L’école face à la

Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem et Ber­nard Ca­ze­neuve dé­taillent ce ma­tin leur plan pour sé­cu­ri­ser les éta­blis­se­ments.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - CHRISTEL BRIGAUDEAU

UNE MI­NISTRE de l’Edu­ca­tion na­tio­nale de­bout aux cô­tés de son ho­mo­logue de l’In­té­rieur pour sa pre­mière in­ter­ven­tion de ren­trée : le sym­bole est ap­puyé. Et l’image comp­te­ra au­tant, si ce n’est plus, que les mots dans cette con­fé­rence de presse sur la sé­cu­ri­té des éta­blis­se­ments sco­laires, or­ga­ni­sée ce ma­tin au­tour de Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, Ber­nard Ca­ze­neuve et Sté­phane Le Foll, pré­sent en tant que mi­nistre de tu­telle des ly­cées agri­coles.

La me­nace contre l’ins­ti­tu­tion sco­laire est connue. Elle a été clai­re­ment an­non­cée par Daech, juste après les at­ten­tats du 13 No­vembre, dans son ma­ga­zine de pro­pa­gande en fran­çais, « Dar al-Is­lam », qui ap­pe­lait au com­bat contre une école ré­pu­bli­caine pré­sen­tée comme « l’an­ti­chambre de l’En­fer ». Après un été en­deuillé par les at­taques sur la pro­me­nade des An­glais à Nice, et dans une église à Saint-Etienne-duRou­vray, le gou­ver­ne­ment en­tend ras­su­rer les pa­rents des 12,2 mil­lions d’élèves qui re­pren­dront le che­min des cours dans une se­maine. Son plan s’ar­ti­cule au­tour de « trois mots d’ordre », pré­cise une source mi­nis­té­rielle : « An­ti­ci­per, sé­cu­ri­ser, sa­voir ré­agir. »

Les me­sures, elles, sont dé­jà connues : une cir­cu­laire, dif­fu­sée au mi­lieu des va­cances, le 29 juillet, aux pré­fets et à tous les éta­blis­se­ments sco­laires, a ajou­té une bat­te­rie de re­com­man­da­tions (notre in­fo­gra­phie ci-contre) à celles dé­jà égre­nées après les at­ten­tats du 13 No­vembre. La for­ma­tion des chefs d’éta­blis­se­ment à la ges­tion de crise lors de stages de cinq jours dans des centres de for­ma­tion de la gen­dar­me­rie va être ren­for­cée, de même que la col­la­bo­ra­tion entre les équipes édu­ca­tives et les forces de l’ordre, ap­pe­lées à of­frir leur ex­per­tise pour mettre au point des pro­grammes de mise en sé­cu­ri­té des élèves, en cas de me­nace.

« Il s’agit de ra­bâ­cher les re­com­man­da­tions de bon sens », sou­ligne un po­li­cier. « La ré­pé­ti­tion de pe­tites choses fi­nit par en­gen­drer des au­to­ma­tismes, per­met­tant ain­si de li­mi­ter l’ef­fet de pa­nique », ajoute un bon connais­seur du dos­sier.

Ces gestes simples vont du chan­ge­ment ré­gu­lier des codes d’ac­cès des écoles à la mise sur la fonc­tion vi­breur de son té­lé­phone mo­bile en cas d’alerte, en pas­sant par le re­fus d’une li­vrai­son qui n’au­rait pas été si­gna­lée à l’avance. Les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, qui ont en charge les bâ­ti­ments sco­laires, ont aus­si réa­li­sé des tra­vaux de sé­cu­ri­sa­tion. A Pa­ris, la mai­rie a ins­tal­lé 320 vi­sio­phones, la ré­gion Ile-de-France a dou­blé son bud­get consa­cré à la sé­cu­ri­té des ly­cées.

La col­la­bo­ra­tion entre les équipes édu­ca­tives et les forces de l’ordre va être ren­for­cée

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