De la fraî­cheur, s’il vous plaît

MÉTÉO. Les tem­pé­ra­tures aug­mentent au­jourd’hui. Votre ap­par­te­ment ou votre mai­son peut ra­pi­de­ment se trans­for­mer en sau­na. Nos conseils pour évi­ter les trop grosses cha­leurs à do­mi­cile.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - ÉMI­LIE TORGEMEN E.T.

« EN QUITTANT mon ap­par­te­ment le ma­tin, je mets des draps mouillés à sé­cher sur la tringle à ri­deau. Du coup, je fais de l’ombre dans le sa­lon, tout en hu­mi­di­fiant la pièce. » A l’image de Cé­line, coin­cée à Pa­ris en août, cha­cun cherche des idées pour ra­fraî­chir son in­té­rieur quand il fait plus de 30 °C de­hors. Et ce alors que la vi­gi­lance orange est éten­due à 14 dé­par­te­ments*. Au­jourd’hui, le mer­cure dé­pas­se­ra 33 °C à Pa­ris, 35 °C à Bourges et il fe­ra même 37 °C à Bor­deaux.

Jouez sur les vo­lets et les fe­nêtres…

« Toute l’as­tuce consiste à mé­na­ger un cou­rant frais, ex­plique l’ar­chi­tecte d’in­té­rieur Mé­la­nie Lal­le­mand Flu­cher. Dans un im­meuble pa­ri­sien, ou­vrez grand les fe­nêtres de la cour en bou­chant les ou­ver­tures qui donnent sur la rue en­so­leillée. » Jouer sur les ou­ver­tures, c’est tout un pro­gramme pour Ber­nard, va­can­cier près de Quim­per (Fi­nis­tère) : « Le ma­tin, j’ouvre la vé­ran­da orien­tée sud, à 11 heures, je claque les vo­lets et le soir, j’ouvre le cô­té ouest. Je suis la course du so­leil », ex­plique-t-il.

Autre as­tuce, Mé­la­nie Lal­le­mand Flu­cher conseille de tendre des ri­deaux « du cô­té ex­té­rieur de la fe­nêtre » pour évi­ter que le so­leil tape sur les vitres et fasse « ef­fet de serre ». A dé­faut de jo­li voi­lage, vous pou­vez blo­quer un car­ton re­cou­vert de pa­pier alu.

… avec les cou­leurs et les ma­tières

On imite les îles grecques en pas­sant ses murs au blanc su­per­bri- ght, qui con­trai­re­ment aux cou­leurs fon­cées n’em­ma­ga­sine pas la cha­leur. Puis on po­si­tionne quelques touches de cou­leurs « fraîches », rose bon­bon ou vert tendre par exemple. « Parce que ce qu’on voit par­ti­cipe au bien-être », as­sure l’ar­chi­tecte. Ain­si, en en­re­gis­trant des teintes qu’il as­so­cie ha­bi­tuel­le­ment à des tem­pé­ra­tures plus basses, le cer­veau « re­marque » moins la cha­leur. Pour grap­piller en­core quelques pré­cieux de­grés, Mé­la­nie Lal­le­mand Flu­cher conseille de sor­tir les draps, nappes, ri­deau en lin et en co­ton. Ces tex­tiles ne font pas suer à grosses gouttes dès que l’on pose la main des­sus. Dans son ap­par­te­ment pa­ri­sien, Anne vient de re­ti­rer tous les ta­pis : « Et avec la forte cha­leur, je sa­voure le contact de mes pieds nus sur les par­quets ou le car­re­lage frais », confie-t-elle.

Ven­ti­la­teur et bru­mi­sa­teur

Sur les fo­rums où l’on par­tage les bons tuyaux, un in­ter­naute conseille « un ven­ti­la­teur avec de­vant un linge mouillé ou un fi­let rem­pli de gla­çons et une cu­vette des­sous », car l’éva­po­ra­tion crée de la fraî­cheur. D’autres pro­posent de pla­cer des bou­teilles d’eau conge­lée à un mètre du ro­tor. Sé­bas­tien Wil­de­mann, in­fir­mier, conseille quant à lui les bru­mi­sa­teurs : « Hu­mi­di­fier la peau est im­por­tant chez les per­sonnes âgées car elles trans­pirent moins. Mais il faut y al­ler par pe­tite touche. Il ne fau­drait pas qu’elles prennent toutes froid en pleine ca­ni­cule ! »

A sa­voir en bord de plage

*Le mi­nis­tère de la San­té a ou­vert une plate-forme ca­ni­cule. Pour tout con­seil, ap­pe­lez le 0.800.06.66.66. En cette pé­riode de forte cha­leur, on rêve de faire la planche dans la mer ou une base de loi­sirs. At­ten­tion tou­te­fois aux as­sauts du so­leil. Mais entre les conseils de ses pa­rents, ceux de la voi­sine et ceux que l’on peut lire sur In­ter­net, on ne sait plus trop à quel saint se vouer. Le doc­teur Jean-Louis Cha­ber­naud, pé­diatre ur­gen­tiste à l’hô­pi­tal An­toine-Be­clère de Cla­mart, dé­mêle le vrai du faux.

Il faut at­tendre deux heures après un re­pas avant de se bai­gner

« Au­cune pu­bli­ca­tion scien­ti­fique n’a ja­mais prou­vé la né­ces­si­té de ce folk­lore », af­firme dé­ment le doc­teur Jean-Louis Cha­ber­naud. Certes, dans la phase qui suit un re­pas, le flux san­guin est aug­men­té dans l’ap­pa­reil di­ges­tif mais ce­la ne pose pas de pro­blème par­ti­cu­lier. « Cette pres­crip­tion pa­ren­tale est sû­re­ment même né­faste pour les en­fants, les pe­tits en des­sous de 2-3 ans ont be­soin de ca­lo­ries pour af­fron­ter l’ef­fort », pré­cise Jean-Louis Cha­ber­naud.

Il faut d’abord se mouiller la nuque avant de plon­ger

« Un bru­tal chan­ge­ment de tem­pé­ra­ture peut pro­vo­quer une ré­ac­tion de type ma­laise va­gal », si­gnale le mé­de­cin. Mieux vaut ne pas se je­ter dans une eau froide après avoir lé­zar­dé des heures au so­leil et se glis­ser pia­no, pia­no dans l’eau fraîche.

On peut mou­rir d’hy­dro­cu­tion

« L’hy­dro­cu­tion est un concept da­té d’il y a trente ans et qui n’a pas tel­le­ment de per­ti­nence, ba­laie le doc­teur Cha­ber­naud. Il cache un im­por­tant nombre de noyades no­tam­ment chez les en­fants. » L’été der­nier, l’Ins­ti­tut (na­tio­nal) de veille sa­ni­taire (InVS) avait ti­ré la son­nette d’alarme, le nombre des noyés avait beau­coup aug­men­té sur­tout chez les moins de 20 ans, ca­té­go­rie pour la­quelle le nombre de dé­cès avait été mul­ti­plié par deux. Entre le 1er juin et le 15 juillet, l’InVS avait dé­nom­bré 761 noyades pour 261 dé­cès. Plu­tôt que de craindre un coup de froid, il faut fa­vo­ri­ser les bai­gnades sur­veillées par des pros. Et sur­tout de ne pas quit­ter d’un oeil ses en­fants au bord de l’eau pour évi­ter les drames.

A la plage, on baigne dans un flot de lé­gendes et de croyances er­ron­nées.

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