Pa­ris mieux que Londres ou New York

IN­NO­VA­TION. Si on choi­sit la qua­li­té de vie plu­tôt que le sa­laire, la ca­pi­tale fran­çaise offre un cadre pri­vi­lé­gié pour créer une start-up ou y tra­vailler. Mais Ber­lin ou Am­ster­dam sont en­core plus at­trac­tifs.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG

PA­RIS plus at­trac­tif que Londres et New York pour conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et vie per­son­nelle dans les start-up ! C’est la sur­prise du der­nier clas­se­ment réa­li­sé par Ex­pert Mar­ket, qui conseille les jeunes pousses. Le top 20 qu’elle vient de pu­blier, con­trai­re­ment à ce­lui de Com­pass qui fait ré­fé­rence, prend en compte des cri­tères de per­for­mance des in­cu­ba­teurs, mais aus­si des cri­tères so­ciaux et de qua­li­té de vie au tra­vail.

2e pour les congés. C’est ain­si que l’in­cu­ba­teur-ac­cé­lé­ra­teur pa­ri­sien Nu­ma (ex-Si­li­con Sen­tier), qui sou­tient au­jourd’hui 85 start-up, ar­rive en deuxième po­si­tion pour le nombre de jours de congés payés ac­cor­dés : 25 jours. Un gros avan­tage face aux pôles amé­ri­cains, dont ceux de San Fran­cis­co et Los An­geles qui n’en fi­nancent… au­cun. Seule la Tech Ci­ty de Londres fait mieux que Pa­ris, avec 28 jours.

Des lo­ge­ments abor­dables. En re­vanche, la ca­pi­tale fran­çaise est bien plus abor­dable quand il s’agit de se lo­ger : 1 232 € par mois en moyenne à dé­bour­ser pour un sa­la­rié de start-up contre 2 447 € à Londres. Mais avec une 16e place pour le coût de la vie à Pa­ris, le Nu­ma ar­rive loin der­rière le no 1 : la Si­li­con Al­lee de Ber­lin (754 €). La ca­pi­tale al­le­mande se dis­tingue aus­si par le temps de trans­port do­mi­cile-tra­vail. En­fin, le Nu­ma est troi­sième en ma­tière de ra­pi­di­té pour lan­cer un bu­si­ness.

Mais des sa­laires faibles. Par­mi les points noirs, la France — et l’Eu­rope en gé­né­ral — pèche face aux EtatsU­nis au ni­veau des ré­mu­né­ra­tions, deux fois plus im­por­tantes outre-At­lan­tique qu’à Pa­ris, Londres ou Ber­lin. Des quatre pôles eu­ro­péens fi­gu­rant dans ce top 20, Pa­ris est ce­lui qui ré­mu­nère le moins ses in­gé­nieurs : 47 000 €/an en moyenne.

L’éton­ne­ment. « Que Ber­lin soit en tête est peu sur­pre­nant, ex­plique Oli­vier Mou­ge­not, di­rec­teur des in­ves­tis­se­ments au Nu­ma. Et que nous de­van­cions Londres et New York, c’est bien. Mais ce qui me sur­prend c’est de voir Am­ster­dam de­vant nous. Si au­jourd’hui, je cherche un lieu qui offre des ta­lents, qui bouge, qui soit proche d’un maxi­mum de ca­pi­tales, je choi­sis la France. Pa­ris a une très forte com­mu­nau­té de jeu- nes pousses, des évé­ne­ments comme Vi­va­tech où se re­trouvent 5 000 start-up du monde en­tier… Près de 500 jeunes en­tre­prises sont pas­sées par nos pro­grammes d’aide, dont cer­tains cham­pions (NDLR : comme BlaB­laCar), et 80 % de nos start-up sur­vivent au-de­là de cinq ans. C’est un jo­li cock­tail. »

Et la fuite des cer­veaux ? Si la France est ré­pu­tée pour for­mer d’ex­cel­lents in­gé­nieurs, beau­coup de jeu- nes di­plô­més quittent la France, no­tam­ment pour les Etats-Unis où les sa­laires sont su­pé­rieurs. « A nous de créer les condi­tions pour re­te­nir nos ta­lents, ré­plique Oli­vier Mou­ge­not. En France, le droit du tra­vail ne fa­ci­lite pas la vie des jeunes en­tre­pre­neurs, et il faut que ces start-up qui peinent à le­ver des fonds consacrent moins d’ar­gent aux charges so­ciales et plus à leur dé­ve­lop­pe­ment. » Comme un mes­sage…

Ber­lin (Al­le­magne). La ca­pi­tale al­le­mande dé­croche la pre­mière place et se dis­tingue no­tam­ment par les loyers bas et par le temps de trans­port do­mi­cile-tra­vail.

Pa­ris (IIe). L’in­cu­ba­teur-ac­cé­lé­ra­teur Nu­ma, qui sou­tient 85 start-up, fait la dif­fé­rence sur le nombre de jours de congés mais pèche cô­té ré­mu­né­ra­tions.

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