Batz, c’est bath !

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Ile de Batz (Fi­nis­tère) De notre en­voyée spé­ciale NO­RA MO­REAU

LE CALME PLAT à quinze mi­nutes de la côte. Pour ac­cé­der à la douce re­traite de Batz, il faut par­tir du port de Ros­coff. En lon­geant le vieux port, après avoir contour­né l’em­bar­ca­dère qui voit gra­vi­ter les mas­to­dontes de la Bri­tan­ny Fer­ries, on aper­çoit le re­lief et le phare de l’île, dont la su­per­fi­cie avoi­sine les 3,2 km2. Une fois pas­sé les 580 m de l’es­ta­cade de Ros­coff, que l’on doit fou­ler à ma­rée basse, la tra­ver­sée peut s’ef­fec­tuer.

Quand on pose le pied sur l’île, le dé­pay­se­ment est to­tal. Cette com­mune au­to­nome, forte de 496 âmes toute l’an­née et de plus de 2 000 ré­si­dents l’été, fonc­tionne à son rythme, quelle que soit la sai­son. « En juille­taoût, on peut par­fois même ra­jou­ter 2 000 à 3 000 per­sonnes de pas­sage pour la jour­née », note le maire, Guy Ca­bioch, na­tif de l’île, an­cien ma­rin­pê­cheur, édile de­puis 1995. En été, les ro­ta­tions des na­vettes, à moi­tié prix pour les in­su­laires, sont plus nom­breuses qu’en hi­ver — sai­son où le jour­nal ne peut être li­vré aux su­pé­rettes et au bar-ta­bac qu’avec le tout pre­mier ba­teau… à 10 heures.

A Batz, on marche beau­coup, on fait pas mal de vé­lo, mais on prend aus­si — un peu — la voi­ture. « C’est un pro­blème, sou­pire Guy Ca­bioch. Je ne peux pas in­ter­dire aux gens de se faire li­vrer leurs propres vé­hi­cules. Mais notre bourg n’est pas adap­té à des condi­tions de cir­cu­la­tion. »

Une belle ac­ti­vi­té agri­cole

La force tou­ris­tique du ter­ri­toire ré­side dans la di­ver­si­té de sa faune et de sa flore pro­té­gées mais aus­si dans l’his­toire re­li­gieuse de l’île et ses lé­gendes, toutes étroi­te­ment liées à Pol Au­ré­lien, moine évan­gé­li­sa­teur gal­lois qui de­vint, au VIe siècle, l’un des sept saints fon­da­teurs de la Bre­tagne conti­nen­tale. Ce qui sur­prend aus­si est le cli­mat, très doux, qui per­met une bel l e act i vi t é agr i c ol e s ur l’île : 24 ex­ploi­ta­tions sur 170 ha de ter­rain. « Chez nous, c’est plu­tôt pommes de terre et écha­lotes, glisse le maire. Un peu de fe­nouil, de per­sil et de pe­tits lé­gumes, aus­si. La pêche connaît un nou­vel es­sor : ici le goé­mon, la lotte, la raie et le tur­bo en ce mo­ment. Des crus­ta­cés, des co­quilles et des tour­teaux en hi­ver. »

En cas de pé­pin, le ca­not SNSM des se­cours en mer et ses vo­lon­taires veillent au grain. Un mé­de­cin est en poste toute l’an­née. L’an­cien doc­teur, fi­dèle de­puis vingt-cinq ans, vient de lais­ser place à une consoeur, An­nie Gu­nen­bein, qui a dé­ci­dé de quit­ter Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour s’ins­tal­ler sur l’île, dans sa ré­si­dence se­con­daire. La seule ombre au ta­bleau, se­lon les Baz­tiens, est l’ab­sence de gen­darmes. « On leur a mis un lo­cal d’ha­bi­ta­tion à dis­po­si­tion, mais ils n’ont ja­mais pas­sé de nuit sur l’île. » Ce qui fait râ­ler les lo­caux, sur­tout l’été, quand on dé­barque en foule sans mé­na­ge­ment du « conti­nent »…

Ile de Batz (Fi­nis­tère). Cette terre sau­vage, si­tuée en face de Ros­coff, est riche en his­toires lé­gen­daires, toutes liées au moine Pol Au­ré­lien, l’un des sept saints fon­da­teurs de la Bre­tagne.

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