Ils ont tes­té la for­mule avec bon­heur

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - É.C.

ELLE EST EN­SEI­GNANTE, lui di­rec­teur com­mer­cial. Ma­riés et pa­rents de trois ados de 11, 14 et 17 ans, Fran­çoise* et Phi­lippe avaient l’ha­bi­tude de­puis des an­nées de louer des mai­sons à des en­droits dif­fé­rents pour les va­cances. Pour la pre­mière fois, cet été, ce couple de Pa­ri­siens teste l’échange de mai­sons, via le site de Guest to Guest. Ils ont ain­si tro­qué leur 190 m2 près de Bar­bès contre la belle bâ­tisse à co­lom­bages avec jar­din d’Anne-Ma­rie, re­trai­tée de l’Edu­ca­tion na­tio­nale à Co­logne dans le Gers. Ren­contre croi­sée.

Quelle était votre plus grosse crainte ?

Fran­çoise. Au dé­part, je n’étais pas à l’aise à l’idée de li­vrer notre in­ti­mi­té à des in­con­nus, et no­tam­ment de leur lais­ser notre lit. C’était un peu ab­surde. Lorsque je vais à l’hô­tel, des tas de gens ont dor­mi dans le lit avant moi… Mais ce n’est pas mon lit ! Anne-Ma­rie. Je suis d’un na­tu­rel confiant. Je n’avais donc au­cune crainte, d’au­tant que ce n’est pas ma pre­mière ex­pé­rience. Après Sé­ville au Nou­vel An, je suis par­tie à Pa­ris avec mon pe­tit-fils en fé­vrier puis au Pays basque avec mon cou­sin. Je n’ai ja­mais été dé­çue !

Avez-vous pris des pré­cau­tions par­ti­cu­lières ?

Fran­çoise. Par sé­cu­ri­té, nous avons mis sous clé nos pho­tos ain­si que nos do­cu­ments très per­son­nels comme nos fiches de paie. Phi­lippe, mon ma­ri, a aus­si ca­ché son or­di­na­teur por­table sous un pan­ta­lon. Pour le reste, nous avons tout lais­sé en l’état : les lustres, les ta­pis de va­leur… Et puis nos hôtes n’ont pas plus de risques que nous de cas­ser ou d’abî­mer quelque chose… Anne-Ma­rie. Au­cune. A part re­gar­der de près le pro­fil de mes hôtes. Si j’avais eu des bi­joux de va­leur, peu­têtre les au­rais-je mis à l’abri. Mais ce n’est pas le cas ! J’ai tout lais­sé tel quel chez moi. Même les ta­bleaux ou les bi­be­lots que j’ai fa­bri­qués moi­même…

Le lo­ge­ment cor­res­pond-il à vos at­tentes ?

Fran­çoise. Nous avions choi­si la mai­son pour sa sur­face et sa si­tua­tion géo­gra­phique, près des che­mins de ran­don­née et des lieux de bai­gnade. Sur les pho­tos, la dé­co­ra­tion sem­blait as­sez im­per­son­nelle. Nous avons donc été agréa­ble­ment sur­pris. Anne-Ma­rie a ex­po­sé dans le sa­lon plu­sieurs de ses oeuvres : des pein­tures, un ri­deau… Rien à voir avec les ca­na­pés à fleurs hi­deux des Gîtes de France. Anne- Ma­rie. L’ap­par­te­ment de 190 m2 est en­core mieux que ce que j’avais ima­gi­né ! Hon­nê­te­ment, je n’avais pas be­soin d’un es­pace aus­si grand, même si j’ai pro­po­sé à une amie de m’ac­com­pa­gner. Mais pour­quoi s’en pri­ver ?

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

Phi­lippe. Le gaz ! Je trouve ça plus pra­tique pour cui­si­ner. Pour le reste, il y a tous les us­ten­siles né­ces­saires, ce qui n’est pas le cas dans la plu­part des lo­ca­tions. Ce qui me manque aus­si, c’est notre lit plus large que ce­lui d’ici. Anne-Ma­rie. Nous n’avons pas la même fa­çon de vivre ni de cui­si­ner. Par exemple, je n’ai pas trou­vé de planche à dé­cou­per, d’es­so­reuse à sa­lade, de pas­soire ni de théière. Mais peut-être n’ai-je pas suf­fi­sam- ment fouillé dans les pla­cards. Les pro­prié­taires avaient pour­tant ré­di­gé un vade-me­cum sur l’ap­par­te­ment… Et le quar­tier. Mais on ne peut pas tout dire !

Quelles contraintes l’échange im­pose-t-il ?

Fran­çoise. Ce­la oblige à être souple. Au dé­part, nous avions pré­vu de par­tir dans la cam­pagne an­glaise. Mais nous n’avons pas trou­vé. Nous avons élar­gi la re­cherche à l’Al­le­magne, à l’Es­pagne… Puis à la France. C’est comme ce­la que nous avons at­ter­ri dans le Gers. Autre contrainte : on se sent obli­gé de tout net­toyer à la per­fec­tion ! C’est un pe­tit stress. Mais le bon cô­té des choses, c’est que ce­la nous pousse en même temps à faire le vide dans nos pla­cards pour leur per­mettre de ran­ger leurs af­faires. Anne-Ma­rie. De l’an­ti­ci­pa­tion et de la per­sé­vé­rance ! Pour Sé­ville, j’ai contac­té au moins trente per­sonnes avant de trou­ver. Et en­core, j’ai moins de contraintes puisque je suis re­trai­tée et que j’ai un deux-pièces juste à cô­té de la mai­son où je peux me ré­fu­gier quand les dis­po­ni­bi­li­tés de mes hôtes ne coïn­cident pas avec les miennes.

Comp­tez-vous re­nou­ve­ler l’ex­pé­rience ?

Phi­lippe. Sans hé­si­ter ! Cette for­mule a beau­coup d’avan­tages. Pou­voir oc­cu­per une mai­son gra­tui­te­ment pen­dant quinze jours, c’est ma­gique ! On a l’im­pres­sion de sor­tir du monde mar­chand où on se fait avoir tout le temps. Comme on éco­no­mise en­vi­ron 800 € par se­maine en lo­ca­tion, on s’au­to­rise da­van­tage d’ex­tras. No­tam­ment pour des bons res­tos. Et puis, avec cette pré­sence per­ma­nente, on est moins ex­po­sé au risque de cam­brio­lage… Anne-Ma­rie. Oui, j’ai d’ailleurs dé­jà re­çu des pro­po­si­tions. Ce se­ra peu­têtre l’oc­ca­sion d’ex­plo­rer des coins vers les­quels je ne me se­rais ja­mais tour­née spon­ta­né­ment. Quelle que soit la des­ti­na­tion, je fe­rai tout mon pos­sible pour ren­con­trer au moins une fois mes hôtes, comme nous l’avons fait cette fois-ci avec Fran­çoise et Phi­lippe. Quitte à perdre une jour­née de va­cances. Dans la me­sure où nous ne sommes pas dans un com­merce, ce­la me semble im­por­tant de cul­ti­ver la di­men­sion convi­viale. * Le pré­nom a été chan­gé

Co­logne (Gers). Pour ses va­cances en fa­mille, Phi­lippe échange son ap­par­te­ment pa­ri­sien contre une mai­son dans le Sud. Avec l’ar­gent ain­si éco­no­mi­sé, de pe­tits ex­tras sont pos­sibles. Pa­ris (Xe). Anne-Ma­rie a dé­jà plu­sieurs fois échan­gé sa mai­son. Elle a donc se­rei­ne­ment lais­sé la sienne à Phi­lippe et sa fa­mille et compte pro­fi­ter de la ca­pi­tale.

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