Il nous manque dé­jà

LÉ­GENDE. De l’or, des re­cords, une fou­lée et des mi­miques uniques, un cha­risme dingue, Usain Bolt in­car­nait l’ath­lé de­puis 2008. Il va fal­loir s’ha­bi­tuer à faire sans lui.

Aujourd'hui en France - - SPORT HIPPIQUE - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Ch­ris­tophe Le­maitre, mé­daillé de bronze sur 200 m SAN­DRINE LEFÈVRE

APRÈS L’ASIE en 2008 et l’Eu­rope en 2012, Usain Bolt a pro­fi­té des Jeux olym­piques pour sé­duire et conqué­rir le conti­nent amé­ri­cain en même temps qu’il a com­plé­té sa col­lec­tion de mé­dailles (9, toutes en or). Et le taux de rem­plis­sage du stade olym­pique de Rio a rap­pe­lé la place prise par le phé­no­mène de­puis son ap­pa­ri­tion dans le grand monde en 2008 quand il pas­sa, en quelques mois et quelques courses, de dé­bu­tant sur 100 m à re­cord­man du monde, puis cham­pion olym­pique et même triple cham­pion olym­pique.

Un vrai coup de Foudre. Du­rant les épreuves d’ath­lé de ces Jeux, donc, le sta- de son­nait creux sauf quand IL était an­non­cé. Avec ses fa­cé­ties, ses pas de danse, ses mi­miques face ca­mé­ras et son sens in­com­pa­rable du spec­tacle, Bolt le ma­gi­cien a en­core une fois élec­tri­sé la foule. Mais c’était la der­nière fois aux Jeux olym­piques. Oui, Usain Bolt a fait ses adieux aux Jeux. Il fête ses 30 ans au­jourd’hui et, même si on ai­me­rait croire à un mi­racle, le Ja­maï­quain ne se­ra pas à To­kyo dans quatre ans. Et il lais­se­ra un im­mense vide, plus grand en­core que ce qu’on peut an­ti­ci­per. « Je sa­vais que ce mo­ment al­lait ar­ri­ver, j’ai des sen­ti­ments mé­lan­gés, avoue Bolt. Ce sport va me man­quer, l e s J e ux vont me man­quer parce que les JO sont pour un ath­lète le plus gros évé­ne­ment pos­sible. » « Avec ce qu’il a fait, il y au­ra un avant et un après Bolt, Les gens vont de­voir se pré­pa­rer à ne plus le voir, es­time Ch­ris­tophe Le­maitre, qui a ter­mi­né 3e de ce qui pour­rait être le der­nier 200 m du maître. Ça nous fe­ra tout drôle de voir un autre nom que le sien tout en haut du pan­neau de ré­sul­tats. Je ne suis pas du genre à ido­lâ­trer des spor­tifs, mais il faut re­con­naître que ce qu’il a fait est tout sim­ple­ment fa­bu­leux. Il a tout écra­sé. Pen­dant très, très long­temps, on se sou­vien­dra de Bolt. Il mé­rite sa place au Pan­théon du sprint pour l’éter­ni­té, et même au-de­là si c’est pos­sible. » Il quitte donc la scène olym­pique sur un triple tri­plé, 100 m, 200 m et 4 x 100 m en 2008, 2012 et 2016. « Ja­mais je ne pen­sais que je se­rais ca­pable de faire le triple triple aux Jeux, avoue le… triple re­cord­man du monde qui est éga­le­ment onze fois cham­pion du monde. Au pre­mier tri­plé, j’étais sim­ple­ment heu­reux, le deuxième était un dé­fi et réus­sir le troi­sième est juste quelque chose d’in­croyable. J’es­père que j’ai mis la barre suf­fi­sam­ment haut pour que per­sonne ne puisse le re­faire. » Alors que l’autre lé­gende des Jeux, Mi­chael Phelps, a ti­ré sa ré­vé­rence voi­là quelques jours, Bolt en­tame sa tour­née d’adieux. Se­lon toute v r a i s e mbla n c e , S a Ma­jes­té l ’ achè­ve­ra dans tout juste un an, à l’oc­ca­sion des Cham­pion­nats du monde à Londres. Avec la sa­tis­fac­tion d’avoir fait le bou­lot : « J’ai prou­vé que je suis le plus grand de ce sport. Pour moi, c’est une mis­sion ac­com­plie. »

« Au pan­théon du sprint »

Le Ja­maï­cain signe le re­cord du monde sur 200 m. Il a amé­lio­ré par la suite ce temps aux Mon­diaux de Ber­lin en 2009 (19’’19). In­tou­chable sur la piste lon­do­nienne, (ici, sa vic­toire sur le 100 m). Rio (Bré­sil), ven­dre­di. En rem­por­tant le re­lais 4 x 100 m avec le sprint ja­maï­quain, Usain Bolt glane son neu­vième titre olym­pique. Il signe ain­si « un triple tri­plé » (100 m, 200 m et 4 x 100 m) sur trois Jeux olym­piques d’af­fi­lée (Pé­kin, Londres et Rio).

Pé­kin (Chine), le 20 août 2008.

Londres (Royaume-Uni), le 5 août 2012. Usain Bolt conti­nue d’écrire sa lé­gende

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