Com­ment ils jouent la pri­maire sur In­ter­net

DROITE. A trois mois du scru­tin, les can­di­dats ont tous in­ves­ti le Web et mènent une ba­taille achar­née sur les ré­seaux so­ciaux. Avec des res­sem­blances, mais aus­si un style propre à cha­cun.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - TEXTES : CA­MILLE MORDELET

C’EST DE­VE­NU un ou­til in­con­tour­nable. Certes, la cam­pagne de la pri­maire à droite se mène en­core sur le ter­rain, mais elle se joue aus­si — et sur­tout — sur le Web. Tous les can­di­dats sont sur Fa­ce­book, Tw Twit­ter, Ins­ta­gram ou Linke- Alain Jup­pé a été le pre­mier à s’être plei­ne­ment in­ves­ti dans sa cam­pagne nu­mé­rique. Il s’y est pris tôt, dans la fou­lée de sa can­di­da­ture, confor­mé­ment à sa vo­lon­té de ra­jeu­nir son image. Le maire de Bor­deaux a re­cru­té comme di­rec­trice de cam­pagne nu­mé­rique Eve Zu­cker­man, une Fran­co-Amé­ri­caine de 22 ans, qui avait tra­vaillé dans le staff d’Oba­ma. « Je suis ve­nue pour construire sur un ter­rain en friche. C’est chose faite, sou­ri­telle. Main­te­nant il faut ar­ri­ver à se re­nou­ve­ler en per­ma­nence et ce n’est pas fa­cile. » D’au­tant que, se­lon elle, il a de­puis été lar­ge­ment « pla­gié » dans ses mé­thodes par ses concur­rents. dIn. A l’image de leurs pro­grammes, ces cam­pagnes nu­mé­riques se res­semblent, mais cha­cun des pos­tu­lants cherche à mar­quer sa dif­fé­rence. @cmor­de­let ChezC Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, on a dé­ci­dé de pa­rier sur l’hu­mourl’ et la dé­ri­sion, par­ti­cu­liè­re­ment à tra­vers des films courts.c Sa vi­déo de pro­mo­tion de cam­pagne avait fait le buzz en juillet.j La can­di­date y dé­tour­nait les pa­roles de ses ad­ver­saires pourp faire croire qu’ils la sou­te­naient dans cette pri­maire. « NKM consi­dère que les vi­déos trans­forment la fa­çon de com­mu­ni­quer sur des su­jets de fond », ex­plique Au­rore Lon­guet, sa conseillère en com­mu­ni­ca­tion. Cette stra­té­gie ne s’ar­rête pas à la pa­ro­die. L’ex-se­cré­taire d’Etat en charge du Nu­mé­rique a com­men­cé cette se­maine à dif­fu­ser des vi­déos de sa tour­née ée d d’été. été. Bru­no Le Maire aime lui aus­si le se­cond de­gré. « A la suite d’un Snap­chat (NDLR : ré­seau de pho­tos ins­tan­ta­nées) du groupe des Jeunes avec BLM mon­trant un chat avec des lu­nettes de so­leil, il y a eu beau­coup de ré­ac­tions de la part de jeunes qui sont en­trés en contact avec nous via l’ap­pli­ca­tion pour en sa­voir plus sur notre can­di­dat. J’étais la pre­mière sur­prise » », ra­conte Ké­liane Mar­te­non, 24 ans, qui se pré­sente comme la « Cheffe des In­ter­net » du can­di­dat. Les Fa­ce­book Live, séances vi­déo en di­rect, peu chers et men­suels, sont aus­si un ren­dez-vous im­por­tant. « On re­cense 16 000 connexions par heure à chaque Fa­ce­book Live, se ré­jouit-elle. En plus, ce­la nous fait de la ma­tière à re­cy­cler pourp ur des pu­bli­ca­tions fu­tures.fu­tu »

L’ini­tia­teur LaL pas­sion­née de vi­déos La carte jeunes

Fé­ru de nou­velles tech­no­lo­gies, Fran­çoi­sis Fillon a un compte Twit­ter pour tout : les es femmes, les en­tre­pre­neurs, les jeunes et chaque co­mi­té de sou­tien. Pour Gau­tier Gui­gnard, son di­rec­teur de cam­pagne nu­mé­rique, « Twit­ter est très pra­tique pour re­layer un mes­sage au­près d’un pu­blic ci­blé. Mais Fa­ce­book en France est plus in­té­res­sant, c’est 30 mil­lions d’uti­li­sa- teurs, bien plus que Twit­ter (NDLR : 6 mil­lions). » Mais le can­di­dat n’est pas for­cé­ment sen­sible à cette lo­gique. « Fran­çois Fillon est à fond sur Twit­ter, se dé­sole à moi­tié Gau­tier Gui­gnard. On doit par­fois lui dire de le lâ­cher. » Gui­gnard mar­tèle aus­si que le camp Fillon est à l’ori­gine d’une in­no­va­tion fran­çaise : un mee­ting di­gi­tal en mai der­nier. Si la salle réunis­sait 1 000 per­sonn per­sonnes, ce sont plus de 10 0 000 connex nexions qui ont été re­cen­sées, ave avec des que ques­tions po­sées en d di­rect au can can­di­dat sur des smart­phones.

CDLe com­mu­nau­taire L’om­ni­pré­sent

Ni­co­las Sar­ko­zy n’est pas en­core of­fi­ciel­le­ment can­di­dat. Mais il est ce­lui qui sus­cite le plus d’in­té­rêt sur In­ter­net. Sa pré­sence y est plus im­por­tante que celle de tous les can­di­dats à la pri­maire réunis (13 au­jourd’hui) ! Son prin­ci­pal site de sou­tien, NS, a été construit de fa­çon pro­fes­sion­nelle à l’aide de Na­tion Buil­der, un ou­til nu­mé­rique amé­ri­cain que ses prin­ci­paux concur­rents dé­jà en cam­pagne uti­lisent. Et Sar­ko­zy, en tant que pré­sident du par­ti, bé­né­fi­cie de l’ap­pa­reil LR — avec son lis­ting d’adhé­rents, ses res­sources mé­dia­tiques, ses réunions. Ce que dé­noncent les autres can­di­dats.

Pho­to de pro­fil Fa­ce­book d’Alain Jup­pé. d dif­fus if­fuse se Sur sa chaî­nec haîne You­Tube,YouT ube, Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet des vi­déos la mettant en scène dans sa sa tour­née tour­née d’été. d’été

Bru­no Le Maire sur Snap­chat, com­mu­nique ren­voyer vers no­tam­ment pour ses di­rects Fa­ce­book.

Ni­co­las Sar­ko­zy, en plus de son site NS, peut comp­ter sur les moyens du par­ti.

Fran­çois Fillon a plu­sieurs comptes de cam­pagne sur Twit­ter.

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