Les Bleues sont dé­jà dans l’his­toire

De­mi-fi­nale.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux STÉ­PHANE BIANCHI

EN­FIN ! Les poings d’Oli­vier Krumb­holz se sont ser­rés jus­qu’au sang avant de se tendre au plus haut pour tan­cer ce ciel qui lui était si sou­vent tom­bé sur la tête. Seize ans que le coach de l’équipe de France at­ten­dait ça, seize ans que lui et ses joueuses cher­chaient, en vain, le che­min me­nant au po­dium olym­pique*. Hier, après des an­nées d’er­rance à tour­ner en rond, elles n’ont eu nul be­soin de GPS ou d’em­prun­ter la route que les Ex­perts leur avaient ba­li­sée de­puis des lustres. Seules aux com­mandes, ces Bleues que l’on croyait dé­pour­vues de tout sens de l’orien­ta­tion, ont, à leur tour, joué les guides et ou­vert en pa­tronnes la route vers la fi­nale à leurs ho­mo­logues mas­cu­lins. Comme pi­lo­té par un com­man­dant de bord in­sen­sible aux moindres tur­bu­lences, le bom­bar­dier tri­co­lore a tra­ver­sé sa pre­mière de­mi-fi­nale olym­pique de­puis 2004 presque dans un rêve.

Sous les yeux des bas­ket­teurs Florent Pie­trus et Mi­ckaël Ge­la­bale, de la taek­won­diste Gw­la­dys Epangue ou du mi­nistre des sports, Thier­ry Braillard, presque in­co­gni­to dans son sur­vê­te­ment de l’équipe de France, les Bleues ont flir­té avec le presque par­fait en pre­mière pé­riode face aux Pays-Bas. Après dix mi­nutes de prises de marques, elles ont tout ba- layé d’un re­vers de main : le poids du lourd pas­sé, le sta­tut de vice-cham­pionnes du monde de leurs ad­ver­saires et le stress qui a fi­gé leur vi­sage du­rant les hymnes. Me­nant dès le pre­mier quart d’heure, elles ont en­suite gé­ré cette avance avec la sé­ré­ni­té de cham­pionnes au pal­ma­rès long comme le bras.

Laura Glau­ser ex­cep­tion­nelle

Bien sûr, elles ne se sont pas épar­gné le stress d’un re­tour orange en deuxième pé­riode, les frayeurs d’un mo­ney time dra­ma­tique lorsque les Néer­lan­daises ont vu leur balle d’éga­li­sa­tion s’écra­ser sur le po­teau d’une Laura Glau­ser ex­cep­tion­nelle. Mais à l’image du roi ba­tave, WillemA­lexan­der, elles n’ont cé­dé à au­cune émo­tion, au­cune pres­sion dans cette fin de match étouf­fante.

Hier, au mo­ment de re­ga­gner les ves­tiaires les yeux plein de larmes et le coeur lé­ger, elles ne sa­vaient pas quel se­rait le der­nier obs­tacle à fran­chir pour s’en­rou­ler leur pre­mière mé­daille d’or olym­pique au­tour du cou. La Rus­sie, triple cham­pionne du monde, qui les avait bat­tues (25-26) en phase de poules ou l’ogre nor­vé­gien, cham­pion du monde et double cham­pion olym­pique en titre, qui s’af­fron­taient la nuit der­nière. Mais qu’im­porte, tant ces Bleues ont confir­mé hier qu’elles pou­vaient rê­ver dans toutes les langues. * Oli­vier Krumb­holz a été écar­té des bleues de 2013 à jan­vier 2016.

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