L’Ile rouge mau­dite pour les Fran­çais

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - LOUISE COLCOMBET

Le ma­cabre dé­compte n’en fi­nit pas. De­puis jan­vier 2015, ce sont douze res­sor­tis­sants fran­çais qui sont dé­cé­dés de mort vio­lente à Ma­da­gas­car, dont quatre en 2016. Des drames qui touchent sou­vent des ex­pa­triés ins­tal­lés de longue date, dont les af­faires peuvent ai­gui­ser les ap­pé­tits dans ce pays, l’un des plus pauvres au monde et où la dé­lin­quance est ga­lo­pante. Des drames dont la po­pu­la­tion et les au­to­ri­tés lo­cales ne font pas tou­jours grand cas, cer­tains Oc­ci­den­taux se li­vrant à des trafics flir­tant avec l’illé­ga­li­té voire ba­fouant la loi, no­tam­ment en se li­vrant à des actes pé­do­philes.

Si­mu­lacre de jus­tice

Mais c’est bien un crime cra­pu­leux qui a coû­té la vie, en fé­vrier, à Syl­vain Tho­rin, un ma­rin re­trai­té de 64 ans, et à son épouse mal­gache Ma­ri­nette Ra­za­fin­dra­za­na­ba­ry, médecin. Ils ont été tués le 13 fé­vrier, à leur do­mi­cile de Die­go Sua­rez, par des vo­leurs ar­més de coupe-coupe et de ka­lach­ni­kovs. Miaoût 2015, Jean-Louis Mi­net, an­cien consul ho­no­raire âgé de 85 ans, était tor­tu­ré à mort par des cam­brio­leurs à Fia­na­rant­soa. Quatre per­sonnes, dont sa femme de mé­nage, avaient été in­ter­pel­lées puis re­lâ­chées. De­puis, comme sou­vent à Ma­da­gas­car, l’en­quête est au point mort, tout comme celle sur la mort de Jean-Pas­cal Le­grain, un hô­te­lier tué en mai 2015 d’un coup de hache à la tête. Son épouse, un temps sus­pec­tée, n’a fi­na­le­ment pas été in­quié­tée. Celle de Phi­lippe Ber­trand, un me­nui­sier de 52 ans ori­gi­naire des Vosges, elle, a fi­ni par avouer avoir em­bau­ché deux hommes de main, payés 300 €, pour sup­pri­mer son ma­ri, tué à coups de mar­teau le 24 dé­cembre 2014. Les deux hommes ont été in­ter­pel­lés lun­di der­nier. Reste à sa­voir quelles suites se­ront don­nées à ce dos­sier, tant cer­tains pro­cès ont pu s’ap­pa­ren­ter à des si­mu­lacres de jus­tice. En oc­tobre, 37 per­sonnes ont été ju­gées par la cour d’as­sises d’An­ta­na­na­ri­vo pour l’atroce lyn­chage, en 2013, de Sé­bas­tien Ju­da­let et Ro­ber­to Gian­fal­la. Ils avaient été brû­lés vifs sur une plage de l’île de No­sy Be par une foule les ac­cu­sant — à tort — d’être à l’ori­gine de la mort d’un en­fant de 8 ans : 26 des ac­cu­sés étaient res­sor­tis libres. Même sen­ti­ment d’in­ache­vé lors du pro­cès, tou­jours en oc­tobre, des tueurs de Jo­han­na De­la­haye et Gé­rald Fon­taine, un couple de res­tau­ra­teurs de Tu­léar, tués et sau­va­ge­ment mu­ti­lés. Si deux hommes ont été condam­nés à la per­pé­tui­té, huit autres, dont un po­li­ti­cien lo­cal, dé­si­gné comme le com­man­di­taire, ont été blan­chis.

L’atroce meurtre de Sé­bas­tien Ju­da­let et Ro­ber­to Gian­fal­la, brû­lés vifs sur une plage de No­sy Be en 2013, s’est sol­dé par l’ac­quit­te­ment de 26 des ac­cu­sés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.