Mayer, le nou­veau dieu du stade

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - De l’un de nos en­voyés spé­ciaux SAN­DRINE LE­FÈVRE

AVEC KÉ­VIN MAYER, mé­daillé d’ar­gent du dé­cath­lon, la France s’est trou­vé une nou­velle idole. Un look de sur­feur, un sou­rire ra­va­geur et un ta­lent dé­vas­ta­teur. « Ké­vin, c’est le fu­tur re­cord­man du monde, le Ash­ton Ea­ton (NDLR : cham­pion olym­pique et pre­mier dé­cath­lo­nien à avoir f ran­chi l a barre des 9 000 points) de la pro­chaine olym­piade », ré­sume Re­né Au­guin, son agent sportif.

« J’ai 24 ans, je suis vice-cham­pion olym­pique, j’ai fait la 6e meilleure per­for­mance mon­diale de tous les temps mais je vais conti­nuer à bos­ser dur afin d’at­teindre ce que per­sonne n’a ja­mais at­teint », pro­met dé­jà la star. De l’as­su­rance, il en faut pour en­chaî­ner dix dis­ci­plines et ac­cep­ter d’en ba­ver. Mais Mayer, c’est aus­si une tête bien faite (bac scien­ti­fique puis études de me­sures phy­siques). « Il est in­tel­li­gent, s’ex­prime bien et n’a pas un phy­sique dé­me­su­ré, ce qui le rend proche des gens, re­marque Vir­gile Caillet, spé­cia­liste en mar­ke­ting sportif. Ké­vin est ty­pi­que­ment un dieu du stade. Son seul han­di­cap, c’est de pra­ti­quer une dis­ci­pline qui n’est pas vi­sible tout au long de l’an­née. »

Preuve d’une sa­crée ma­tu­ri­té, le mé­daillé d’ar­gent n’a pas at­ten­du de briller à Rio pour s’en­tou­rer. Lau­rence Da­cou­ry gère ses re­la­tions mé­dias et il a confié ses in­té­rêts à l’avo­cate Del­phine Ve­rhey- den, qui s’oc­cupe éga­le­ment de Ted­dy Ri­ner, Re­naud La­ville­nie, Ear­vin N’Ga­peth et Mar­tin Four­cade. A l’époque, Mayer, cham­pion du monde ju­niors, mon­trait dé­jà de sé­rieuses ap­ti­tudes. « Avant les Jeux, on était ty­pi­que­ment dans une stra­té­gie de grande car­rière, c’est une pé­riode où il ne fal­lait pas prendre trop de contrats trop vite, sou­ligne l’avo­cate. Si­gner vingt contrats à 10 000 €, ce­la n’a pas de sens. »

Gar­der la tête froide

En ar­ri­vant à Rio, Ké­vin Mayer avait ain­si trois spon­sors : Nike, son équi­pe­men­tier, Co­ca-Co­la monde (pour l’an­née des Jeux), ain­si qu’un par­te­naire ré­gio­nal. Son avè­ne­ment au Bré­sil va très cer­tai­ne­ment chan­ger la donne. « Il a fran­chi un cap sportif. Du coup, il est mé­dia­ti­que­ment connu, ce qui de­vrait gé­né­rer des contrats, es­time Del­phine Ve­rhey­den. Ké­vin va par­ler à un pu­blic qui n’est pas seule­ment fé­ru de sport. On peut s’at­tendre à re­ce­voir beau­coup de de­mandes, dans tous les sens. Il fau­dra s’ef­for­cer de gar­der la tête froide. Il a cette par­ti­cu­la­ri­té d’être très beau gar­çon. Il fau­dra, par exemple, évi­ter de tom­ber dans les sté­réo­types. »

Ké­vin Mayer, qui a mis à mal le re­cord de France de Ch­ris­tian Pla­ziat, qui da­tait de 1990, est sur or­bite. « C’est Ted­dy Ri­ner à l’époque de Londres, on est dans cette sphère-là », es­time l’avo­cate des deux cham­pions. Voi­là qui pro­met.

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