Sale été pour les lé­gumes, les fruits et les consom­ma­teurs

ALI­MEN­TA­TION. Clé­mente cet hi­ver et dé­fa­vo­rable de­puis le prin­temps, la drôle de mé­téo de 2016 est res­pon­sable de la chute des pro­duc­tions et des prix qui s’en­volent.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG

LES ASTRES étaient mal ali­gnés de­puis le dé­but. Hi­ver trop doux, prin­temps trop froid, manque de so­leil puis ex­cès de cha­leur, pa­ra­sites… et en­fin une mé­téo qui freine la consom­ma­tion : pour les fruits et lé­gumes d’été, 2016 res­te­ra comme une an­née mo­rose. Les pro­duc­teurs s’in­quiètent dé­jà et les consom­ma­teurs trouvent la fac­ture sou­vent sa­lée pour des pro­duits pas tou­jours au top de la qua­li­té. Dé­tail.

Ca­tas­trophe pour l’abri­cot

« La ré­colte d’abri­cots a chu­té, spé­cia­le­ment la va­rié­té ber­ge­ron qui re­pré­sente 50 % de notre pro­duc­tion. Elle a dé­vis­sé de… 70 % ! » rap­porte Bru­no Dar­naud, pré­sident de l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs de pêches et abri­cots. La pro­duc­tion toutes va­rié­tés confon­dues a chu­té, elle, de 30 %. D’où des prix par­fois dis­sua­sifs. « On ré­flé­chit, dit-il, à im­plan­ter une va­rié­té com­pa­tible avec le chan­ge­ment cli­ma­tique. »

In­quié­tude sur la pêche

« Avec l’hi­ver très doux, les arbres ne se sont pas re­po­sés, puis il a ge­lé, la flo­rai­son des pê­chers a été longue et a pro­duit sou­vent de pe­tits fruits », dé­taille Thier­ry Mey­nier, de Sa­li­nelles (Gard). La co­opé­ra­tive Conserve-Gard qu’il pré­side à Nîmes est pour­tant char­gée d’ali­men­ter l’usine St Ma­met voi­sine en pro­duits de haute qua­li­té pour les trans­for­mer en fruits au si­rop. « Je re­doute main­te­nant une chute de pro­duc­tion de 25 % sur notre ver­ger co­opé­ra­tif, alors que nos coûts de ra­mas­sage ont aug­men­té », ré­sume-t-il. Se­lon Agreste, le ser­vice des sta­tis­tiques du mi­nis­tère de l’Agriculture, le chiffre d’af­faires de la pêche va re­cu­ler de 29 % en 2016.

Le prix de la to­mate flambe

Mal­gré une pro­duc­tion en hausse de 3 %, le prix de la to­mate s’en­vole. Mo­tif : « La mé­téo n’a pas pous­sé à la consom­ma­tion quand les étals se sont rem­plis, dé­but juillet. En­suite, les to­mates sont de­ve­nues plus rares et les clients en vou­laient ! » dé­crypte Laurent Ber­gé, pré­sident de l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs de to­mates et concombres. Le so­leil re­ve­nu, les prix ont alors vi­ré au rouge : + 48 % en juillet, se­lon Agreste.

Le concombre sau­vé par les Al­le­mands

Si le concombre fran­çais s’en sort, « c’est parce que les in­tem­pé­ries ont dé­truit de nom­breuses ex­ploi­ta­tions en Hol­lande. Les Al­le­mands, qui en sont friands, se sont tour­nés vers la pro­duc­tion fran­çaise », pour­suit en­fin Laurent Ber­gé.

La ce­rise vic­time des mouches

Peu de so­leil et trop de mouches. La ce­rise fran­çaise n’a pas sur­vé­cu à ce cock­tail qui a fait chu­ter sa pro­duc­tion de 16 %. Pré­sident du Mou­ve­ment de dé­fense des ex­ploi­tants fa­mi­liaux, Ray­mond Gi­rar­di dé­nonce l’in­ter­dic­tion d’uti­li­ser le di­mé­thoate, seul in­sec­ti­cide ef­fi­cace contre la mouche dro­so­phile : « Il est au­to­ri­sé dans d’autres pays, c’est dé­loyal. »

Le chou-fleur fait chou blanc

Pro­duit à 77 % en Bre­tagne, le chou-fleur qui ar­rive sur les étals est plus rare et de piètre qua­li­té, se­lon Agreste. La faute au manque de so­leil en juin et à une ré­colte en baisse de 19 % qui a dé­jà fait bon­dir les prix.

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