« Pour convaincre votre ban­quier, ar­ri­vez pré­pa­ré »

Serge Maître,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

POUR CE RE­PRÉ­SEN­TANT des consom­ma­teurs, un client sou­hai­tant pro­fi­ter de la baisse des taux d’in­té­rêt n’ob­tien­dra rien de son ban­quier s’il se pré­sente à lui les mains dans les poches, sans pro­po­si­ti on concrète, écrite, d’au moins un éta­blis­se­ment concur­rent. Est-ce simple de re­né­go­cier son cré­dit immobilier ? SERGE MAÎTRE. Non, re­né­go­cier n’est pas chose fa­cile. Si vous al­lez dans votre agence pour re­voir les condi­tions de votre em­prunt, votre ban­quier va faire la gri­mace. C’est un peu comme si vous de­man­diez à un com­mer­çant de re­voir à la baisse les prix in­di­qués sur ses éti­quettes. Pour le convaincre, vous de­vez donc ar­ri­ver pré­pa­ré. Com­ment se pré­pa­rer à cette confron­ta­tion ? Avant même de prendre ren­dez­vous avec votre ban­quier, tes­tez la concur­rence. Ap­pe­lez trois ou quatre banques et re­ve­nez vers votre éta­blis­se­ment d’ori­gine avec des pro­po­si­tions écrites. Votre ban­quier pour­ra dif­fi­ci­le­ment s’ali­gner sur les offres que vous lui pré­sen­tez, mais il vous pro­po­se­ra au moins de ré­duire un peu le coût de votre em­prunt. Si ce­la coince, vous pou­vez adap­ter votre de­mande, en lui pro­po­sant non pas de re­voir à la baisse vos men­sua­li­tés mais de rac­cour­cir la du­rée du prêt. Ce­la peut l’in­té­res­ser et vous ga­gne­rez ain­si quelques an­nées de traite. Entre 65 % et 70 % des dos­siers sont ré­so­lus de cette ma­nière. Et si ce­la ne fonc­tionne pas ? Vous pou­vez vous adres­ser di­rec­te­ment à d’autres banques, ou sol­li­ci- ter un cour­tier. At­ten­tion, cette deuxième op­tion a un coût. Avant de s’en­ga­ger, le cour­tier doit d’ailleurs vous pré­sen­ter un contrat où fi­gurent ex­pli­ci­te­ment ses frais. Ce type d’éta­bl i s s e ment v o us de­man­de­ra sou­vent de do­mi­ci­lier vos re­ve­nus dans la banque qu’il vous trou­ve­ra et vous pro­po­se­ra des pro­duits com­plé­men­taires comme des as­su­rances. Le re­cours à ce type d’éta­blis­se­ment est au­jourd’hui moins in­té­res­sant fi­nan­ciè­re­ment que par le pas­sé, lorsque les taux d’in­té­rêt dé­pas­saient 3 %. L’avan­tage du cour­tier, c’est le confort : il dé­mar­che­ra les banques en votre nom. Il peut aus­si être utile pour les dos­siers les plus com­plexes. Si je change de banque, suis-je obli­gé de ré­si­lier aus­si les prêts an­nexes, de moindre mon­tant, qui com­plètent le mon­tage ini­tial comme le prêt à taux zé­ro (PTZ) ou des fi­nan­ce­ments ob­te­nus au­près du « 1 % pa­tro­nal » ? Non, ne croyez pas les ban­quiers qui vous disent ce­la, rien ne lie le PTZ au sort du prêt prin­ci­pal. Le fait de chan­ger de banque pour son em­prunt immobilier n’en­traîne pas l’obli­ga­tion de dé­lo­ca­li­ser aus­si le PTZ et com­pa­gnie. Et que se passe-t-il pour l’as­su­rance em­prun­teur ? Quand on change son prêt de banque, c’est peut-être le bon mo­ment de re­voir aus­si l’as­su­rance em­prun­teur. L’an­cienne po­lice est rom­pue. Et vous êtes libre de sous­crire ou non l’as­su­rance de votre nou­velle banque, no­tam­ment en ayant re­cours à des as­su­reurs spé­cia­li­sés.

Leur banque se mon­trant peu com­mer­ciale, Vé­ro­nique et Louis Lé­vé­nez ne se sont pas dé­mon­tés : ils se sont tour­nés vers d’autres éta­blis­se­ments pour faire jouer la concur­rence. Ré­sul­tat : ils réa­lisent une éco­no­mie im­por­tante sur leur cré­dit immobilier.

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