Les stars re­dres­se­ront-elles la barre ?

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CHAR­LOTTE MO­REAU

« DIRE que nous avons ren­con­tré des dif­fi­cul­tés la sai­son der­nière est un eu­phé­misme ! » L’heure n’est plus au bluff sur Eu­rope 1. Dans le cour­rier qu’il a adres­sé ven­dre­di à ses équipes et que nous nous sommes pro­cu­ré, le PDG De­nis Oli­vennes re­con­naît noir sur blanc que sa sta­tion est dans la tour­mente.

Après avoir en­re­gis­tré au prin­temps la plus faible au­dience de son his­toire — seulement 7,8 points d’au­dience cu­mu­lée, soit 4,19 mil­lions d’au­di­teurs par jour —, la grande ri­vale de RTL a dû re­voir sa grille de ren­trée à la hâte de­puis l’af­faire Mo­ran­di­ni, em­bour­bé dans un re­ten­tis­sant scan­dale sexuel et ju­di­ciaire et écar­té de l’an­tenne. « Nous sommes en po­si­tion de chal­len­geur ? Pro­fi­tons-en pour prendre des risques, sur­prendre nos au­di­teurs et en conqué­rir de nou­veaux ! » pour­suit De­nis Oli- L’ex-Mon­sieur Faits di­vers de France 2 vient jouer les Pierre Bel­le­mare dans « Hon­de­latte ra­conte », oc­cu­pant une par­tie de l’an­cienne tranche de Mo­ran­di­ni. Un for­mat peu in­no­vant et pas vrai­ment en adé­qua­tion avec la cible plu­tôt CSP + d’Eu­rope 1… « Il faut se mé­fier de la mo­der­ni­té et du jeu­nisme à tout prix, ré­agit Fa­bien Na­mias, le di­rec­teur gé­né­ral de la sta­tion. On pen­sait re­ve­nir au grand ré­cit cri­mi­nel de­puis plu­sieurs sai­sons parce que nos au­di­teurs nous le ré­cla­maient. Il nous fal­lait peut-être un dé­to­na­teur… Comme on a dû ré­flé­chir dans l’ur­gence pour cette ren­trée, c’était l’oc­ca­sion. Et nous ne sommes pas al­lés bien loin, en al­lant trou­ver di­rec­te­ment le meilleur dans cet exer­cice. J’ai l’in­time convic­tion que Ch­ris­tophe va trou­ver son public. » vennes pour re­mo­ti­ver les troupes. Ou­vrant le bal une semaine avant ses concur­rents qui pro­longent les va­cances jus­qu’au 29 août (à l’ex­cep­tion de RMC et de la ma­ti­nale de France In­ter), Eu­rope 1 prend ef­fec­ti­ve­ment des risques. En re­cru­tant des stars comme s’il en pleu­vait, et comme si elles étaient les so­lu­tions à tout. « La no­to­rié­té ne fait pas le suc­cès, ad­met Fa­bien Na­mias, le di­rec­teur gé­né­ral de Re­nouant avec Eu­rope 1 où elle avait dé­jà pré­sen­té un ma­ga­zine do­mi­ni­cal il y a deux ans, la star de TF 1 hé­rite de l’in­grate tranche 16 heures-18 heures, sur la­quelle Cy­ril Ha­nou­na s’était cas­sé les dents face à RTL et aux puis­santes « Grosses Têtes » de Laurent Ru­quier. Un ca­deau em­poi­son­né pour l’ani­ma­trice de la « Cour des grands », char­gée de ma­rier ac­tua­li­té et hu­mour avec un pro­fil spon­ta­né et po­pu­laire com­pa­rable à ce­lui du grand ma­ni­tou de D 8… « Ales­san­dra Su­blet s’adresse à un public plus large, no­tam­ment les 45-55 ans qui nous écoutent à cet ho­raire », ob­jecte Fa­bien Na­mias. la sta­tion, c’est un peu ce qu’on a éprou­vé l’an­née der­nière. » L’échec de Cy­ril Ha­nou­na a-t-il vrai­ment ser­vi de le­çon quand les nou­veaux ren­dez-vous quo­ti­diens sont éga­le­ment pi­lo­tés par des ve­dettes, à sa­voir Ch­ris­tophe Hon­de­latte (10 h 30-11 h 30), Anne Rou­ma­noff (12 heures-12 h 30), Ni­kos Alia­gas (15 heures16 heures) et Ales­san­dra Su­blet (16 heures18 heures) ?

Le pa­ri Hon­de­latte Mis­sion pé­rilleuse pour Su­blet Une grille mor­ce­lée

Une de­mi-heure pour Anne Rou­ma­noff et sa quo­ti­dienne d’hu­mour « Ça pique mais c’est bon » (12 heures-12 h 30), qua­ran­te­cinq mi­nutes pour l’« Eu­rope Mi­di » de Maxime Swi­tek (12 h 3013 h 15) comme pour « la Fa­mille Eu­rope 1 » d’He­le­na Mor­na (13 h 15-14 heures). Même ré­gime sec pour le doc­teur Gé­rald Kier­zek, dont les « Ques­tions de san­té » hé­ritent de trente mi­nutes en fin de ma­ti­née (11 h 30-12 heures)… Dif­fi­cile de don­ner des ren­dez-vous aux au­di­teurs quand ils sont aus­si brefs. « Nous sommes lu­cides, les mi­racles n’existent pas à la ra­dio et il fau­dra du temps », ad­met Fa­bien Na­mias. Se­lon le­quel cette ré­vo­lu­tion était tout de même né­ces­saire à Eu­rope 1, pour pou­voir ré­in­jec­ter du di­ver­tis­se­ment et du ser­vice sur son an­tenne. « L’in­for­ma­tion est une de nos ex­per­tises es­sen­tielles, mais nos conte­nus man­quaient peut-être de va­rié­té. Nous avons en­vie de re­faire de la place au plai­sir dans une époque dif­fi­cile. » De bonnes ondes pour les­quelles, la di­rec­tion de la sta­tion le pro­met, elle ac­cor­de­ra du temps à ses ani­ma­teurs. « Nous avons dû faire face à des si­tua­tions ex­tra­or­di­naires… mais quand on connaît des dif­fi­cul­tés, il faut les trans­for­mer en op­por­tu­ni­tés. Les ré­sul­tats ne se ju­ge­ront pas en quelques mois, ou sur les deux pro­chaines vagues d’au­dience, mais au moins sur la sai­son en­tière. »

L’im­payable Anne Rou­ma­noff ani­me­ra la case hu­mour de la sta­tion chaque jour à mi­di.

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