Cha­peau quand même, les filles

Fi­nale.

Aujourd'hui en France - - A METZ, LA MIRABELLE PAIE SA TOURNÉE - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux STÉ­PHANE BIAN­CHI

CE N’ÉTAIT PAS la Jour­née de la femme es­pé­rée : aban­don de Pau­line Fer­randP­ré­vot (VTT), dé­faite des bas­ket­teuses dans la pe­tite fi­nale, la boxeuse Sa­rah Ou­rah­moune pri­vée d’or. Les der­niers es­poirs re­po­saient sur les joueuses de l’équipe de France de hand­ball. Bat­tues 2219, les filles d’Oli­vier Krumb­holz ont dû se ré­soudre à lais­ser la plus belle des mé­dailles à la Rus­sie, leur pire en­ne­mie, qui leur avait dé­jà joué un mau­vais tour en quarts de fi­nale des Jeux de Pé­kin en 2008, au terme d’un match ex­trê­me­ment ser­ré (32-31 a.p.).

Hier, Si­ra­ba Dem­bé­lé et ses amies au­raient évi­dem­ment pré­fé­ré don­ner rai­son au my­thique Ev­gue­ni Tre­fi­lov, confor­ter le mas­sif sé­lec­tion­neur russe dans son idée qu’il au­rait mieux va­lu « croi­ser la route du Ni­ca­ra­gua ou des USA » sur le che­min de la ruée vers l’or. Mais, cette fois, la ma­gie bleue n’a pas opé­ré avec la même force, la même puis­sance, qu’en quart et en de­mi-fi­nale, où les Fran­çaises ont sem­blé se construire un al­liage in­des­truc­tible. Cette fois, la marche était trop haute, l’ad­ver­saire trop co­riace pour ces guer­rières qui ont échoué d’un rien mal­gré les vents contraires. En dé­pit d’une pre­mière pé­riode de dingue, Aman­dine Ley­naud (11 ar­rêts), han­di­ca­pée par son dos, n’a pu te­nir tout le match dans sa cage.

Pre­mière mé­daille olym­pique

L’en­trée de la sur­pre­nante Lau­ra Glau­ser, ef­fi­cace re­layeuse, au­rait peut-être pu suf­fire si les shoo­teuses tri­co­lores s’étaient mon­trées plus ef­fi­caces et n’avaient pas, sur­tout, per­du leur ca­non­nière ve­dette, Alexan­dra La­cra­bère (épaule), en plein coeur de la ré­volte.

Cette équipe de France de hand­ball ne se­ra donc pas la pre­mière bande de filles du sport fran­çais à s’in­vi­ter sur la plus haute marche d’un po­dium olym­pique. Mais, hier, elles ont imi­té Cé­line Du­merc et ses Bra­queuses, qui s’étaient cou­vertes d’ar­gent à Londres.

Après seize ans à se prendre les pieds dans le ta­pis, quatre olym­piades à se faire ca­bos­ser par les échecs, cette mé­daille olym­pique, la pre­mière pour nos hand­bal­leuses, est plus qu’une vic­toire. Elle est in­con­tes­ta­ble­ment une réus­site pour elles, et pour leur coach, Oli­vier Krumb­holz, re­ve­nu aux af­faires dans ce but. Lun­di, elles re­par­ti­ront certes vers Pa­ris sans s’être his­sées au ni­veau de leurs ho­mo­logues mas­cu­lins, sa­crés, eux, à deux re­prises avant la fi­nale de ce soir face au Da­ne­mark. Mais elles pour­ront néan­moins les re­gar­der droit dans les yeux, avec le sen­ti­ment de pou­voir as­su­mer en­fin ce sur­nom qu’elles traî­naient comme un bou­let de­puis le Mon­dial 2007 en France : des femmes de dé­fis !

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