Le pro­gramme made in France de Mon­te­bourg

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - PHI­LIPPE MAR­TI­NAT

DU LOURD. Ar­naud Mon­te­bourg va sor­tir au­jourd’hui la grosse ar­tille­rie à l’oc­ca­sion de la fête de Fran­gy-enB­resse (Saône-et-Loire) où il se dé­cla­re­ra can­di­dat à l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2017. Si l’an­cien mi­nistre du Re­dres­se­ment pro­duc­tif ne don­ne­ra pas d’in­di­ca­tion claire sur sa par­ti­ci­pa­tion à la pri­maire du PS — « pour le mo­ment on veut main­te­nir la pres­sion sur la Rue de Sol­fe­ri­no afin d’ob­te­nir la ga­ran­tie que le scru­tin ne se­ra pas ver­rouillé », in­dique son en­tou­rage —, il de­vrait en re­vanche pré­sen­ter un ar­se­nal de pro­po­si­tions chocs pour le pro­chain quin­quen­nat.

Dans un re­gistre vo­lon­tiers sou­ve­rai­niste, le chantre du made in France en­tend mettre en place un man­dat « vo­té par le peuple » pour re­né­go­cier avec Bruxelles cer­taines dis­po­si­tions com­mu­nau­taires. Se­lon nos in­for­ma­tions, Mon­te­bourg pro­met par exemple s’il est élu pré­sident d’en­ga­ger un bras de fer avec la Com­mis­sion pour sup­pri­mer la di­rec­tive sur les tra­vailleurs dé­ta­chés. Quitte à l’in­ter­dire uni­la­té­ra­le­ment sur le sol fran­çais. Il en­vi­sage par ailleurs de re­voir les mé­ca­nismes des com­mandes pu­bliques afin de fa­vo­ri­ser les en­tre­prises fran­çaises.

Un ser­vice pu­blic lo­cal de l’em­ploi

Dans la fibre pa­trio­tique, Mon­te­bourg va an­non­cer le re­tour d’un ser­vice na­tio­nal obli­ga­toire pour les gar­çons et les filles, se­lon de nou­velles mo­da­li­tés. Les jeunes concer­nés de­vront don­ner un peu de leur temps et de leur éner­gie au pays pour ré­pondre à des en­jeux de so­li­da­ri­té et de dé­ve­lop­pe­ment no­tam­ment. Ob­jec­tif, se­lon un proche, « re­nou­ve­ler l’idée de na­tion, de com­mu­nau­té d’in­té­rêts de droits et de de­voirs ».

Sur le plan éco­no­mique, l’an­cien mi­nistre de Ber­cy sou­haite créer une grande banque cou­vrant les risques des PME, l’ac­tuelle BPI (Banque pu­blique d’in­ves­tis­se­ment) étant ju­gée utile mais sous-di­men­sion­née. Plus ori­gi­nale, la créa­tion d’un ser­vice pu­blic lo­cal de l’em­ploi, pla­cé « sous contrôle ci­toyen » au ni­veau ré­gio­nal.

En ma­tière de pou­voir d’achat, Mon­te­bourg, qui s’est re­con­ver­ti dans le pri­vé après sa sor­tie du gou­ver­ne­ment en sep­tembre 2014, pro­pose que les sa­la­riés touchent une par­ti­ci­pa­tion plus im­por­tante sur les bé­né­fices de leur en­tre­prise. En­fin il vou­drait of­frir la pos­si­bi­li­té à quatre mil­lions de lo­ca­taires du parc HLM d’ac­qué­rir leur lo­ge­ment.

Hen­ri Em­ma­nuel­li, dé­pu­té PS des Landes, qua­li­fie d’« ir­res­pon­sables » Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon. Dans un en­tre­tien à « Sud Ouest », l’ex-pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, fi­gure de l’aile gauche du PS, se dé­clare « hos­tile à l’idée d’une pri­maire si le pré­sident sor­tant est can­di­dat. Je trouve ce­la in­adé­quat, in­con­gru et, pour tout dire, à la li­mite dan­ge­reux ».

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