Pour­quoi les taux sont-ils aus­si bas ?

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

Ima­gi­nez un peu. Se­lon la Banque de France, les taux à l’ha­bi­tat ne dé­pas­saient pas les 1,86 % en juin der­nier contre 3,88 % en juin 2012 et 5,2 % en dé­cembre 2008 ! Et en­core, il ne s’agit que de moyennes. Se­lon le cour­tier Meilleur­taux, un em­prun­teur moyen peut es­pé­rer du 1,45 % pour une du­rée d’em­prunt de quinze ans et 1,68 % sur vingt ans. Les em­prun­teurs peuvent re­mer­cier… la crise. C’est en ef­fet pour ten­ter de ré­veiller une crois­sance mo­rose que la Banque cen­trale eu­ro­péenne (BCE) a sor­ti l’ar­tille­rie lourde pour sou­te­nir le cré­dit. Tout est mis en place pour que les banques se « re­fi­nancent » à moindre coût, c’est-à-dire qu’elles trouvent, à bas prix, une grande quan­ti­té d’ar­gent pour le prê­ter aux mé­nages. A eux en­suite de consom­mer, de faire cons­truire des mai­sons, d’ache­ter un bien pour faire re­par­tir la crois­sance. « La BCE a ac­ti­vé la planche à billets », ré­sume l’éco­no­miste Marc Toua­ti, pré­sident du ca­bi­net Ac­de­fi. Mais la fai­blesse des taux aux par­ti­cu­liers est aus­si le fruit du sys­tème ban­caire fran­çais. « Con­trai­re­ment à ce qui se pra­tique ailleurs, les banques fran­çaises n’ac­cordent pas uni­que­ment des prêts en fonc­tion de la va­leur de re­vente du bien (l’hy­po­thèque). Elles tiennent compte des re­ve­nus de l’em­prun­teur, de sa ca­pa­ci­té à rem­bour­ser ses traites. Les em­prun­teurs font donc ra­re­ment dé­faut en France », ex­plique Michel Mouillart, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té Pa­ris-Ouest-Nan­terre. Or, peu de dé­faut, ce sont des coûts en moins à sup­por­ter pour le sys­tème ban­caire, donc la pos­si­bi­li­té de bais­ser un peu plus les taux d’in­té­rêt pra­ti­qués aux par­ti­cu­liers.

Une si­tua­tion qui pour­rait du­rer

Mais jus­qu’à quand cette si­tua­tion de taux bas va-t-elle du­rer ? « Le ni­veau des taux ac­tuel­le­ment n’a pas de sens, je ne vois pas com­ment ils pour­raient des­cendre en­core plus bas », as­sure pour­tant l’éco­no­miste Marc Toua­ti. Même s’il n’ex­clut pas que, dans les pro­chains mois, les taux flirtent avec les 1,5 %, l’éco­no­miste Michel Mouillart es­time pour sa part que « nous al­lons cer­tai­ne­ment res­ter avec ces ni­veaux de taux d’in­té­rêt jus­qu’à la fin de l’an­née ».

Franc­fort-sur-le-Main (Al­le­magne). La BCE, Banque cen­trale des pays de l’eu­ro­zone, veut re­lan­cer la crois­sance.

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