Cinq ans de pri­son pour avoir tué son fils

HO­MI­CIDE. Le père de Ke­ryan, 5 ans, étouf­fé en 2015 à Sin­ga­pour, a éco­pé d’une peine clé­mente hier. Au grand dam de la mère de l’en­fant.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - L.C.

ELLE REDOUTAIT la clémence des juges, après une en­quête qu’elle es­time « biai­sée » et dans la­quelle elle n’a ja­mais pu faire en­tendre sa voix. Le cau­che­mar de Gwen­do­line Graf­fart s’est concré­ti­sé hier à Sin­ga­pour, où son ma­ri Phi­lippe a été condam­né à une peine de cinq ans de pri­son pour avoir tué, le 5 oc­tobre 2015, leur fils Ke­ryan, 5 ans. Phi­lippe Graf­fart, Belge de 42 ans, an­cien cadre dans la fi­nance qui s’était ex­pa­trié dans cette ci­té-Etat d’Asie du Sud-Est en 2013 avec sa femme fran­çaise et son fils, avait bé­né­fi­cié d’une ré­duc­tion des charges après une pro­cé­dure de plai­der-cou­pable, cou­rante dans les syst èmes j udi­ciair es d’ i ns­pi­ra­ti on an­glo-saxonne.

Une pro­cé­dure vite ex­pé­diée et sans pro­cès

En mars, au terme d’un ac­cord avec le par­quet, le Belge s’était vu in­cul­per d’ho­mi­cide in­vo­lon­taire et non plus d’as­sas­si­nat — pas­sible de la peine de mort —, l’ac­cu­sa­tion re­te­nant un état gra­ve­ment dé­pres­sif, ce que conteste la ma­man de Ke­ryan. Il n’en­cou­rait donc que dix ans de pri­son pour avoir ad­mi­nis­tré un som­ni­fère à son fils puis avoir étouf­fé ce der­nier avec un oreiller, dans le contexte de sa sé­pa­ra­tion — hou­leuse — avec Gwen­do­line.

C’est fi­na­le­ment la moi­tié de cette peine qu’ont re­te­nue les juges, au terme d’une pro­cé­dure express sans pro­cès. « Cette peine est né­ces­saire pour mon­trer que les agis­se­ments de l’ac­cu­sé ne doivent pas être igno­rés », a sim­ple­ment dé­cla­ré la juge Hoo Sheau Peng de­vant un ac­cu­sé im­pas­sible, ajou­tant avoir pris en compte que l’ho­mi­cide avait été com­mis contre un en­fant vul­né­rable et que l’au­teur était le père de la vic­time. Gwen­do­line Graf­fart, qui n’a pas pu faire va­loir ses ar­gu­ments dans un sys­tème ne re­con­nais­sant pas la par­tie ci­vile, avait lan­cé une pé­ti­tion en ligne pour ob­te­nir « une vraie jus­tice pour Ke­ryan ». Celle-ci a re­cueilli plus de 57 000 si­gna­tures.

Phi­lippe Graf­fart a bé­né­fi­cié d’une ré­duc­tion des charges après une pro­cé­dure de plai­der-cou­pable. Le meurtre de Ke­ryan a été re­qua­li­fié en ho­mi­cide in­vo­lon­taire.

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