Week-end bio à Ver­gonnes

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Ver­gonnes (Maine-et-Loire) De nos en­voyés spé­ciaux Textes : PIERRE VAVASSEUR Pho­tos : OLI­VIER ARAN­DEL

LE HA­SARD est sou­vent un clin d’oeil. La preuve, pour nous rendre au Fes­ti­val de l’Arbre qui marche, nous avons dor­mi dans le vil­lage de Nyoi­seau, près de Se­gré. On y a ad­mi­ré les ruines de l’ab­baye, sa­lué la pé­tillante pa­tronne du P’tit Bar où l’on trouve des sourires et des jour­naux, dé­cou­vert la mé­moire mi­nière du pays telle qu’on le li­ra ci-des­sous et hop, la route nous a ré­cu­pé­rés. Ré­cu­pé­rés c’est le mot puisque L’arbre qui marche, qui se tient jus­qu’à de­main soir dans le sec­teur du ma­rais de Ver­gonnes, à Pouan­cé, est éco­fes­ti­val de la ré­cup. Rien ne s’y perd, tout se trans­forme. C’est aus­si un fes­ti­val sans al­cool. Il a d’ailleurs dé­mar­ré hier à mi­di à l’eau claire, pluie bat­tante sur les toi­lettes sèches. On s’en doute, cette ma­ni­fes­ta­tion qui dé­am­bule de la Bre­tagne à l’An­jou rêve ac­ti­ve­ment d’une so­cié­té sans pes­ti­cides ni en­grais de syn­thèse. Elle n’a pas non plus le look Ro­ta­ry Club. Ici, le sa­rouel et l’écharpe de por­tage avec bé­bé in­té­gré consti­tuent le dress code d’un art de sur­vivre sans dé­ran­ger la na­ture.

Fer­di­nand et Mé­li­na, 20 ans à tout cas­ser, lui de Va­lence, elle de Bruxelles, nous briefent sur des bar­be­cues de chauf­fage faits de bric et de broc. « Ça s’ap­pelle des rocket stove dit le jeune homme. La cuis­son se fait avec du pe­tit bois. Ils ne font pas de fu­mée. On peut s’en ser­vir dans un ca­mion. » Dans un ca­mion ! Dire qu’on avait failli shoo­ter de­dans sans faire ex­près !

Des ate­liers en tout genre et des concerts dès 18 heures

Ici, tout est ex­pé­ri­men­ta­le­ment ex­pé­ri­men­té. Tout fonc­tionne à l’huile de coude et ne coûte rien. Un pied de chaise en buis tor­du et sa corde en ro­tin donnent un « arc à bouche » qui fait de la mu­sique. Les tentes sont des ti­pis ou des « flex-yourtes » à soixante-douze bam­bous. Jacques, un an­cien ma­çon qui s’est abî­mé le dos et le mo­ral à force d’être au pied du mur, a re­cy­clé sa vie il y a un an et de­mi dans la fa­bri­ca­tion de gui­tares-box. Un manche de pioche ou de pelle, une car­casse d’an­cienne ra­dio, une boîte de bis­cuits en mé­tal, un en­jo­li­veur de Com­bi Volks­wa­gen et le tour est joué. Même les mé­dia­tors sont in­gé­nieu­se­ment poin­çon­nés dans des cou­vercles de bacs à glace. Jacques n’a plus be­soin de mon­ter des murs. Il monte la gamme de ses mo­dèles, dé­jà deux cents, et il n’a plus le blues.

A Bé­dé, dans les en­vi­rons de Rennes où il a ins­tal­lé son en­tre­prise, les stages qu’il pro­pose sont com­plets jus­qu’en juillet 2017. En­vie de re­cy­cler au der­nier mo­ment sans ver­gogne votre week-end ? Pas­sez par Ver­gonnes. Met­tez les doigts dans la prise de ces cou­rants al­ter­na­tifs. Ame­nez-y les mômes. Il y a des ate­liers en tout genre et des concerts dès 18 heures mais at­ten­tion : c’est guim­barde et ba­la­fon, tam­bou­rin et did­ge­ri­doo. Si­non, pas la peine d’ap­por­ter votre man­ger. Des ma­raî­chers bio­lo­giques ont tout ce qu’il faut. Marc et Louis par exemple, de la GAEC de la Pe­tite Mâne, pro­posent la pe­tite manne de leurs pro­duits : pi­ment Et­na, to­mate étoile de Da­vid — pe­tite et brune comme un bou­ton de porte — ou concombre ci­tron. On goûte. C’est d’une in­fi­nie dou­ceur. On irait bien pré­pa­rer notre frich­ti à la cui­sine au­to­gé­rée mais il faut re­par­tir. A cause de l’averse, le cam­ping-car est em­bour­bé. Il re­part grâce au trac­teur du maire sous l’éner­gie so­laire re­trou­vée. Jus­qu’à de­main soir, à Ver­gonnes, le ma­rais. Ta­rif : 20 € la jour­née. Gra­tuit pour les moins de 15 ans. Jacques, le lu­thier sau­vage de gui­tares-box

Ver­gonnes (Maine-et-Loire), hier. Au Fes­ti­val de l’Arbre qui marche, on se pro­mène entre les ti­pis et on écoute Jacques, fa­bri­cant de gui­tares-box.

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