De Skype à… l’Olym­pique de Mar­seille ?

Mar­seille.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) de notre cor­res­pon­dant CLÉ­MENT CHAILLOU

SON NOM cir­cu­lait de­puis le dé­but de l’été, glis­sé par­mi ceux d’éven­tuels ache­teurs. Et puis, en étant an­non­cé l un­di dur a nt plu­sieurs heures comme le fu­tur pa­tron de l’OM avant un dé­men­ti qui n’a pas éteint l’in­cen­die, Gé­rard Lo­pez, 44 ans, s’est sou­dai­ne­ment ré­vé­lé au grand pu­blic. Mais se ren­sei­gner sur l’homme d’af­faires luxem­bour­geois, c’est d’abord en­tendre deux sons de cloche. D’un cô­té, on le pré­sente comme un bos­seur, flai­reur de bons coups. De l’autre, un touche-à-tout adepte du court terme, un aven­tu­rier des af­faires. « La vé­ri­té est pro­ba­ble­ment entre les deux, juge Jean-Mi­chel Gau­dron, jour­na­liste à Pa­per­jam, un ma­ga­zine éco­no­mique l uxem­bour­geois, et in­ter­lo­cu­teur ré­gu­lier du bu­si­ness­man. Mais il a da­van­tage de coups d’éclat que d’échecs à son ac­tif, à com­men­cer par Skype, dans le­quel il avait été l’un des pre­miers à in­ves­tir avant de re­vendre à eBay ( NDLR : contre 4 Mds€). Ce­la lui a en­suite per­mis de dé­vel o pper s e s i nves t i s s e - ments. » Dans le sport, entre autres, sa grande pas­sion.

Pro­prié­taire du CS Fo­la Esch, le club de foot luxem­bour­geois de son ado­les­cence, Lo­pez avait mis la main sur l’écu­rie de F 1 Lo­tus, re­ven­due à Re­nault en 2015 avec des caisses bien vides. De quoi ins­tau­rer le doute sur sa ca­pa­ci­té à faire vivre un club comme Mar­seille ? « Des sommes comme ça (NDLR : 300 M€), in­ves­ties sur plu­sieurs an­nées, ça me semble cré­dible, es­time Gau­dron. Il a un vo­lume so­lide, et puis il s’est spé­cia­li­sé dans les mon­tages fi­nan­ciers. »

Les dis­cus­sions conti­nuent pour la re­prise du club

D’ailleurs, ce n’est pas seul, mais à la tête d’un fonds d’in­ves­tis­se­ment, que l’homme sou­hai­te­rait prendre le contrôle de l’OM. « C’était le cas quand il était in­té­res­sé par la re­prise de Lens en 2013, se sou­vient Luc Dayan, alors pré­sident du club sang et or. Le pro­jet était por­té par Man­grove Ca­pi­tal Part­ners. Je ne l’ai même ja­mais eu en face de moi. » Dans le Pas-de-Ca­lais, Man­grove, et donc Lo­pez, s’était fait re­pé­rer comme un po­ten­tiel ache­teur. « D’autres pré­si­dents m’avaient de­man­dé son contact », se sou­vient Dayan. De l’autre cô­té de la fron­tière, on as­sure que c’est Mar­ga­ri­ta Louis-Drey­fus qui au­rait ap­pro­ché Gé­rard Lo­pez au prin­temps, et non l’in­verse. Le Luxem­bour­geois a en­suite for­mu­lé une offre de re­prise. A l’heure ac­tuelle, au­cun ac­cord n’a été trou­vé. On mur­mure que Lo­pez se se­rait mis à la re­cherche de fi­nan­ce­ments com­plé­men­taires. « Des dis­cus­sions sont en cours, mais il est pré­ma­tu­ré pour Gé­rard Lo­pez d’évo­quer ce dos­sier », ex­pli­quait-on hier dans son en­tou­rage. L’in­ves­tis­seur a si­gné une clause de confi­den­tia­li­té. Et pré­pa­ré son coup. « Il vient avec une offre, mais aus­si une stra­té­gie com­plète, in­dique Jean-Mi­chel Gau­dron. Il s’est en­tou­ré de di­zaines de per­sonnes. » Res­sortent les noms de l’an­cien di­ri­geant du FC Bar­ce­lone Marc In­gla, dé­jà de la ten­ta­tive len­soise, et donc de Mar­ce­lo Biel­sa.

El Lo­co au­rait ef­fec­ti­ve­ment été ap­pro­ché par le po­ten­tiel re­pre­neur. De là à don­ner son feu vert ? « L’ac­cord, le nom de Biel­sa, ça res­semble à des fuites vo­lon­taires pour ac­cé­lé­rer les choses », souffle un in­ter­mé­diaire. Ce que dé­ment for­mel­le­ment le clan Lo­pez : « Quel se­rait notre in­té­rêt ? Ce­la ne per­met pas de créer un cli­mat fa­vo­rable à une vente. Si ma­dame LouisD­rey­fus se braque, ce n’est pas bon pour nous. »

Gé­rard Lo­pez.

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