« On se croyait à l’abri de la vio­lence »

Marc Blon­del, hô­te­lier à Sainte-Ma­rie

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - SÉ­BAS­TIEN GIGNOUX (À LA RÉU­NION)

Hô­te­lier et membre de l’of­fice du tou­risme de Sainte-Ma­rie, Marc Blon­del dé­crit « le sen­ti­ment de conster­na­tion et d’in­com­pré­hen­sion » qui a sai­si la com­mu­nau­té des 25 000 ha­bi­tants après la « tra­gé­die hu­maine » qui s’est jouée sur la plage. « Sain­teMa­rie, c’est comme un vil­lage, un co­con de sé­cu­ri­té, et ce­la fai­sait notre fier­té. La po­pu­la­tion, qui aime beau­coup les tou­ristes, est très cho­quée et ne s’ex­plique pas ce qui s’est pas­sé. » Joint hier, alors qu’une veillée fu­nèbre se te­nait dans un hô­tel en pré­sence d’amis des vic­times et d’une qua­ran­taine d’ha­bi­tants, cet en­tre­pre­neur fran­co-mal­gache ra­conte comment l’île s’est mo­bi­li­sée. « Tous les hô­te­liers, les com­mer­çants et des ha­bi­tants sont pas­sés à Cé­ta­ma­da té­moi­gner de leur so­li­da­ri­té et es­sayer de ré­con­for­ter les autres éco­vo­lon­taires. » Ef­fon­drés, la plu­part d’entre eux de­vraient quit­ter l’île pro­chai­ne­ment, sans fi­nir la sai­son. « De­puis des an­nées qu’on re­ce­vait des éco­vo­lon­taires, il ne s’était ja­mais rien pas­sé, pas la moindre ba­garre », as­sure Marc Blon­del. Aus­si, la po­pu­la­tion es­père « qu’on trouve ra­pi­de­ment les cou­pables, qu’ils soient de Sain­teMa­rie ou de l’ex­té­rieur. Car cette his­toire va lais­ser une pro­fonde ci­ca­trice dans ce pe­tit pa­ra­dis qu’on croyait à l’abri de la vio­lence ». Le chef d’en­tre­prise ne re­doute pas for­cé­ment de consé­quences sur la fré­quen­ta­tion tou­ris­tique de Sain­teMa­rie, « une pe­tite des­ti­na­tion qui re­çoit sur­tout des ha­bi­tués », mais pour l’image « de Ma­da­gas­car en gé­né­ral, alors que les agres­sions d’étran­gers s’y sont mul­ti­pliées ces der­nières an­nées ».

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