Alors, ce nou­veau Céline Dion ?

AVANT-PREMIÈRE. In­time mais pu­dique. Tel est le nou­vel al­bum, en fran­çais, de la star ca­na­dienne, « En­core un soir », qui sort ven­dre­di. Pre­mières im­pres­sions.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - EM­MA­NUEL MAROLLE

UN NOU­VEL AL­BUM de Céline Dion, c’est presque un dos­sier se­cret-dé­fense. Une semaine avant sa sor­tie, ven­dre­di, il a tout de même été en­voyé ce wee­kend, par mail, à plu­sieurs jour­na­listes. Un lien In­ter­net no­mi­na­tif sur le­quel il faut cli­quer pour dé­cou­vrir en avant­pre­mière les 15 titres d’« En­core un soir », pre­mier disque en fran­çais de la star qué­bé­coise de­puis « Sans at­tendre » en 2012, ven­du alors à 1,5 mil­lion d’exem­plaires, dont près de 800 000 en France. On pou­vait craindre un en­re­gis­tre­ment lar­moyant, après le dé­cès de son ma­ri et pro­duc­teur, Re­né An­gé­lil en jan­vier et des ob­sèques ul­tra-mé­dia­ti­sées. « Oh c’est pas pour me plaindre/Ça, vous n’avez rien à craindre », lui fait dire Jean-Jacques Gold­man dans la chan­son qui donne son nom à l’al­bum, pre­mier single dé­cou­vert avant l’été. « Tu vi­vras dans tous nos si­lences/Au ha­sard des conver­sa­tions/J’ap­pri­voi­se­rai ton ab­sence/ Mais je ne di­rai plus ton nom », avoue-telle, un peu plus loin, dans « A la plus haute branche », tré­sor de dé­li­ca­tesse au pia­no, écrit par le québécois Da­niel Pi­card, dont ce mor­ceau a été re­te­nu par­mi des mil­liers d’autres dans le cadre d’un concours sur In­ter­net. Un au­teur ano­nyme ou presque, par­mi des cé­lé­bri­tés. A com­men­cer par Serge La­ma et Fran­cis Ca­brel, qui signent la ma­gni­fique chan­son d’ou­ver­ture, « Plus qu’ailleurs ». Une en­trée en ma­tièr e i dé­al e a ut our d’une gui­tare acous­tique pour évo­quer le des­tin de Céline Dion et de son men­tor. « Ne de­mande pas com­ment c’est pos­sible/Nous se­rons à la fois per­dus et in­vin­cibles/Et le monde ? Et les autres ? Et alors ?/ Qu’il sache que de­main nous se­rons plus en­core », chante Céline Dion, comme un écho au dé­but de son his­toire d’amour avec son pro­duc­teur, de 26 ans son aî­né. Pre­mier temps fort de ce disque où Re­né est par­tout, tou­jours à de­mi-mot.

Des mots pour ses en­fants

Car « En­core un soir » ne s’en­ferme pas dans le deuil. « Je nous veux tous heu­reux/Mes amours, mes en­fants », pro­met-elle dans « Je nous veux », sur un mor­ceau des Québécois Nel­son Min­ville et Marc Du­pré. « La vie c’est gra­tuit/Ça va sans dire/Tu de­vrais te res­ser­vir », conseille le re­frain lu­mi­neux de « l’Etoile », ima­gi­né par Grand Corps Ma­lade et com­po­sé entre autres par le jeune Florent Mothe.

Grâce à eux, Céline Dion chante l’ave­nir, le pré­sent aus­si, à tra­vers « les Yeux au ciel » adres­sé à son fils Re­né-Charles, 15 ans. « Tes yeux sont ri­vés sur tous ces écrans/Dans un monde pa­ral­lèle/Main­te­nant pour se par­ler/On ne trouve plus le temps/Et l’amour est vir­tuel. » Fos­sé des gé­né­ra­tions que Céline Dion es­saie de com­bler en tra­vaillant avec de nou­veaux mu­si­ciens. Si elle ré­adapte de ma­nière flam­boyante le clas­sique « Or­di­naire » de son confrère Robert Char­le­bois, choi­sit le confort dans les trop pré­vi­sibles « Toutes ces choses » et « le Bon­heur en face », elle va aus­si cher­cher l’in­at­ten­due Za­ho. La chan­teuse ca­na­dienne ré­vé­lée par « C’est che­lou » lui offre trois titres et l’em­mène dans des rythmes R’n’B sur « A vous », qui pour­rait dra­guer un plus jeune public. Et c’est aus­si un pe­tit nou­veau, Vian­ney, qui conclut ce par­cours de vie avec « Ma force », taillé sur me­sure. « Si j’ai connu des mo­ments d’émoi/Où s’est abî­mée mon écorce/Au fond de moi, je ne sa­vais pas/Quelle était ma force », écrit-il pour la chan­teuse.

Céline Dion au­rait pu en res­ter là. Elle pré­fère ter­mi­ner avec une ver­sion re­mas­té­ri­sée de « 3 h 20 », vieille chan­son en­re­gis­trée en 1984 que son ma­ri avait choi­sie pour ses ob­sèques. Un ul­time clin d’oeil. @ema­rolle

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.