« Je n’étais pas as­sez fort… »

Vincent Luis,

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio Pro­pos re­cueillis par ÉRIC MI­CHEL

LE CADRE était ma­gique : le so­leil, la mer et Co­pa­ca­ba­na. Mais ça n’a pas réus­si à Vincent Luis seule­ment 7e du tri­ath­lon, lar­ge­ment de­van­cé par les in­tou­chables frères Alis­tair (1er, comme en 2012) et Jo­na­than (2e) Brown­lee. C’est mieux qu’à Londres (11e) mais ça ne peut pas sa­tis­faire un gar­çon qui avait tant tra­vaillé pour dé­cro­cher une mé­daille. Après cette 7e place, vous ne vous dites pas, tout ça pour ça ? VINCENT LUIS. Non. j’ai tra­ver­sé des bons et des mau­vais mo­ments mais j’ai fait 200 fois plus de trucs dans ma vie qu’un mec qui va tous les jours au bu­reau. Je viens de faire un tri­ath­lon sur la plage de Co­pa­ca­ba­na. Je suis chan­ceux de vivre de mon loi­sir. Il y a tant de gens qui ga­lèrent que je ne vais pas me plaindre d’une 7e place aux Jeux. Vous es­pé­riez tout de même mieux ! Que s’est-il pas­sé ? Je ne sais pas exac­te­ment. Je n’ai pas eu l’im­pres­sion d’avoir un coup de chaud. Je pense sur­tout que les trois qui sont sur le po­dium sont les trois plus forts de la jour­née. Pour ma part, je n’étais pas as­sez fort dans les trois dis­ci­plines sur ce coup-là. Il y a as­sez de per­dants qui se cherchent des ex­cuses, ce n’est pas mon cas. C’est une grosse dé­cep­tion ? Je suis dé­çu mais je n’ai pas de re­grets. Je ne vou­lais pas en avoir. J’ai joué ma carte jus­qu’au bout. J’étais ve­nu pour ga­gner, je m’en­traî­nais as­sez pour vi­ser la vic­toire. Ma pré­pa­ra­tion a été bonne, je me sen­tais bien. Il faut prendre un peu de re­cul pour ana­ly­ser. Jus­te­ment, qu’en­vi­sa­gez-vous pour la suite ? Je vais d’abord voir ce que les quatre der­nières an­nées m’ont ap­por­té. Je ne sais pas en­core si je se­rai à To­kyo dans quatre ans. Je fais tou­jours le rêve d’une mé­daille olym­pique mais il y a en­core quatre ans. Je dois ré­flé­chir à ce qui l’em­por­te­ra entre la pas­sion et la rai­son.

« S’en­traî­ner 40 heures par se­maine pen­dant 4 ans de plus ? J’ai 27 ans. Je ne sais pas… »

Pen­sez-vous pou­voir re­faire au­tant de sa­cri­fices ? Il faut que je ré­flé­chisse. Me lan­cer dans l’ath­lé­tisme ? Il faut voir. Je pour­rai peut-être al­ler aux Jeux sur 5 000 m, mais je ga­gne­rai en­core moins que là. Je pren­drai une dé­ci­sion avec l’en­vie de me don­ner à 100 % parce que c’est ain­si que je fonc­tionne. S’en­traî­ner 40 heures par se­maine pen­dant quatre ans de plus ? J’ai 27 ans. Je ne sais pas…

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