A la san­té des plantes à Che­mil­lé

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Che­mil­lé-en-An­jou (Maine-et-Loire) De nos en­voyés spé­ciaux PIERRE VAVASSEUR

ÇA Y EST, LA MER est loin et nous rou­lons dans la cam­pagne, qui est un autre genre d’océan avec ses on­du­la­tions tran­quilles et l’écume de ses bo­cages. Nous voi­ci en An­jou avec, après près de 6 000 km par­cou­rus, l’en­vie de se faire une fleur. C’est bon pour la san­té. Sur­tout celles du jar­din Ca­mi­fo­lia, à Che­mil­lé, entre Cho­let et An­gers, en Maine-et-Loire. On avait en­ten­du dire qu’ici, les plantes, c’est le pied. On y ar­rive en fin de ma­ti­née. La dou­ceur an­ge­vine bat son plein. Un peu trop même. Che­mil­lé ré­clame d’avoir une vie in­té­rieure in­tense ou de s’en échap­per par ses sen­tiers de ran­don­née, qui sont l’autre re­nom­mée de la ci­té. Heu­reu­se­ment que le tou­risme marche le long des rives de l’Hy­rôme.

L’Hy­rôme évoque les arômes. Au seuil de Ca­mi­fo­lia, ils jaillissent aux na­rines comme des amis re­con­nais­sants vous sautent au cou. C’est un par­terre de la­vande. Puis on vous met au par­fum.

Ici, c’est le jar­din ex­tra­or­di­naire des fleurs et des plantes qui sont aux pe­tits soins pour les hommes et les ani­maux. Trois hec­tares et de­mi de jar­dins thé­ma­tiques — sa­veurs et san­té, plantes toxiques et mé­di­ci­nales, jar­din des fibres et des cou­leurs… On ba­gue­naude. Cinq cent cin­quante es­pèces sont pré­sen­tées.

La ca­mo­mille ro­maine à l’hon­neur

Il y a un étang, le chant rê­veur d’une cas­cade en es­ca­lier et cent bonnes idées pour cap­ter l’at­ten­tion des en­fants. Ces der­niers sont les pre­miers à confier leurs im­pres­sions sur un pos­ti­tier. Le pos­ti­tier est un arbre à Post-it. Les mômes sont bien pe­tits mais rêvent dé­jà d’un monde meilleur. No­tons qu’ils écrivent au crayon à ef­fa­cer. L’es­poir est fra­gile.

Mais re­pre­nons au dé­but. On entre, donc, et l’on prend un grand plai­sir à plon­ger les mains dans des bas­sins de menthe poi­vrée, de thym, de va­lé­riane ou ces pe­tits so­leils sé­chés que sont les fleurs de ca­mo­mille ro­maine. Che­mil­lé ne plai­sante pas avec la ca­mo­mille ro­maine : n’en dé­plaise à l’église ro­mane de Notre-Dame, qui ca­rillonne en haut de la ville, c’est son eau bé­nite, son or lo­cal. De­puis qu’un cer­tain Pierre-Ai­mé Go­dillon, en 1842, s’est mis à l’im­por­ter de Bel­gique puis à la culti­ver au titre de plante mé­di­ci­nale, c’est tout un pan de l’éco­no­mie ré­gio­nale qui s’est mis à in­fu­ser.

L’an­née 1996 a vu la nais­sance de l’as­so­cia­tion des Amis du jar­din des plantes mé­di­ci­nales de Che­mil­lé, qui contri­bue­ra à celle de Ca­mi­fo­lia en 2008. Tout est calme mais les noms des plantes vous em­portent men­ta­le­ment dans leur car­rou­sel so­nore. C’est un peu comme avec les oi­seaux. Ici, les pi­pis­trelles, les puf­fins cen­drés, les alouettes pis­po­lettes et les gy­paètes bar­bus sont rem­pla­cés par le char­don-ma­rie, l’im­mor­telle d’Ita­lie, l’an­thé­mis des tein­tu­riers, le py­rètre ga­zon­nant, l’ado­nis d’été, l’aris­to­loche clé­ma­tite, la nielle des bois, l’ané­mone pul­sa­tille, le cos­mos cho­co­lat, l’os­manthe odo­rante ou l’ai­gre­mone eu­pa­toire. A eux tous, ils consti­tuent une phar­ma­cie ver­mi­fuge, an­ti­spas­mo­dique, an­ti­sep­tique, ex­pec­to­rante ou ci­ca­tri­sante. C’est t r ès i ns­pi­rant comme en­droit. D’ailleurs il suf­fit d’ins­pi­rer pour se sen­tir mieux. Le bien-être ? Ça se sent, ça se sent, ça se sent que c’est là.

11, rue de l’Ar­zillé, 49120 Che­mil­lé-en-An­jou. Jus­qu’au 30 oc­tobre. Tél. 02.41.49.84.98. www.jar­din-ca­mi­fo­lia.com. Ta­rifs 6 €. 5 €. Gra­tuit pour les moins de 12 ans.

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