Bay­rou perd son der­nier dé­pu­té

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - CHARLES SA­PIN

PAS DE COM­MEN­TAIRE. Au siège du MoDem, on peine à com­prendre les vel­léi­tés du « dé­pu­té qui marche ». Jean Las­salle, le vieux com­pa­gnon de route de Fran­çois Bay­rou, vient de le ré­af­fir­mer à « Ouest-France » : il ne re­nou­vel­le­ra pas son adhé­sion au par­ti cette an­née. Or, le dé­pu­té des Py­ré­nées-At­lan­tiques était de­puis 2013 le seul re­pré­sen­tant du mou­ve­ment cen­triste à l’As­sem­blée na­tio­nale.

Certes, le Béar­nais avait me­na­cé dès mars de tra­cer son propre che­min vers 2017, en se sé­pa­rant du par­ti dont il était jusque-là vice-pré­sident. Mais deux mois seulement après les élec­tions ré­gio­nales, sa me­nace avait été in­ter­pré­tée comme une simple ro­do­mon­tade. Celle d’un dé­pu­té di­gé­rant mal ne pas avoir été in­ves­ti tête de liste en Aqui­taine. Er­reur. En congé du par­ti de­puis mars, le dé­pu­té a créé sa propre struc­ture et part même en quête des 500 par­rai­nages né­ces­saires pour concou­rir à l’élec­tion pré­si­den­tielle. « Fran­che­ment, ce­lui qui com­prend Jean Las­salle, qu’il me té­lé­phone », lâche un in­time de Bay­rou.

Reste que la sor­tie de Las­salle laisse le pa­tron du MoDem bien es­seu­lé. Ce dé­part s’ajoute à ceux de plu­sieurs sou­tiens de centre-droit, comme Jean Ar­thuis, après le vote de Bay­rou en 2012 pour Fran­çois Hol­lande, comme à ceux des te­nants de l’aile gauche du par­ti, der­rière Jean-Luc Ben­nah­mias et Ch­ris­tophe Ma­drolle, en 2014.

Quels sou­tiens pour une éven­tuelle course à l’Ely­sée ?

Fran­çois Bay­rou n’est pas lui-même can­di­dat à la pri­maire de la droite et du centre. Il sou­tient la can­di­da­ture d’Alain Jup­pé. Mais, en cas d’échec du maire de Bor­deaux en no­vembre, le lea­deur cen­triste n’a pas ca­ché son ap­pé­tit pour une qua­trième course ély­séenne. Avec quels sou­tiens ?

« Il manque des troupes par rap­port aux autres an­nées, c’est vrai, mais estce que ça a réel­le­ment de l’im­por­tance ? re­la­ti­vise un proche du maire de Pau. Il y a une si­tua­tion par­ti­cu­liè­re­ment pro­pice à une can­di­da­ture du centre, or qui peut mieux in­car­ner le centre que lui ? » « Le pro­blème de Fran­çois Bay­rou, c’est qu’il croit en­core être l’homme pro­vi­den­tiel, tacle Jean-Luc Ben­nah­mias, can­di­dat à la pri­maire de la gauche. Le MoDem, ce n’est pas un par­ti, c’est un fan-club. Sauf que, pour ga­gner, il faut sa­voir se struc­tu­rer. » Quoi qu’il en soit, le lea­deur cen­triste croit en un ali­gne­ment des pla­nètes fa­vo­rable pour 2017. Par­ti­cu­liè­re­ment pré­sent dans les mé­dias cet été, il fi­nit de peau­fi­ner un « livre-pro­gramme » qui sor­ti­ra en oc­tobre chez Plon.

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