Le coup de fo­lie du père de Na­thaël, 9 ans

RAPT. Comme en 2012, il a en­le­vé son fils avant d’être in­ter­pel­lé hier ma­tin avec l’en­fant, re­trou­vé sain et sauf grâce au dis­po­si­tif Alerte En­lè­ve­ment. L’homme est pré­sen­té comme un mar­gi­nal.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Mor­moi­ron (Vau­cluse) De notre cor­res­pon­dante Fran­çoise, la mère de Na­thaël MU­RIELLE KASPRZAK

FRAN­ÇOISE OS­CIL­LAIT hier après­mi­di entre an­goisse et sou­la­ge­ment. Son fils, Na­thaël, âgé de 9 ans, a été re­trou­vé en bonne san­té dans la ma­ti­née grâce à des té­moins, au bord d’un ruis­seau, près de Bé­dar­rides (Vau­cluse), douze heures après le dé­clen­che­ment de l’Alerte En­lè­ve­ment qui, une fois en­core, a per­mis une heu­reuse is­sue.

Sé­pa­ré de Fran­çoise de­puis plu­sieurs an­nées, Pa­trick B., 58 ans, s’était glis­sé, dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di, au do­mi­cile de ses pa­rents, à Ro­me­nay, en Saône-et-Loire, où le pe­tit gar­çon était en va­cances. Il avait dis­po­sé des cous­sins dans son lit pour si­mu­ler sa pré­sence, avant de l’em­me­ner en voi­ture en di­rec­tion du Vau­cluse, où il ré­side. En 2012, il avait pro­fi­té d’un droit de garde pour sous­traire Na­thaël à sa mère pen­dant deux mois, faits pour les­quels il avait été condam­né en 2014. « C’était im­pen­sable qu’il re­passe à l’acte, parce que des me­sures avaient été prises pour évi­ter qu’on se re­trouve dans cette si­tua­tion, mais il y avait en­core beau­coup de crainte, re­con­naît Fran­çoise, une aide à do­mi­cile de 40 ans qui vit dans le Var. Mal­heu­reu­se­ment, per­sonne ne peut le rai­son­ner. Il est dans l’op­po­si­tion et il a des ten­dances im­pré­vi­sibles. »

En mars, un juge aux af­faires fa­mi­liales avait re­ti­ré au père de Na­thaël son droit de garde et de vi­site et ac­cor­dé à sa mère l’exer­cice ex­clu­sif tem­po­raire de l’au­to­ri­té pa­ren­tale. « Il le sa­vait, mais il a choi­si la so­lu­tion de force », a ex­pli­qué le vice-pro­cu­reur de Mâ­con, Fré­dé­ric Jacques, re­le­vant la dif­fi­cul­té de cet homme à ac­cep­ter les dé­ci­sions de jus­tice.

Le plan Alerte En­lè­ve­ment avait été dé­clen­ché ven­dre­di soir pour la 18e fois de­puis sa mise en place en 2006, en rai­son des an­té­cé­dents ju­di­ciaires du père et de son ca­rac­tère in­stable et violent. « Il y avait un fais­ceau d’in­dices qui nous a ame­nés à prendre les pré­cau­tions d’usage », a jus­ti­fié Fré­dé­ric Jacques. Sans pro­fes­sion ni compte ban­caire, Pa­trick B. vi­vait en mar­gi­nal à Mor­moi­ron, un village au pied du mont Ven­toux. « On le ren­con­trait très ra­re­ment, on voyait plus ses trois ou quatre voi­tures sta­tion­nées un peu n’im­porte com­ment et qui oc­ca­sion­naient des pro­blèmes de voi­si­nage, in­dique le maire, Ré­gis Sil­vestre. Son do­mi­cile est un tau­dis avec tout ce que vous pou­vez ima­gi­ner à l’in­té­rieur. »

Pla­cé en garde à vue à Avi­gnon, Pa­trick B. de­vait être trans­fé­ré dans les lo­caux de la sec­tion de re­cherches de la gen­dar­me­rie de Di­jon, char­gée de l’en­quête, puis pré­sen­té à la jus­tice pour en­lè­ve­ment et sé­ques­tra­tion. Il fe­ra l’ob­jet d’une ex­per­tise psy­chia­trique, acte au­quel il avait re­fu­sé de se sou­mettre par le pas­sé. « J’es­père que les bonnes dé­ci­sions se­ront prises pour que ça ne se re­pro­duise pas », sou­haite Fran­çoise. Na­thaël, qui va ren­trer en CM 1 dans quelques jours, est « so­ciable, très ave­nant et très in­tel­li­gent, il prend beau­coup sur lui. Je ne sais pas quel im­pact tout ce­la au­ra sur lui au­jourd’hui, de­main, dans un fu­tur proche et loin­tain », s’in­quiè­tet-elle. « J’au­rais vou­lu ne ja­mais vivre ce jour-là. »

« C’était im­pen­sable qu’il re­passe à l’acte »

le­pa­ri­sien.fr Na­thaël a été re­trou­vé « grâce à Alerte En­lè­ve­ment »

Bé­dar­rides (Vau­cluse), hier. Le vé­hi­cule de Pa­trick B. (ci-des­sous, à d.), le père de Na­thaël (ci-des­sous, à g.), est sai­si par les gen­darmes.

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