« J’ai dé­ci­dé d’être can­di­dat… »

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Si son en­trée en lice n’était plus qu’une ques­tion de jours, l’an­cien pré­sident a créé la sur­prise hier en dé­cla­rant sa can­di­da­ture dans un nou­veau livre, aux pro­po­si­tions plu­tôt mus­clées.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - VA­LÉ­RIE HACOT ET NA­THA­LIE SCHUCK

« DES FAN­TASMES ! » ju­rait en­core il y a quelques jours la garde rap­pro­chée de Ni­co­las Sar­ko­zy lors­qu’on de­man­dait si un nou­veau livre était en pré­pa­ra­tion pour of­fi­cia­li­ser sa can­di­da­ture à l’Ely­sée, la pre­mière d’un pré­sident bat­tu sous la Ve Ré­pu­blique. Et pour­tant… Lui-même sur­pris par le suc­cès de son pré­cé­dent ou­vrage en forme de mea culpa, « la France pour la vie », ven­du à quelque 150 000 exem­plaires, l’an­cien pré­sident avait re­pris la plume en ca­chette fin mai pour concoc­ter un livre-pro­gramme, in­ti­tu­lé cette fois « Tout pour la France » (Ed. Plon), en li­brai­rie dès de­main.

A dé­faut de sur­prendre, il vou­lait in­no­ver. Exit donc l’hy­po­thèse d’une dé­cla­ra­tion au jour­nal té­lé­vi­sé comme il l’avait fait en 2012, ou d’une tri­bune sur Fa­ce­book comme pour son re­tour en po­li­tique en 2014. « Je veux dé­mar­rer par les idées », avait-il sim­ple­ment glis­sé, mys­té­rieux, à ses vi­si­teurs ces jours-ci. Ce n’est qu’il y a dix jours qu’il a mis le point final aux 232 pages.

« Le Maire, Jup­pé, Sar­ko­zy, ils écrivent tous. C’est la pri­maire des Gon­court ! » iro­nise une fi­gure des Ré­pu­bli­cains, amu­sée de voir l’an­cien chef de l’Etat trans­for­mer un se­cret de Po­li­chi­nelle — son en­trée en lice était at­ten­due d’ici à jeu­di — en évé­ne­ment. « C’est un pro, il n’a pas per­du la main », salue le même. Tout juste sa pe­tite équipe a-t-elle avancé l’an­nonce, plu­tôt at­ten­due ce ma

tin, pour évi- ter des fuites. Pour mé­na­ger la sur­prise, seule une poi­gnée de fi­dèles était dans la confi­dence, dont ses conseillers de l’ombre Pierre Gia­co­met­ti et Sé­bas­tien Pro­to, ou son his­to­rique Mon­sieur Com, Franck Lou­vrier. Les élus, même très proches, avouent n’avoir pas été mis au par­fum. Trop ba­vards… Voi­là donc Sar­ko­zy of­fi­ciel­le­ment en piste pour ré­cu­pé­rer son fau­teuil à l’Ely­sée. « J’ai dé­ci dé d’ êtr e c a ndi dat à l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2017 », écri­til dès la pre­mière phrase de ce livre qui de­vrait faire par­ler de lui pour ses pro­po­si­tions mus­clées sur l’iden­ti­té, qui est se­lon lui au coeur des pré­oc­cu­pa­tions des Fran­çais dans le contexte ter­ro­riste. Un pro­gramme « épi­cé », comme il dit, et at­tra­pe­tout pour convaincre les élec­teurs des ca­té­go­ries po­pu­laires, classes moyennes ou ten­tés par le FN de glis­ser un bul­le­tin Sar­ko­zy dans l’urne lors de la pri­maire de la droit e l es 20 et 27 no­vembre.

I l l e dé­fen­dra tam­bour bat­tant dans les trois pro­chains mois. Dès de­main soir, il sera sur TF 1, puis jeu­di à Mar­seille et Châ­teau­re­nard (Bouches-du-Rhône) pour son pre­mier mee­ting of­fi­ciel, et sa­me­di au cam­pus régional des jeunes LR au Tou­quet (Pas-de-Ca­lais).

Consé­quence pra­tique, Sar­ko­zy n’est plus le pa­tron des Ré­pu­bli­cains, et cède la place à Laurent Wau­quiez. Son équipe de cam­pagne est qua­si­ment consti­tuée. Fraî­che­ment ral­lié, le jeune maire de Tour­coing Gé­rald Dar­ma­nin de­vrait ré­cu­pé­rer le gros lot, di­rec­teur de cam­pagne. « Gé­rald n’est pas connu pour son es­prit sa­cri­fi­ciel », sou­rit un élu LR, stu­pé­fait de cette pro­mo­tion éclair. Le dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times Eric Ciot­ti de­vrait être le porte-pa­role. Un équi­li- bre entre le Nord et le Sud, deux ré­gions sur les­quelles il mise gros. Dès au­jourd’hui, il s’ins­tal­le­ra dans son nou­veau QG au 209, rue de l’Uni­ver­si­té (Pa­ris VIIe). Mais hier soir, l’heure était à la fête, avec Fran­çois Ba­roin, Dar­ma­nin, Ciot­ti ou Ch­ris­tian Ja­cob chez Re­bel­la­to, son res­tau­rant ita­lien fé­tiche à Pa­ris.

L’an­cien pré­sident par­vien­drat-il à créer l’ef­fet blast (ef­fet de souffle) dont il rê­vait ? « Il fal­lait qu’il frappe fort, tout de suite », as­sène un proche. Les pro­chains son­dages mon­tre­ront s’il par­vient à dis­tan­cer son grand ri­val, Alain Jup­pé. L’en­jeu n’est pas mince. « Le vain­queur de la pri­maire sera le pro­chain pré­sident », pa­rient nombre d’élus de droite. Un dé­pu­té LR, ta­quin, se prend même à ima­gi­ner le titre du pro­chain ou­vrage d’un Ni­co­las Sar­ko­zy ré­élu : « Je pa­rie sur : La France, c’est moi ! »

Rem­pla­cé par Laurent Wau­quiez à la tête du par­ti

@vha­cot1 @Na­tha­lieS­chuck

De­puis hier, l’an­cien chef de l’Etat est en­tré of­fi­ciel­le­ment dans la course à la pré­si­den­tielle.

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