A Noi­sy-le-Grand, vitre an­ti­choc et salle de confi­ne­ment au col­lège

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Joël Gui­gno­let, prin­ci­pal du Col­lège in­ter­na­tio­nal de Noi­sy-le-Grand ALINE GÉ­RARD

LE 1er SEP­TEMBRE, les 400 élèves du Col­lège in­ter­na­tio­nal de Noi­sy-le­Grand au­ront droit à une sur­prise : dé­sor­mais, lors­qu’ils en fran­chi­ront les grilles, ce se­ra sous le re­gard d’un sur­veillant pos­té dans un pe­tit bu­reau. « J’ai même fait re­ti­rer une par­tie du scotch qui en opa­ci­fiait les vitres. Comme ce­la, il pour­ra tou­jours avoir un oeil sur d’éven­tuels in­trus et lan­cer séance te­nante l’alerte », ex­plique Joël Gui­gno­let, son prin­ci­pal. En Seine-Saint-De­nis, cet éta­blis­se­ment, ou­vert en 2014 et où co­existent toutes les confes­sions, fait fi­gure de col­lège « mo­dèle ».

Il bé­né­fi­cie aus­si des équi­pe­ments der­nier cri en termes de sé­cu­ri­té « an­ti-in­tru­sion », fi­nan­cés par le con­seil dé­par­te­men­tal. Loge avec 4 ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance poin­tées sur les en­trées, double son­ne­rie, l’une — longue — spé­ciale in­cen­die, l’autre — brève — en cas d’autres me­naces, mul­tiples ta­bleaux d’alarme si­gna­lant toute in­tru­sion au nu­mé­ro de salle près, spots aveu­glants se dé­clen­chant du­rant un quart d’heure en cas d’in­tru­sion noc­turne ; rien ne manque pour stop­per un vi­si­teur in­dé­si­rable.

Mais c’est le double par­vis, dont un « in­terne », fai­sant sas, entre les lo­caux sco­laires et le de­hors, qui s’avère le filtre le plus pré­cieux face à la me­nace ter­ro­riste. Tout comme les vitres an­ti­chocs : « Même au mar­teau, elles ré­sistent ! » sou­ligne Joël Gui­gno­let. « Dans cette salle-là, il y a 460 cou­ver­tures de sur­vie, des packs d’eau, des ali­ments lyo­phi­li­sés, bref de quoi vivre confi­né du­rant un à deux jours », pour­suit-il. D’un geste ra­pide, il dé­signe la porte que rien ne distingue des autres. En hâ­tant le pas. Pour le prin­ci­pal, pas ques­tion de dé­voi­ler tous ses pe­tits se­crets, ni de créer la psy­chose : « Ma prio­ri­té, c’est de créer un cli­mat de tra­vail, pas d’an­goisse », di­til, sans pou­voir s’em­pê­cher de conter son der­nier exer­cice de sé­cu­ri­té. C’était en juin. « Un ma­tin, on a don­né sans pré­ve­nir per­sonne, ni les élèves, ni les pro­fes­seurs l’ordre d’éva- cuer. Tout le monde s’est re­trou­vé de­hors en trois-quatre mi­nutes. On a été dans les clous des di­rec­tives », dit-il.

Ce­la ne lui évite pas de peau­fi­ner en­core son dis­po­si­tif. Pour la ren­trée 2014, il avait ache­té huit tal­kies-wal­kies pour que « tout le per­son­nel qui fait tour­ner l’éta­blis­se­ment re­çoive les mêmes consig ne s , e n même temps ». Pour celle-ci, il va les équi­per de gi­lets jaune de la sé­cu­ri­té routière si­glés « di­rec­tion ». « Comme ce­la, en cas de pa­nique, les élèves pour­ront plus ai­sé­ment iden­ti­fier ceux qui peuvent les gui­der. » Son col­lège est-il vrai­ment étanche, même face à un ka­mi­kaze ? A la ques­tion, il sou­pire et mur­mure : « Si tout ce­la peut ai­der à sau­ver des vies, c’est dé­jà énorme ! »

« Il y a 460 cou­ver­tures de sur­vie, des packs d’eau, des ali­ments lyo­phi­li­sés »

le­pa­ri­sien.fr La ren­trée des classes se pré­pare sous haute pro­tec­tion

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