Oba­ma et Clin­ton votent pour elle

MU­SIQUE. An­dra Day, chan­teuse amé­ri­caine de 31 ans, réus­sit un coup de maître avec son pre­mier al­bum. Un bi­jou entre soul et jazz. Aux Etats-Unis, elle est en­cen­sée.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - An­dra Day ÉRIC BU­REAU

EN UNE AN­NÉE, An­dra Day est pas­sée de l’ombre à la lu­mière. Des stu­dios amé­ri­cains, où elle était cho­riste, aux der­niers Gram­my Awards, dont elle fut l’une des ré­vé­la­tions avec deux no­mi­na­tions, meilleur al­bum de R’n’B et meilleure per­for­mance live. Tout ce­la par la grâce d’une voix af­fo­lante et d’un pre­mier al­bum aus­si ma­gni­fi­que­ment mé­tis­sé qu’elle, « Cheers to the Fall », cock­tail de soul et de jazz à l’an­cienne, re­haus­sé de doo-wop et de hip-hop.

War­ner l’a sor­ti en France après huit mois d’un suc­cès gran­dis­sant aux EtatsU­nis, où la chan­teuse mul­ti­plie les concerts cet été, avant de s’en­vo­ler au Ja­pon en sep­tembre, puis, es­pé­rons-le, de re­pas­ser pro­chai­ne­ment par l’Hexa­gone. Car chaque concert lui ap­porte de nou­veaux fans. Sa pre­mière scène pa­ri­sienne, ce prin­temps en pre­mière par­tie de Leon Bridges, lui a va­lu deux stan­ding ova­tions. Et son pas­sage au « Pa­ri­sien » - « Ajourd’hui en France », pour un live acous­tique (à dé­cou­vrir sur Le­pa­ri­sien.fr) a pro­vo­qué bien des coups de foudre.

On la com­pare beau­coup à Amy Wi­ne­house. Et ce­la la flatte d’au­tant qu’elle par­tage le ta­lent rare d’être à la fois une grande in­ter­prète et com­po­si­trice du désa­mour, avec des chan­sons de la classe de « Rise Up », « Gold », « Rear­view » ou « Ci­ty Burns ». Heu­reu­se­ment, An­dra Day pré­fère le cock­tail thé-ba­nanes au vod­ka-hé­roïne. « Amy Wi­ne­house était si jeune quand le suc­cès lui est tom­bé des­sus et avec une telle puis­sance, sou­pire-t-elle. Moi, j’ai 31 ans, j’ai mis dix ans à ac­cu­mu­ler as­sez de vie et de ma­tu­ri­té pour mon pre­mier al­bum. Par­fois, on me dit C’est vieux pour com­men­cer une car­rière ! Je ne le crois pas. Je sais qui je suis et ce que je veux. Je suis prête. »

Qui est-elle ? An­dra est née Cas­san­dra à Seat­tle et a gran­di à San Die­go dans une fa­mille mé­tisse réunis­sant des ori­gines noire amé­ri­caine, juive, al­le­mande et fran­çaise du cô­té ma­ter­nel. En­fant, elle a com­men­cé à chan­ter du gos­pel à l’église, puis elle a dé­cou­vert au col­lège les lé­gendes du jazz et de la soul, de Billie Ho­li­day à Ni­na Si­mone. Très vite per­sua­dée qu’elle fe­rait un mé­tier dans le spec­tacle — mu­sique, danse ou co- mé­die —, elle suit des études su­pé­rieures ar­tis­tiques où elle a tout ap­pris, jus­qu’à la mu­sique clas­sique.

Après avoir hé­si­té entre Broad­way et Los An­geles, entre pop et jazz, elle a ga­gné sa vie en chan­tant pour d’autres, dont le rap­peur fran­çais Rohff, avec qui elle a tour­né le clip de « la Grande Classe ». Jus­qu’au jour où Ste­vie Won­der l’a dé­cou­verte et l’a per­sua­dée de chan­ter en so­lo. « Sa com­pagne m’avait vu sur In­ter­net, sou­rit An­dra Day. Il m’a ap­pe­lée pour qu’on tra­vaille en­semble. Mon dieu, au té­lé­phone, je tremblais comme une feuille. Sur mon al­bum, il a joué de l’har­mo­ni­ca sur Ci­ty Burns, ma chanson pré­fé­rée. »

Com­bien sont tom­bés sous son charme de­puis ! Ra­phael Saa­diq a co­pro­duit l’al­bum, Spike Lee a réa­li­sé son pre­mier clip, Marc Ja­cobs l’a choi­sie comme égé­rie — « pour mes te­nues de scène, j’ado­re­rais tra­vailler avec Jean Paul Gaul­tier et Ch­ris­tian La­croix », glisse-t-elle ma­li­cieu­se­ment —, Len­ny Kra­vitz et Leon Bridges l’ont em­bar­quée sur leur tour­née, Mi­chelle Oba­ma l’a in­vi­tée à se pro­duire trois fois à la Mai­sonB­lanche, elle a chan­té ré­cem­ment pour Hilla­ry Clin­ton… « Je ne suis pas une ar­tiste po­li­ti­sée, mais je sou­tiens Hilla­ry pour ce qu’elle fait pour les droits des femmes, pré­cise-t-elle. La réus­site de Trump est vrai­ment dé­con­cer­tante. Qu’est-ce que le monde pen­se­ra de nous s’il est élu ? » VI­DÉO

« Sur mon al­bum, Ste­vie Won­der a joué de l’har­mo­ni­ca sur ma chanson pré­fé­rée »

An­cienne cho­riste, An­dra Day se tient main­te­nant sur le de­vant de la scène et est cou­verte de louanges de part et d’autre de l’At­lan­tique.

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