« Je laisse les conser­va­teurs à leur conser­va­tisme »

Anne Hi­dal­go,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par BE­NOÎT HASSE

LA MAIRE PS DE PA­RIS, Anne Hi­dal­go, ne dé­co­lère pas après la re­mise du rap­port de la com­mis­sion d’en­quête pu­blique sur la pié­ton­ni­sa­tion des berges, rive droite. Mal­gré l’avis né­ga­tif, elle compte bien al­ler de l’avant. Ex­pli­ca­tions. Après cet avis dé­fa­vo­rable, la pié­ton­ni­sa­tion de la rive droite est-elle re­mise en cause ? ANNE HI­DAL­GO. Cer­tai­ne­ment pas. La com­mis­sion d’en­quête donne son avis… mais c’est tout. Le droit dit que cet avis est uni­que­ment consul­ta­tif. Avec mon équipe, nous pas­se­rons donc outre. Je sou­met­trai le pro­jet de pié­ton­ni­sa­tion des berges au Con­seil de Pa­ris de fin sep­tembre. Je ne doute pas que les élus sou­tien­dront sa mise en oeuvre. La com­mis­sion d’en­quête, qui évoque des études d’im­pact « in­com­plètes », doute pour­tant de l’in­té­rêt pu­blic du pro­jet… Ce pro­jet, qui par­ti­cipe à la ré­duc­tion de la place de la voi­ture dans la ville, est un dos­sier cli­vant. Je l’as­sume. Les ar­gu­ments des op­po­sants à cette po­li­tique re­lèvent sou­vent de la pos­ture plus que de l’exa­men ob­jec­tif des faits. C’est aus­si vrai pour la com­mis­sion d’en­quête pu­blique, qui pour­rait don­ner l’im­pres­sion aux Pa­ri­siens d’avoir fait preuve de par­ti pris. Le com­mis­saire a même re­fu­sé d’au­di­tion­ner mon ad­joint char­gé des trans­ports. Pour­quoi avoir li­mi­té le pé­ri­mètre de l’en­quête pu­blique aux ar­ron­dis­se­ments di­rec­te­ment concer­nés par le pro­jet ? Ce pé­ri­mètre a été mis en place en ac­cord avec la com­mis­sion d’en­quête… qui nous le re­proche au­jourd’hui ! La pro­cé­dure était ou­verte à tous, Pa­ri­siens ou non. L’étude d’im­pact sur les re­ports de circulation por­tait par ailleurs sur un pé­ri­mètre beau­coup plus large que ce­lui de l’en­quête pu­blique. Elle dé­montre que les ar­ron­dis­se­ments et les com­munes li­mi­trophes ne se­ront pas lé­sés. Elle a été me­née avec le même sé­rieux et la même fia­bi­li­té que pour le pro­jet des voies de la rive gauche (NDLR : par­tiel­le­ment pié­ton­ni­sées en 2013) où les ra­len­tis­se­ments consta­tés sont fi­na­le­ment in­fé­rieurs à nos es­ti­ma­tions. Que ré­pon­dez-vous à l’op­po­si­tion mu­ni­ci­pale qui de­mande dé­sor­mais l’aban­don du pro­jet rive droite ? Il n’y a pas 36 000 moyens de ré­duire la pol­lu­tion de l’air dans les villes. Il faut ré­duire la place de la voi­ture. Toutes les villes du monde ont en­ga­gé ce pro­ces­sus. Après l’ac­cord de Pa­ris sur le cli­mat, il y a ur­gence à mettre en oeuvre ces me­sures dans la ca­pi­tale, sans avoir peur des lob­bys et des conser­va­teurs. Je laisse les conser­va­teurs à leur conser­va­tisme.

Pa­ris (Ier), le 20 juillet. Anne Hi­dal­go, ici lors de l’inau­gu­ra­tion de Pa­ris-Plages, veut lais­ser ces voies sur berge aux pié­tons.

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