« On fe­ra peut-être un film sur nous un jour »

Alek Skar­la­tos

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Ch­ris Nor­man LOUISE COLCOMBET

« QUI SAIT, on fe­ra peut-être un film sur nous un jour ! » s’amu­sait Alek Skar­la­tos, de pas­sage à Pa­ris en juin avec Spen­cer Stone et An­tho­ny Sad­ler, ses amis d’en­fance. Une plai­san­te­rie qui pour­rait bien se concré­ti­ser tant les trois jeunes Amé­ri­cains sont de­ve­nus de vé­ri­tables stars, dont l’in­croyable his­toire est ra­con­tée dans un livre* à pa­raître la se­maine pro­chaine aux Etats-Unis.

Sé­rieu­se­ment bles­sé au cou et à l a main g a uc he par l e c ut t e r d’Ayoub el-Khaz­za­ni lors d’un violent corps à corps pour le maî­tri­ser, Spen­cer Stone n’a qua­si­ment pas de sé­quelles, si ce n’est une lé­gère rai­deur dans le pouce gauche. « J’ai eu un su­per chi­rur­gien ! » re­mer­ciait ré­cem­ment ce­lui qui a de nou­veau frô­lé la mort en oc­tobre, cette fois en Ca­li­for­nie. Alors qu’il pre­nait la dé­fense de l’une de ses amies, il a été poi­gnar­dé au coeur et au pou­mon à la sor­tie d’un bar. « Ça me fe­ra des choses à ra­con­ter à mes en­fants… » sou­riait-il. Un acte de bra­voure qui a ren­for­cé son sta­tut de hé­ros, même si comme son co­pain Alek Skar­la­tos, qui a no­tam­ment par­ti­ci­pé à la ver­sion amé­ri­caine de l’émis­sion « Danse avec les stars », il reste pour l’heure em­ployé par l’ar­mée amé­ri­caine.

« Les vrais hé­ros, ce sont eux », sou­ligne en­core au­jourd’hui Ch­ris Nor­man, dé­co­ré de la Lé­gion d’hon- neur comme les trois jeunes. Ce con­sul­tant fran­co-bri­tan­nique de 63 ans qui avait prê­té main-forte pour im­mo­bi­li­ser Ayoub el-Khaz­za­ni dans le Tha­lys, conti­nue, un an après, de se voir comme « un ac­teur re­la­ti­ve­ment mi­neur », même si son at­ti­tude lui a sans doute per­mis d e s e r e me t t r e . « Heu­reu­se­ment, je me suis i ns­crit dans l ’ ac­ti on, j e n’ai pas su­bi la si­tua­tion », se fé­li­cite-il, tout en se de­man­dant « ce qu’il se se­rait pas­sé si Spen­cer et Alek n’avaient pas été là »… S’il ne pro­nonce ja­mais le mot de « trau­ma­tisme », Ch­ris Nor­man a mis plu­sieurs mois à re­prendre son tra­vail, mais aus­si le Tha­lys. « De­puis, dès que je suis dans un avion ou dans un train, je scrute at­ten­ti­ve­ment les gens au­tour de moi », ad­met ce­lui qui a « re­vé­cu avec une in­fi­nie tris­tesse » cet épi­sode trau­ma­ti­sant lors des at­ten­tats de Pa­ris, Bruxelles et Nice. « J’ai aus­si de la co­lère, car je me dis qu’il y a un lien avec les cel­lules belges, et que mal­gré l’ar­res­ta­tion d’Ayoub el-Khaz­za­ni, les po­li­ciers n’ont pas réus­si à les stop­per… Je me de­mande com­ment ar­rê­ter ce phé­no­mène. Je ré­flé­chis beau­coup, mais je suis comme tout le monde, je crois que mal­heu­reu­se­ment je n’ai pas la ré­ponse. »

« Dès que je suis dans un avion ou dans un train, je scrute at­ten­ti­ve­ment les gens au­tour de moi »

*« The 15:17 to Pa­ris: The True Sto­ry of a Ter­ro­rist, a Train, and Th­ree Ame­ri­can He­roes »

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