Pé­ril sur la pri­maire…

PS. Ar­naud Montebourg, can­di­dat à la pré­si­den­tielle, laisse pla­ner le doute sur sa par­ti­ci­pa­tion à la com­pé­ti­tion in­terne so­cia­liste… qui pour­rait alors faire pschitt.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAU­LINE THÉVENIAUD

JUIN DER­NIER. A la sur­prise gé­né­rale, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis an­nonce qu’il y au­ra bien une pri­maire au PS, en vue de la pré­si­den­tielle de 2017. Et que Fran­çois Hol­lande de­vra s’y sou­mettre s’il sou­haite se re­pré­sen­ter. Les fron­deurs, qui la ré­cla­maient, n’ont d’autre choix que de to­per. « Ils vont tout es­sayer… » fris­sonne alors l’en­tou­rage d’Ar­naud Montebourg, convain­cu qu’il s’agit là d’une ma­noeuvre pour lui cou­per l’herbe sous le pied. Ré­plique deux mois plus tard. L’ex­mi­nistre de l’Eco­no­mie fait sa­voir qu’il pour­rait bou­der le ren­dez-vous.

Doute sur la loyau­té du scru­tin

A Fran­gy-en-Bresse, c’est sa « can­di­da­ture à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique fran­çaise », que Montebourg a an­non­cée. Pas­se­ra-t-elle par la case pri­maire ? Un so­cia­liste qui le connaît bien est convain­cu que non. Hier soir sur le pla­teau de France 2, l’in­té­res­sé a lais­sé pla­ner le doute : « Je n’ai pas de dé­ci­sion à prendre main­te­nant parce que nous ne connais­sons pas les mo­da­li­tés d’or­ga­ni­sa­tion », a-t-il élu­dé, en se dé­cla­rant sur le prin­cipe « fa­vo­rable à la pri­maire ». Mais à condi­tion qu’elle soit « loyale et équi­table ». Ses lieute- nants, eux, af­fichent leur mé­fiance. « Si on a l’im­pres­sion que tout est or­ga­ni­sé dans le seul but que Fran­çois Hol­lande soit dé­si­gné, on ne sera pas in­ci­té à par­ti­ci­per », met en garde le dé­pu­té Laurent Bau­mel, l’un des fi­dèles de Montebourg.

De quoi pro­vo­quer des ul­cères rue de Sol­fé­ri­no. « Dire que c’est ver­rouillé, c’est pi­peau ! On a vo­té des ré­so­lu­tions à l’una­ni­mi­té avec les amis d’Ar­naud Montebourg et des fron­deurs », s’ir­rite un membre de la di­rec­tion. Pour l’heure, les dis­cus­sions se pour­suivent, no­tam­ment sur la ques­tion des listes élec­to­rales et des bu­reaux de vote. Ren­dez-vous est pris le 31 août, pour une nou­velle réu­nion. Les can­di­da­tures, elles, se­ront dé­po­sées en dé­cembre.

La pri­maire connaî­tra-t-elle alors le sort d’une épée dans l’eau ? « Si elle n’est pas at­trac­tive, c’est toute la gauche qui fe­ra de la fi­gu­ra­tion à la pré­si­den­tielle », note le dé­pu­té PS fron­deur Ch­ris­tian Pau. Les so­cia­listes de l’aile gauche Be­noît Ha­mon, Ma­rie-Noëlle Lie­ne­mann, Gé­rard Fi­loche, mais aus­si deux pro-Hol­lande — les éco­lo­gistes Fran­çois de Ru­gy et Jean-Luc Ben­nah­mias — ont dé­jà an­non­cé leur can­di­da­ture. Mais les têtes d’af­fiche font dé­faut. Et le risque d’épar­pille­ment de la gauche au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle pointe. « Vous vous ren­dez compte s’il (NDLR : Montebourg) se pré­sente di­rec­te­ment ? Vous au­rez Mé­len­chon, Du­flot, Montebourg et peu­têtre Hol­lande. C’est mort ! » s’alarme Gé­rard Fi­loche. « La pri­maire est un gage de réus­site et de ras­sem­ble­ment. Il se­rait très aven­tu­reux de se pré­sen­ter hors de ce cadre », alerte éga­le­ment l’équipe Ha­mon. Com­men­taire plus grin­çant au siège du PS : « La gauche est di­verse, elle a aus­si le droit d’être in­tel­li­gente. » @Pau­li­ne_Th

Fran­gy-en-Bresse (Saône-et-Loire), di­manche. Ar­naud Montebourg a an­non­cé sa can­di­da­ture à l’élec­tion pré­si­den­tielle, mais pas à la pri­maire de la gauche...

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