« Il faut dé­fi­nir un cadre lé­gis­la­tif, so­cial et fis­cal »

Tho­mas Thé­noud,

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE -

Au­teur d’un rap­port en 2014 sur la co­ha­bi­ta­tion entre les VTC et les taxis, le dé­pu­té PS de Saône-et-Loire, Tho­mas Thé­ve­noud, dé­plore les fraudes dans le monde de l’éco­no­mie col­la­bo­ra­tive.

Des chauf­feurs de VTC es­timent que les prix pra­ti­qués par Uber ne leur per­mettent pas de s’en sor­tir, sur­tout de­puis la baisse des ta­rifs fin 2015. Qu’en pen­sez-vous ?

THO­MAS THÉ­VE­NOUD. Je vous rap­pelle que cette baisse de ta­rifs a pro­vo­qué la première ma­ni­fes­ta­tion des VTC. Bien­ve­nu en France ! Ces mé­tiers sont très pré­caires. A par­tir du mo­ment où la si­tua­tion est dif­fi­cile à la fin du mois, ce n’est pas vrai­ment une sur­prise qu’il puisse y avoir de mau­vaises pra­tiques. Etes-vous cho­qué par le tra­vail au noir dans le secteur des VTC ? Bien sûr que ce­la me choque ! Il faut dé­mys­ti­fier l’éco­no­mie col­la­bo­ra­tive. Ce n’est ni le mé­chant loup ni l’éco­no­mie idyl­lique. J’ai tou­jours pen­sé que, si on n’ar­rive pas à lui faire ac­cep­ter un cadre ju­ri­dique strict, il y au­ra d’un cô­té de la pré­ca­ri­té et, de l’autre, la loi de la jungle, où cha­cun fe­ra comme il vou­dra. Qui peut être te­nu pour res­pon­sable de cette si­tua­tion, les chauf­feurs ou Uber ? Les deux. Les plates-formes ne peuvent pas s’exemp­ter de toute res­pon­sa­bi­li­té. Plus gé­né­ra­le­ment, il y a tou­jours une co­res­pon­sa­bi­li­té dans l’éco­no­mie du par­tage. Elle est par­ta­gée entre le pres­ta­taire et les plates-formes. Il faut dé­fi­nir un cadre lé­gis­la­tif, so­cial et fis­cal. Notre cadre ré­gle­men­taire doit évo­luer, car notre ma­nière de vivre a chan­gé. Charge au lé­gis­la­teur de trou­ver le juste équi­libre. Pour l’ins­tant, nous ne sommes qu’au dé­but de la ré­flexion.

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