Les Maîtres du temps

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - De l’un de nos en­voyés spé­ciaux STÉ­PHANE BIANCHI

HAND­BALL (H). FRANCE - AL­LE­MAGNE 29-28. La France en a rê­vé, les Ex­perts l’ont fait. Pour la pre­mière fois dans l’his­toire du sport fran­çais, filles et gar­çons du même sport col­lec­tif bri­gue­ront le titre olym­pique. Hier, au len­de­main de l’émou­vante qua­li­fi­ca­tion des joueuses d’Oli­vier Krumb­holz en fi­nale, les troupes de Claude Ones­ta ont sui­vi le mou­ve­ment en dé­cro­chant, eux aus­si, leur billet. Au bout d’un scé­na­rio de dingue. Comme pour re­haus­ser un peu plus l’ex­ploit !

Dans un fi­nal épous­tou­flant, Da­niel Nar­cisse a qua­li­fié les siens d’un der­nier tir sur le gong. « On a mal gé­ré le match, souffle Mi­chaël Gui­gou. Ça a été dur, mais l’ex­pé­rience et la dé­ter­mi­na­tion ont comp­té. On était dans le dur et Da­niel nous sort ce tir à la der­nière se­conde, un tir ve­nu d’ailleurs. » Lu­ka Ka­ra­ba­tic, en ren­fort : « C’est in­croyable ce que Da­niel a fait. Ça prouve qu’il est l’un des plus grands joueurs de l’his­toire. » C’est parce qu’il sa­vait pou­voir comp­ter sur lui que, sur le der­nier temps mort, Di­dier Di­nart, son an­cien par­te­naire de­ve­nu son en­traî­neur, a dit à Nar­cisse, plus frais, que c’était à lui de prendre le der­nier tir. Coa­ching ga­gnant !

Ils ne sont plus qu’à une heure d’un tri­plé in­édit

Mais que ce fut in­tense ! Car non contente de rem­por­ter sa troi­sième de­mi-fi­nale olym­pique d’af­fi­lée, c’est en­core une par­ti­tion en­le­vée, presque sans fausse note qu’a jouée hier l’équipe de France dans une Fu­ture Are­na sub­ju­guée. Face aux cham­pions d’Eu­rope, les Ex­perts ont long­temps ex­pri­mé leur meilleur hand­ball, à l’image d’un Thier­ry Omeyer im­pé­rial.

Pour­tant, l’Al­le­magne s’est ac­cro­chée, re­ve­nant à éga­li­té dans la der­nière mi­nute du temps ré­gle­men­taire (28_28). C’est alors là qu’in­ter­vint Da­niel Nar­cisse, frap­pant à 2 se­condes d’une in­sou­te­nable pro­lon­ga­tion qui n’au­ra ja­mais lieu. « Il n’y a pas de hé­ros, in­siste l’au­teur du but de la qua­li­fi­ca­tion. On ne fait pas ça pour nous in­di­vi­duel­le­ment. On fait ça pour l’ob­jec­tif com­mun. L’état d’es­prit de l’équipe a été in­croyable. Peu im­porte qui marque ou qui fait l’ar­rêt. Tout le tra­vail au­tour est ex­tra­or­di­naire, pour trans­for­mer un en­semble de joueurs in­croyable en une équipe in­croyable. »

De son tir vic­to­rieux, Nar­cisse a souf­flé sur les cendres de l’éli­mi­na­tion des Bleus en de­mie du mon­dial 2007 pour rap­pe­ler, de fa­çon aus­si cruelle que ma­gique, à ses an­ciens bour­reaux al­le­mands que les Ex­perts s’étaient construit ce jour-là. Et que de­puis, ils s’étaient mis en tête de ne plus rien cé­der. Après être en­trés dans l’his­toire en de­ve­nant la pre­mière équipe de sport col­lec­tif fran­çaise à dé­cro­cher deux titres olym­piques, les Bleus sont dé­sor­mais en passe d’en­trer dans la lé­gende. En cas de vic­toire de­main (face au Da­ne­mark ou à la Po­logne qui s’af­fron­taient hier soir), ils se­raient les pre­miers à se cou­vrir trois fois d’or d’af­fi­lée en hand­ball. Ren­dez-vous est pris. Pour l’his­toire. « On ne veut pas s’ar­rê­ter là », confie ain­si Lu­ka Ka­ra­ba­tic. « Main­te­nant, on va la ga­gner cette fi­nale », ap­puie Omeyer. Il faut faire confiance aux Ex­perts.

Fu­ture Are­na (Rio), hier soir. Les Ex­perts se sont fait peur face aux Al­le­mands en ar­ra­chant leur ti­cket pour la fi­nale dans les der­nières se­condes. Da­niel Nar­cisse (n° 8) a dé­li­vré les siens d’un tir sur­puis­sant.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.