Fi­ni les re­pas, voi­ci la poudre à boire

NU­TRI­TION. Le mix prêt à l’em­ploi s’in­vite à table pour man­ger sans perdre de temps.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - BÉRANGÈRE LE­PE­TIT

IMAGINEZ un monde où l’on avale de la poudre à boire cou­vrant ses be­soins jour­na­liers. Science-fic­tion ? Plus tout à fait. Soylent, Ma­na et Joylent, trois start-up amé­ri­caine, tchèque et hol­lan­daise, pro­posent une bois­son nu­tri­tive cen­sée rem­pla­cer notre ali­men­ta­tion. Prix du re­pas va­li­dé par les au­to­ri­tés sa­ni­taires amé­ri­caines et eu­ro­péennes : entre 1,30 € et 3 €. Fi­ni, donc, le temps pas­sé à mas­ti­quer et à faire la vais­selle. « Ga­gnez du temps, de l’ar­gent, évi­tez les ef­forts », clame la marque Ma­na, ba­sée à Prague, sur son site où elle dé­taille les in­gré­dients uti­li­sés dans ce qui res­semble à du milk-shake. Créée fin 2015, la start-up de 20 sa­la­riés as­sure vendre l’équi­valent de 50 000 jour­nées d’ali­men­ta­tion par mois. Sous forme de bois­sons goût ba­nane ou myr­tille riches en fibres, pro­téines, et cé­réales.

Un mar­ché mon­dial

Dès l’an pro­chain, ses breu­vages se­ront pro­po­sés dans les gares, sta­tions­ser­vices et sta­tions de mé­tro en Al­le­magne et en Ré­pu­blique tchèque, ses deux prin­ci­paux mar­chés (65 % des ventes, la France étant le troi­sième dé­bou­ché). « Cette bois­son saine contient tous les nu­tri­ments dont nous avons be­soin, ex­pose Ja­cob Kre­j­cik, le fon­da­teur de Ma­na. Elle per­met de ga­gner du temps, de la pro­duc­ti­vi­té et de ga­gner en ef­fi­ca­ci­té. »

Lan­cée en 2014 en Ca­li­for­nie, la marque pion­nière Soylent — en ré­fé­rence au film de science-fic­tion « So­leil vert — a sé­duit les geeks de la Si­li­con Val­ley. A San Fran­cis­co, des dî­ners entre amis… sans dî­ner sont dé­jà or­ga­ni­sés. La lé­gende dit que Rob Rhi­ne­hart, l’in­gé­nieur amé­ri­cain à l’ori­gine de Soylent a conçu son pro­duit mi­racle seul, dans sa cui­sine. Il pré­tend que son re­pas li­quide ne contient au­cun des ad­di­tifs et co­lo­rants pré­sents dans les mets in­dus­triels. Et qu’il pour­rait sub­ve­nir aux be­soins de toute la pla­nète. Sommes-nous condam­nés de­main à boire nos re­pas ? « C’est une ques­tion d’équi­libre, ré­pond Kre­j­cik. Il y a les re­pas que nous par­ta­geons en fa­mille et avec nos amis. Et ceux où nous ne vou­lons pas gas­piller de pro­duc­ti­vi­té. »

« Cette bois­son est un fan­tasme, un rêve tech­no­lo­gique qui cor­res­pond bien à notre so­cié­té de la per­for­mance, et aux pays où l’ali­men­ta­tion est plus fonc­tion­nelle qu’en France, es­time Eric Bir­louez, so­cio­logue du goût. Dans l’ali­men­ta­tion, il y a aus­si le goût, l’odeur, l’échange, la so­cia­bi­li­té, le temps pas­sé à pré­pa­rer le re­pas. » Au­tant d’in­gré­dients ir­rem­pla­çables.

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