Les Ex­perts doivent tout aux Al­le­mands

De­mi-fi­nale.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Luc Aba­lo, ai­lier de l’équipe de France S.B.

BEAU­COUP D’EAU a cou­lé sous les ponts de­puis le mon­dial 2007 en Al­le­magne. Mais per­sonne, dans les rangs tri­co­lores, n’a ou­blié la de­mi-fi­nale de Co­logne, le but re­fu­sé à Mi­chaël Gui­gou en fin de pro­lon­ga­tion, la très contro­ver­sée vic­toire al­le­mande (32-31) et les mots de Claude Ones­ta pour ré­su­mer l’in­jus­tice : « Nous sa­vions qu’il fal­lait 3 ou 4 buts d’avance pour ga­gner d’un but. » Neuf ans plus tard, au mo­ment de croi­ser une fois de plus le che­min de ses bour­reaux en de­mi-fi­nale des Jeux de Rio, le sé­lec­tion­neur des Bleus sou­rit à l’évo­ca­tion de cette pé­riode qui l’a vu, lui, « qui avait l’ha­bi­tude [se] faire as­sas­si­ner, sou­dain [se] faire plaindre par la plu­part des gens ».

Cette in­jus­tice a ser­vi d’acte fon­da­teur et pous­sé les Bleus à de­ve­nir, eux aus­si, des ex­perts du dé­trous­sage… en règle. « Faute d’avoir de l’in­fluence sur les ar­bitres et les élé­ments ex­té­rieurs, ex­plique Ones­ta, on s’est dit ce jour-là que la seule so­lu­tion pour ne plus su­bir les élé­ments né­ga­tifs était de maî­tri­ser tous les pa­ra­mètres du jeu. » Prin­ci­pale vic­time de l’exac­tion teu­tonne, Mi­chaël Gui­gou convient que le pré­ju­dice est de­ve­nu un bien­fait. « Il y a des dé­faites dont on se passe vo­lon­tiers, glisse le Mont­pel­lié­rain. Mais celle-ci nous a concrè­te­ment per­mis de de­ve­nir cham­pions du monde en Croa­tie (2009), en Suède (2011), au Qa­tar (2015) et de ga­gner l’Eu­ro en Au­triche (2010) et au Da­ne­mark (2014). On a en­core vu avec La­ville­nie que des mecs sont ca­pables d’être dix fois plus per­for­mants que d’or­di­naire lors­qu’ils sont por­tés par leur pu­blic ou par la fer­veur d’une grande com­pé­ti­tion comme les Jeux. C’est pour s’évi­ter de re­vivre ça qu’on a ap­pris à ne comp­ter que sur nous­même. »

Ce soir (20 h 30), l’Al­le­magne ne joue­ra pas à do­mi­cile à la Fu­ture Are­na de Rio. Mais pour Luc Aba­lo, elle au­ra néan­moins la fa­veur des pro­nos­tics. « Jus­qu’à preuve du contraire, ce sont eux les cham­pions d’Eu­rope, les der­niers à avoir dé­cro­ché un titre, non ? » lâche-t-il ma­li­cieux. Pas for­cé­ment convain­cant dans son diag­nos­tic, l’ai­lier droit du PSG l’est da­van­tage lors­qu’il as­sure que, mal­gré le pas­sif, « la France n’a ni rage ni re­vanche à prendre » sur la sé­lec­tion al­le­mande. « Nous, on est en­core cinq (Omeyer, Nar­cisse, N. Ka­ra­ba­tic, Gui­gou et Aba­lo) à avoir par­ti­ci­pé au match. Mais chez eux, il n’y a plus per­sonne. » « On y pen­se­ra peut-être, si on gagne après pro­lon­ga­tion », sou­rit Gui­gou. Là, au mo­ment de faire le der­nier pas vers leur troi­sième fi­nale olym­pique, ils se di­ront peu­têtre plu­tôt que l’Al­le­magne leur a fi­na­le­ment ren­du un fier ser­vice ce triste soir de fé­vrier 2007.

« Jus­qu’à preuve du contraire, ce sont eux les cham­pions d’Eu­rope »

Rio, mer­cre­di. Luc Aba­lo est l’un des cinq Bleus ac­tuels à avoir joué la fi­nale per­due contre l’Al­le­magne au mon­dial 2007.

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