Au bout de la souf­france

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - S.L.

sont bou­le­ver­santes. Ce qu’a vé­cu et tra­ver­sé Yo­hann Di­niz du­rant ce 50 km marche sous un so­leil de plomb se passe presque de mots. Fi­na­le­ment 8e, il a mon­tré à quel point il est pos­sible de re­pous­ser loin la souf­france. Sa ré­sis­tance a été hé­roïque. Pen­dant plus de trois heures et qua­rante-cinq mi­nutes, il a fait par­ta­ger son ef­froyable cal­vaire. On l’a d’abord vu eu­pho­rique, s’échap­pant dès les pre­miers ki­lo­mètres. Puis on a eu la confir­ma­tion qu’il était dé­ci­dé­ment un cham­pion hors normes.

Par­fois plié en deux à cause de dou­leurs gas­triques dès le 10e ki­lo­mètre, sou­vent la bouche ou­verte, Yo­hann Di­niz s’est ef­fon­dré, à mi­course, sur le bi­tume de Rio. Avant de se re­le­ver et de re­par­tir. Puis de s’ar­rê­ter à nou­veau et s’as­seoir. Puis de re­par­tir. A l’ar­ri­vée, à bout de forces, le triple cham­pion d’Eu­rope a été trans­por­té sur une chaise jus­qu’à une tente mé­di­cale où il a été pla­cé sous per­fu­sions.

Comme une ma­lé­dic­tion

« Il a don­né une vé­ri­table le­çon de cou­rage, il s’est bat­tu jus­qu’au bout pour ho­no­rer le maillot de l’équipe de France », es­time Pas­cal Chi­rat, ma­na­geur de la marche. L’ex-en- traî­neur de Di­niz avoue avoir son­gé à le stop­per. « Quand on voit un ath­lète perdre sa lu­ci­di­té, on songe avant tout à pro­té­ger son in­té­gri­té phy­sique, mais on ne fait pas ar­rê­ter un gar­çon comme Yo­hann Di­niz ! » For­cé à l’aban­don à Pé­kin en 2008, dis­qua­li­fié à Londres en 2012, le Ré­mois, 38 ans, n’ima­gi­nait pas ne pas fi­nir cette course.

Chi­rat et Di­niz se sont par­lé après l’ar­ri­vée. « Yo­hann était très dé­çu et ré­pé­tait que les Jeux, ce n’était dé­ci­dé­ment pas pour lui », ra­conte l’en­traî­neur. Hier soir, après des exa­mens, Yo­hann Di­niz était en­fin sor­ti de l’hô­pi­tal.

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