire). J’ai l’im­pres­sion d’être une mi­ra­cu­lée.

« Les mé­de­cins me di­saient que je ne pour­rais plus ja­mais pra­ti­quer le taek­won­do »

Croyante, Gw­la­dys Epangue en­caisse les épreuves et veut re­ve­nir plus forte.

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